La vie après un cancer du sein

La vie après un cancer du sein

- février 19, 2018

Les protocoles de diagnostic et de soin du cancer du sein ont permis d’aboutir à une baisse de son taux de mortalité et à une amélioration des taux de survie à 10 ans voisine de 75%. Dans le but de prévenir d’éventuelles rechutes et d’en détecter les signes au plus tôt, des procédures de suivis réguliers ont été également mises en place.

De plus, pour aider le patient à se reconstruire, des conseils et une assistance en matière d’hygiène de vie et de suivi psychologique lui sont proposés.

 

Les procédures de suivi

Les examens de surveillance ont pour objet de détecter au plus tôt les signes d’éventuelles rechutes, de traiter de possibles séquelles et effets secondaires liés au traitement ainsi que de proposer des conseils en matière de qualité de vie.
Sur les cinq premières années qui suivent la maladie, plusieurs examens annuels de surveillance vous seront prescrits (examens cliniques, mammographie et radiographie thoracique). Au-delà seront prescrits des contrôles annuels. Cependant, cette fréquence dépend des critères de gravité et des risques de récidive.
Ils incluent également des instructions aux patients en matière d’autocontrôles relatifs à de possibles signes d’alerte comme l’apparition de ganglions, masses, œdème du bras ou douleurs osseuses, la modification du sein, l’apparition de signes anormaux respiratoires, neurologiques ou digestifs, ainsi que de fatigue ou de perte de poids.
Parmi ces anomalies, signalons le « lymphoedème » ou syndrome du gros bras. Il s’agit d’un gonflement de tout ou partie du bras. Après un cancer du sein, il peut apparaître dans des zones ayant contenu des ganglions lymphatiques affectés par le traitement (notamment curage ganglionnaire ou radiothérapie), ou en liaison avec des métastases atteignant ces ganglions.
Il peut disparaître en moins d’un an ou devenir chronique. Le patient doit avertir son médecin s’il en constate une importante et rapide augmentation.

 

Une bonne hygiène de vie pour aider à la reconstruction

L’impact physique et mental de la maladie, de ses traitements et de son suivi implique pour les patients une véritable « reconstruction ». Elle inclut une bonne hygiène de vie (notamment activité physique, nutrition …) et la prise en compte préventive et curative d’éventuels problèmes psychologiques.
À cet effet, les patients doivent s’appuyer sur les conseils de professionnels.
La prise en compte de recommandations relatives à l’hygiène de vie permet de réduire les taux de récidive et les risques de mortalité.
Une attention particulière doit être portée sur l’adoption d’une alimentation équilibrée, plus variée et plus saine, à forte valeur nutritive associée à une réduction de la consommation d’alcool et de tabac. Cela permet en général de réduire les risques de récidive, d’améliorer l’efficacité et la rapidité des traitements.
Il est également recommandé aux patients de pratiquer une activité physique compatible avec leur état de santé (marche, natation, ou autre activité plus adaptée). Toutes ces activités contribuent à réduire les sensations de fatigue ou d’anxiété et à améliorer celles de bien-être ou d’estime de soi (notamment via une reconquête de l’image de leur corps) ainsi que la qualité de leur sommeil.

 

Les problèmes psychologiques

Tout cancer reste une épreuve physique et morale, en particulier celui du sein, car il affecte un organe touchant à la fois la représentation du corps féminin et à la fonction maternelle.
Un soutien psychologique est le plus souvent conseillé par l’équipe médicale pendant la phase de traitement, de suivi, et même au-delà, notamment pour prendre en compte les craintes de récidives et aider dans le processus de réintégration sociale et professionnelle.
Durant la phase de soin, les malades vont se retrouver en état de stress du fait des douleurs et gênes occasionnées, des modifications apportées à leur rythme de vie usuel et de l’incertitude sur les résultats de leur traitement.
A l’issue de la période de soin, le patient peut développer un état de type dépressif, souvent associé à de la fatigue.
Même si le temps peut permettre une progressive atténuation de ces problèmes, un soutien psychologique ou antidépressif peut être proposé aux patientes. Il est aussi souvent accompagné de recommandations pour rejoindre des groupes d’échange d’expériences entre malades, car le partage des sentiments conduit à réduire l’anxiété individuelle.

 

Les problèmes liés au couple

En général, le désir sexuel de la femme ou ses possibilités d’orgasme sont modérément impactés : après 5 ans par exemple, ce constat est partagé par plus de 80% des femmes. Le problème semble davantage lié à la gêne que peut connaître le partenaire ; il convient alors de conseiller au couple un dialogue fréquent sans tabou et une reprise rapide des relations sexuelles.
Les possibles contre-indications médicales ou les souhaits des partenaires peuvent rendre une contraception nécessaire. Cependant, certains modes contraceptifs, comme ceux de nature hormonale, restent contre-indiqués.
Une grossesse reste possible dans la plupart des cas après une durée qui dépend notamment des formes du cancer, des pronostics, de l’âge, de l’état général, des protocoles de soins et de la date de fin de traitement. Il faut notamment s’assurer de l’élimination de traces médicamenteuses à risque pour l’embryon (dont ceux liés à l’hormonothérapie).
En respectant ces délais, la grossesse comme le recours à l’allaitement seront sans risque particulier pour le bébé ou pour les suites du cancer.

 

Quelques éléments bibliographiques:

http://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-sein/Le-suivi
http://www.canceraquitaine.org/sites/default/files/documents/INFOS-PRO/surveillance-sein/kit/kit/examens-complementaires.pdf
http://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-sein/Lymphoedeme
http://www.chups.jussieu.fr/polys/cancero/POLY.Chp.7.html
https://www.cancer.be/aide-aux-patients/lalimentation-pendant-et-apr-s-un-cancer
http://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-sein/Douleurs-et-traitements
https://curie.fr/dossier-pedagogique/contraception-apres-un-cancer-du-sein
https://www.ligue-cancer.net/vivre/article/26473_devenir-mere-malgre-le-cancer

Publié par Dr Sebban