Cancer du sein : la perte de poids durable diminuerait le risque

Cancer du sein : la perte de poids durable diminuerait le risque

Une nouvelle étude semble démontrer que perdre du poids de façon durable, notamment après 50 ans, serait associé à un risque réduit de cancer du sein.

 

Obésité, surpoids et cancer du sein : des facteurs de risque connus

Le surpoids ou l’obésité constituent des facteurs de risque pouvant entraîner la survenue d’un cancer du sein. Le risque est plus élevé après la cinquantaine et la ménopause.

Ces modifications corporelles entraînent une inflammation chronique face au développement du tissu adipeux, qui peut engendrer des troubles métaboliques et hormonaux. Ces troubles sont susceptibles d’augmenter le risque de cancer.

À l’inverse, une perte de poids serait bénéfique pour les femmes, notamment après la ménopause.

 

Les enjeux de l’étude pour le cancer du sein

Une nouvelle étude britannique, publiée dans le Journal of the National Cancer Institute, s’est intéressée aux relations entre poids et cancer. Les scientifiques ont pu mettre en évidence une corrélation entre augmentation du risque de développer dix des cancers les plus fréquents (surtout après la ménopause) et surpoids ou obésité.

Parmi ces dix cancers, il y avait notamment le cancer du sein.

Les chercheurs se sont penchés sur l’impact de la perte de poids durable sur le risque de développer un cancer du sein chez des patientes après 50 ans. Ils ont ainsi pu noter un changement hormonal qui serait bénéfique chez les femmes ménopausées.

La publication a regroupé les données de 10 études provenant du Pooling Project of Prospective Studies of Diet and Cancer (DCCP). Ces éléments ont permis d’étudier le lien entre l’alimentation, le poids et le risque de cancer.

 

Cancer : la perte de poids durable serait bénéfique

Mammographie 3DLes données collectées ont concerné 180 885 femmes âgées d’au moins 50 ans qui ont été suivies pendant 18 ans. Au sein de ce panel de femmes, 6 930 étaient porteuses d’un type de cancer du sein.

Afin d’obtenir des résultats plus probants, les mesures de poids ont été étalées sur 10 ans à raison de 3 prises. Une perte minimum de -2 kg dans les 5 premières années, sans reprise les années suivantes, est considérée comme stable. Les femmes avec un poids n’ayant pas bougé durant 10 ans ont servi de référence. Le suivi a ensuite continué pendant 8 ans.

 

Durant les 10 premières années, les résultats montrent que :

  • 20,3 % des femmes ont gardé un poids stable ;
  • 21,8 % ont perdu du poids au cours des 5 premières années (la perte de poids s’est maintenue chez la moitié d’entre elles les 5 années suivantes) ;
  • 37,3 % des femmes ont pris du poids pendant le premier intervalle de 5 ans, poids que la majorité (74,3 %) n’a pas reperdu.

 

Les chercheurs ont pu faire le lien entre une perte de poids stable et la diminution du risque de cancer. Cependant, ces résultats sont valables uniquement chez les femmes qui ne prennent pas de traitement hormonal substitutif (THS). Il est possible que les modifications hormonales induites par la perte de poids soient masquées par le THS.

Pour autant, par rapport aux femmes dont le poids est resté stable, les scientifiques notent :

  • Un risque de cancer diminué de 13 % en présence d’une perte de poids entre 2 et 4,5 kg ;
  • Un risque de cancer diminué de 16 % chez les femmes qui ont perdu jusqu’à 9 kg ;
  • Un risque diminué de 26 % chez les femmes ayant perdu plus de 9 kg.

Les auteurs de l’étude précisent aussi que prendre du poids et le perdre ensuite représente un risque équivalent à celui des femmes dont le poids est resté stable.

 

Perte de poids et réduction du risque de cancer du sein : les mécanismes

Apres cancer du seinLa perte de poids, notamment après la ménopause, influerait sur les hormones sexuelles. Leur taux diminuerait dans le sang. Or, les études réalisées démontrent que le taux d’œstrogènes et d’endogènes dans le sang sont associés, de façon très importante, à un indice de masse corporelle élevé et à un risque augmenté de cancer du sein.

Par ailleurs, perdre du poids (de façon durable) implique, en général, la modification de son mode de vie. L’alimentation est plus saine, la pratique de l’activité physique est plus régulière et la consommation d’alcool est moins importante. Toutes ces modifications de comportement permettent de réduire le risque de cancer du sein.

L’étude démontre donc qu’il n’est jamais trop tard pour perdre quelques kilos et ainsi réduire le risque de développer un cancer du sein, même après la ménopause. Ces résultats viennent confirmer ceux de plusieurs études déjà réalisées.

 

 

Bibliographie :

Journal of the National Cancer Institute “Sustained Weight Loss and Risk of Breast Cancer in Women 50 Years and Older: A Pooled Analysis of Prospective Data” : https://academic.oup.com/jnci/advance-article-abstract/doi/10.1093/jnci/djz226/5675519?redirectedFrom=fulltext

Prévenir le risque de survenue du Cancer du Sein

Le Dr Sebban, Chirurgien gynécologique et cancérologue a conçu une infographie résumant les facteurs de risques et conseils de prévention pour adopter une bonne hygiène de vie et réduire le risque de survenue du cancer du sein

 

Prévenir-le-Cancer-du-Sein

 

Les Facteurs de risques:

1. Alcool
17% des cancers du sein sont dus à la consommation d’alcool en France : +1 verre par jour d’alcool augmente le risque de cancer du sein, il s’agit cependant d’un facteur de risque modéré.

