Cancer du sein : la perte de poids durable diminuerait le risque

Cancer du sein : la perte de poids durable diminuerait le risque

- avril 28, 2020

Une nouvelle étude semble démontrer que perdre du poids de façon durable, notamment après 50 ans, serait associé à un risque réduit de cancer du sein.

 

Obésité, surpoids et cancer du sein : des facteurs de risque connus

Le surpoids ou l’obésité constituent des facteurs de risque pouvant entraîner la survenue d’un cancer du sein. Le risque est plus élevé après la cinquantaine et la ménopause.

Ces modifications corporelles entraînent une inflammation chronique face au développement du tissu adipeux, qui peut engendrer des troubles métaboliques et hormonaux. Ces troubles sont susceptibles d’augmenter le risque de cancer.

À l’inverse, une perte de poids serait bénéfique pour les femmes, notamment après la ménopause.

 

Les enjeux de l’étude pour le cancer du sein

Une nouvelle étude britannique, publiée dans le Journal of the National Cancer Institute, s’est intéressée aux relations entre poids et cancer. Les scientifiques ont pu mettre en évidence une corrélation entre augmentation du risque de développer dix des cancers les plus fréquents (surtout après la ménopause) et surpoids ou obésité.

Parmi ces dix cancers, il y avait notamment le cancer du sein.

Les chercheurs se sont penchés sur l’impact de la perte de poids durable sur le risque de développer un cancer du sein chez des patientes après 50 ans. Ils ont ainsi pu noter un changement hormonal qui serait bénéfique chez les femmes ménopausées.

La publication a regroupé les données de 10 études provenant du Pooling Project of Prospective Studies of Diet and Cancer (DCCP). Ces éléments ont permis d’étudier le lien entre l’alimentation, le poids et le risque de cancer.

 

Cancer : la perte de poids durable serait bénéfique

Mammographie 3DLes données collectées ont concerné 180 885 femmes âgées d’au moins 50 ans qui ont été suivies pendant 18 ans. Au sein de ce panel de femmes, 6 930 étaient porteuses d’un type de cancer du sein.

Afin d’obtenir des résultats plus probants, les mesures de poids ont été étalées sur 10 ans à raison de 3 prises. Une perte minimum de -2 kg dans les 5 premières années, sans reprise les années suivantes, est considérée comme stable. Les femmes avec un poids n’ayant pas bougé durant 10 ans ont servi de référence. Le suivi a ensuite continué pendant 8 ans.

 

Durant les 10 premières années, les résultats montrent que :

  • 20,3 % des femmes ont gardé un poids stable ;
  • 21,8 % ont perdu du poids au cours des 5 premières années (la perte de poids s’est maintenue chez la moitié d’entre elles les 5 années suivantes) ;
  • 37,3 % des femmes ont pris du poids pendant le premier intervalle de 5 ans, poids que la majorité (74,3 %) n’a pas reperdu.

 

Les chercheurs ont pu faire le lien entre une perte de poids stable et la diminution du risque de cancer. Cependant, ces résultats sont valables uniquement chez les femmes qui ne prennent pas de traitement hormonal substitutif (THS). Il est possible que les modifications hormonales induites par la perte de poids soient masquées par le THS.

Pour autant, par rapport aux femmes dont le poids est resté stable, les scientifiques notent :

  • Un risque de cancer diminué de 13 % en présence d’une perte de poids entre 2 et 4,5 kg ;
  • Un risque de cancer diminué de 16 % chez les femmes qui ont perdu jusqu’à 9 kg ;
  • Un risque diminué de 26 % chez les femmes ayant perdu plus de 9 kg.

Les auteurs de l’étude précisent aussi que prendre du poids et le perdre ensuite représente un risque équivalent à celui des femmes dont le poids est resté stable.

 

Perte de poids et réduction du risque de cancer du sein : les mécanismes

Apres cancer du seinLa perte de poids, notamment après la ménopause, influerait sur les hormones sexuelles. Leur taux diminuerait dans le sang. Or, les études réalisées démontrent que le taux d’œstrogènes et d’endogènes dans le sang sont associés, de façon très importante, à un indice de masse corporelle élevé et à un risque augmenté de cancer du sein.

Par ailleurs, perdre du poids (de façon durable) implique, en général, la modification de son mode de vie. L’alimentation est plus saine, la pratique de l’activité physique est plus régulière et la consommation d’alcool est moins importante. Toutes ces modifications de comportement permettent de réduire le risque de cancer du sein.

L’étude démontre donc qu’il n’est jamais trop tard pour perdre quelques kilos et ainsi réduire le risque de développer un cancer du sein, même après la ménopause. Ces résultats viennent confirmer ceux de plusieurs études déjà réalisées.

 

 

Bibliographie :

Journal of the National Cancer Institute “Sustained Weight Loss and Risk of Breast Cancer in Women 50 Years and Older: A Pooled Analysis of Prospective Data” : https://academic.oup.com/jnci/advance-article-abstract/doi/10.1093/jnci/djz226/5675519?redirectedFrom=fulltext

Publié par Dr. Eric Sebban
Le Docteur Eric Sebban est chirurgien gynécologue et cancérologue, spécialisé en chirurgie gynécologique, mammaire et cancérologique. [mt-bootstrap-button btn_text="Prendre rendez-vous en ligne avec le Docteur Eric Sebban" btn_url="https://goo.gl/pbV14U" btn_size="btn btn-medium" align="text-left" color="#3498db" border_color="#555555" animation="bounce"]