Le carcinome canalaire infiltrant – Diagnostic & Traitements

Le carcinome canalaire infiltrant – Diagnostic & Traitements

- juin 22, 2021

Le carcinome canalaire est le type de cancer du sein le plus répandu. La tumeur se développe dans les cellules glandulaires des canaux mammaires. Il peut être in situ ou infiltrant. Sa prise en charge thérapeutique est essentiellement locorégionale et repose sur la chirurgie, la radiothérapie et parfois l’hormonothérapie et la chimiothérapie.

 

Qu’est-ce qu’un carcinome canalaire infiltrant du sein ?

Le carcinome canalaire infiltrant (CCI) est le plus fréquent des cancers du sein. On l’appelle aussi adénocarcinome canalaire ou carcinome canalaire invasif. Il naît dans les cellules situées dans les canaux mammaires. Les cellules cancéreuses peuvent proliférer au-delà et envahir le tissu mammaire avoisinant (lobules, canaux). Le cancer prend alors la forme d’une masse, ou d’un épaississement de la glande mammaire.

Ce type de cancer peut aussi envahir les ganglions lymphatiques.

Le carcinome canalaire infiltrant est parfois métastatique. Cela signifie que la maladie s’est développée en dehors du sein pour former des localisations secondaires dans d’autres parties du corps.

Selon l’apparence des cellules tumorales observées en anatomopathologie, le carcinome canalaire infiltrant peut être :

  • papillaire
  • mĂ©dullaire
  • mucineux
  • tubulaire
  • infiltrant sans autre indication (SAI), ou de type non spĂ©cifique (TNS)
  • infiltrant Ă  prĂ©dominance intracanalaire
  • squirrheux

 

En ce qui concerne les CCI papillaire, médullaire et mucineux, leur évolution est plutôt lente. Il est rare qu’ils se propagent aux ganglions lymphatiques.

Le CCI squirrheux, en revanche, est une tumeur qui se développe rapidement.

Le CCI tubulaire présente quant à lui peu de récidives après la fin des traitements.

 

Diagnostic du cancer du sein infiltrant

On procède au diagnostic de ce type de cancer de la même façon que pour tous les cancers du sein.

Mammographie cancer du sein

La consultation avec examen clinique + interrogatoire détaillé permet de prendre connaissance de l’aspect du sein, des symptômes, des antécédents de la patiente et de son état de santé général.

En cas de doute, des examens complémentaires sont prescrits. Il s’agit de la mammographie + échographie mammaire. Si les résultats de ces examens présentent une suspicion de tumeur maligne, une biopsie est réalisée pour analyser les tissus.

Un bilan d’extension avec Tep Scan ou encore scintigraphie osseuse est parfois nécessaire pour s’assurer de l’absence de métastases.

 

Traitement du carcinome canalaire infiltrant du sein non métastatique

Tous ces types de CCI se traitent de la même façon.

Chirurgie

La chirurgie est l’option principale du traitement du cancer du sein infiltrant. Selon les caractéristiques de la pathologie mammaire, il peut s’agir :

  • d’une mastectomie partielle (ou tumorectomie), conservatrice ;
  • d’un curage ganglionnaire ou de la technique du ganglion sentinelle ;
  • d’une mastectomie totale non conservatrice + curage ganglionnaire ou ganglion sentinelle.

 

Radiothérapie

La radiothérapie complète souvent l’intervention chirurgicale pour éliminer toutes les cellules cancéreuses et réduire le risque de récidive du cancer du sein (lire aussi cet article sur les effets secondaires de la radiothérapie)

 

L’hormonothérapie

Une hormonothérapie est possible chez les femmes porteuses d’une tumeur hormono-dépendante (RH+).

 

Chimiothérapie

La chimiothérapie n’est pas systématique. Lorsque cela est possible, un test nommé Oncotype permet de définir un score de récurrence génétique. Les résultats de ces tests sont utiles pour évaluer le réel bénéfice que pourrait apporter une chimiothérapie. Si les résultats de ce test sont faibles, la chimiothérapie n’est pas envisagée.

  • Oncotype score de rĂ©currence compris entre 0 et 10 : pas de chimiothĂ©rapie.
  • Oncotype score de rĂ©currence intermĂ©diaire (entre 11 et 25) : discussion du bien-fondĂ© d’une chimiothĂ©rapie.
  • Oncotype score de rĂ©currence compris entre 26 et 100 : nĂ©cessitĂ© d’une chimiothĂ©rapie.

 

Risque de récidive

D’autres critères sont par ailleurs examinés afin de savoir si l’approche thérapeutique de ce cancer du sein est avantageuse et réduit au maximum les risques de rechute.

Si lors d’une RCP l’équipe médicale juge les risques de récidive probables (en fonction de divers facteurs tels que les antécédents médicaux et familiaux, l’âge de la patiente, les données de la tumeur, etc.), des traitements complémentaires sont proposés :

 

  • Mastectomie partielle + radiothĂ©rapie du sein avec possible boost sur le lit tumoral et/ou les aires ganglionnaires +/– chimiothĂ©rapie et hormonothĂ©rapie,
  • Mastectomie totale + radiothĂ©rapie de la paroi thoracique + des aires ganglionnaires +/– chimiothĂ©rapie et hormonothĂ©rapie.

 

La chimiothérapie et l’hormonothérapie sont parfois proposées avant la chirurgie, lorsque la tumeur est trop grande ou en présence d’un cancer inflammatoire. Dans ces conditions, le traitement est dit néoadjuvant. Il vise à réduire la taille de la tumeur avant l’opération chirurgicale.

 

Traitement du carcinome canalaire infiltrant du sein non métastatique

Lorsque le cancer s’est propagé en dehors du sein pour former d’autres lésions dans diverses parties du corps (atteinte osseuse, des poumons, du foie…), des mutations génétiques peuvent être recherchées afin d’adapter le traitement. Les médecins peuvent avoir recours à l’immunothérapie, aux thérapies ciblées, ou encore envisager une chirurgie et/ou radiothérapie des lésions secondaires pour compléter le protocole de traitement initial de la tumeur.

Publié par Dr. Eric Sebban
Le Docteur Eric Sebban est chirurgien gynécologue et cancérologue, spécialisé en chirurgie gynécologique, mammaire et cancérologique. [mt-bootstrap-button btn_text="Prendre rendez-vous en ligne avec le Docteur Eric Sebban" btn_url="https://goo.gl/pbV14U" btn_size="btn btn-medium" align="text-left" color="#3498db" border_color="#555555" animation="bounce"]