 

2. Les femmes… mais pas seulement

Les hommes peuvent également développer un cancer du sein (une cause génétique chez l’homme devra être recherchée). Ces cas sont cependant rares, puisqu’ils représentent seulement 1% du nombre total de cancers du sein.

 

3. Obésité

Le cancer du sein reste une pathologie multifactorielle, le surpoids et l’obésité sont reconnus comme des facteurs de risque aggravants. Une alimentation saine et la pratique d’une activité physique sont fortement recommandés.

 

4. Radiation et Pollution

L’exposition à des radiations ionisantes* avant l’âge de 40 ans pourrait augmenter la probabilité d’apparition de la maladie, il en est de même pour les facteurs environnementaux que sont la pollution et la sédentarité.

* Le dépistage tel qu’il est proposé actuellement à savoir une mammographie tous les 2 ans (à partir de 50 ans) ne saurait etre considéré comme un facteur de risque contrairement à ce que certains détracteurs du dépistage voudraient laisser supposer.

 

5. Génétique

Environ 10% des cancers du sein sont d’origine génétique avec dans la grande majorité des cas la mutation du gène BRCA1 ou du BRCA2. La présence de mutations dans l’un de ces deux gènes expose les femmes concernées à un risque accru.

 

6. L’âge

L’âge moyen de diagnostic du cancer du sein est 61 ans. 75% des cancers du sein se déclarent après 50 ans.

 

Les Conseils de prévention:

1. Consultez votre médecin

Prenez conseil avec votre médecin pour vérifier s’il vous recommande une mammographie (tous les 2 ans)

 

2. Limiter sa consommation d’alcool

Réduisez au minimum votre consommation d’alcool

 

3.Faites du sport

Faire régulièrement de l’exercice réduit le développement des tumeurs du cancer du sein

 

4.Eviter d’être en surpoids

L’embonpoint et l’obésité sont souvent pointés du doigt comme facteur de risque pour nombre de cancers

 

5. Manger sainement

Améliorez vos habitudes de vie, mangez équilibré, entourez-vous de professionnels de la santé pour maîtriser votre poids.

 

6. Limiter les traitements hormonaux post-ménopause

Les hormones post-ménopausiques augmentent le niveau d’œstrogène dans le corps et donc le risque de cancer du sein.

 

Prévenir le risque de survenue du Cancer du Sein
PRÉVENTION DU CANCER DU SEIN

PRÉVENTION DU CANCER DU SEIN

Le cancer du sein en quelques chiffres :

Le cancer du sein est la première cause de mortalité par cancer dans le monde.

Il s’agit du cancer le plus fréquent chez la femme en France devant le cancer du côlon et le cancer du poumon.

En 2015, 54000 nouveaux cas de cancers du sein ont été diagnostiqués.

Près de 80% des cancers du sein touchent des femmes de plus de 50 ans.

 

Quels sont les facteurs de risque du cancer du sein ? Comment prévenir l’apparition de la maladie ?

Le cancer du sein est une maladie multifactorielle.

Certains de ces facteurs sont dits non modifiables tels que :

 

Cependant, il existe un certain nombre de facteurs de risques modifiables tels que :

  • La consommation de tabac ;
  • La consommation d’alcool ;
  • Le surpoids ;
  • Le manque d’activité physique ;
  • La prise de certains traitements hormonaux de la ménopause.

 

Différents niveaux de risques ont été décrits :

  • Moyen: correspond à toutes les femmes entre 50 et 74 ans, ne présentant aucune histoire personnelle ou familiale de cancer du sein ni symptôme évocateur (voir plus bas). 
  • Élevé: correspond aux femmes ayant des antécédents de cancer du sein, de l’utérus et/ou de l’endomètre (corps de l’utérus) ou certaines affections du sein (hyperplasie atypique ou affection proliférative bénigne). Ce niveau de risque concerne également les femmes ayant été exposées à une irradiation (radiothérapie) thoracique à haute dose avant l’âge de 30 ans.
  • Très élevé: concerne les femmes présentant une mutation associée à un risque accru de cancer du sein (ex : BRCA) ou des antécédents familiaux de ces mutations.

 

Quels sont les signes qui doivent alerter ?

Diagnostiqué à un stade précoce, il est le plus souvent possible d’en guérir. Il est donc important d’une part de suivre les recommandations de dépistage (voir plus bas) et d’autre part de connaître les signes alarmants nécessitant des explorations comme une masse mammaire qui  doit systématiquement faire consulter un médecin. Ainsi, l’autopalpation régulière des seins est fortement recommandée, et ce dès 25 ans.

 

Le dépistage du cancer du sein :

Un dépistage systématique est recommandé par la Haute Autorité de Santé (HAS). Celui-ci concerne toutes les femmes de 50 à 74 ans et consiste en une mammographie tous les 2 ans qui sera plus ou moins complétée par une échographie.

En cas de risque élevé, un calendrier de dépistage spécifique et personnalisé sera décidé en accord avec la patiente et le médecin.

En cas de risque très élevé : une consultation d’oncogénétique sera nécessaire, lors de laquelle une enquête familiale sera réalisée. En cas de risque avéré, une surveillance clinique dès 20 ans et radiologique dès 30 ans sera réalisée.

 

Enfin, un examen clinique des seins (palpation) une fois par an est recommandé à toutes les femmes à partir de 25 ans, quel que soit leur niveau de risque. Celui-ci peut être réalisé par le médecin généraliste, le gynécologue ou une sage-femme.