Lutte contre le Cancer : l’ARN messager au cœur des avancées thérapeutiques

Lutte contre le Cancer : l’ARN messager au cœur des avancées thérapeutiques

- février 13, 2022
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La technologie ARN messager (ARNm) est au centre de toutes les discussions depuis le début de la pandémie de Covid-19. Son succès dans les vaccins contre le virus a permis de faire découvrir au grand public cette technologie prometteuse qui pourrait bien, dans un avenir proche, contribuer à la lutte contre certains cancers.

Qu’est-ce que la technologie à ARN messager?

Grâce au succès des vaccins contre le Covid-19 Pfizer et Moderna, l’efficacité des technologies à ARNm n’est plus à prouver. Concrètement, les vaccins à ARNm consistent à administrer un agent infectieux (atténué ou inactivé) ou à faire réagir certaines protéines des cellules dans le but de déclencher une réponse immunitaire. Le processus de réponse immunitaire dirigée contre l’agent pathogène est couplé au développement de cellules mémoires capables de nous protéger de futures infections. Cette association fait des vaccins à ARNm des armes redoutables pour lutter contre certaines maladies, comme le Covid-19.

Vidéo explicitant le principe de l’ARN messager

 

Il est donc possible de modifier le comportement de certaines cellules grâce à cette technologie. L’utilisation reposant sur le principe de l’ARNm n’est pas réservée à la vaccination contre le coronavirus. De nombreux projets sont d’ailleurs en cours d’étude afin de développer la technologie pour d’autres types de maladies pour lesquelles il n’existe à l’heure actuelle aucun vaccin, comme le VIH, le Zika, etc.

En effet, depuis 1980, seulement 2 des 82 virus responsables des maladies chez l’homme bénéficient de vaccins disponibles sur le marché. Le développement de l’ARNm pourrait augmenter les applications afin de soigner ces différentes pathologies.

 

Un espoir pour lutter contre certains cancers

Certains laboratoires, comme Sanofi, ont boosté leurs investissements afin de produire plus de vaccins, et potentiellement pour différentes cibles. Car l’ARNm, capable d’encourager l’organisme d’un patient à répondre à une agression pathogène, pourrait tout aussi bien être employé pour cibler spécifiquement des protéines tumorales, et donc contribuer à guérir le cancer.

C’est notamment le cas dans le cancer du foie, ou une protéine tumorale particulière est retrouvée chez 70 % des patients touchés. Il est tout à fait possible d’envisager, dans un futur proche, l’adaptation de la technologie à ARNm afin de cibler spécifiquement cette protéine au sein des cellules cancéreuses. Il en va de même pour les cancers du sein, cancer de l’ovaire, ou encore de la prostate.

La biotech BioNTech est d’ailleurs en phase d’essai clinique, avec à son compte pas moins de 13 projets en cours en ce sens, dont un projet en phase 2.

 

Les difficultés possibles de ce type de technologies

L’absence d’antigènes

Cependant, pour traiter certains cancers et maladies infectieuses, il faut avoir un bon antigène. En son absence, la technologie ARNm pourrait malgré tout permettre de s’en passer dans certains cas. Il faut alors contourner le problème en identifiant les anticorps responsables de la neutralisation des antigènes.

Avec la connaissance des anticorps compétents, il est possible de sélectionner des séquences pour fabriquer des ARNm. La réponse immunitaire serait alors insufflée par l’injection musculaire des ARNm sans passer par la case antigène.

 

Le cas des maladies auto-immunes

La particularité des maladies auto-immunes est que la pathologie attaque des cellules saines, et donc, encourage l’organisme à s’attaquer lui-même. Dans ces conditions, il faut rééduquer le système immunitaire. Cette étape est possible grâce à l’intervention de cellules dites régulatrices.

L’enjeu pour les chercheurs est donc de produire des ARN messagers capables de coder la protéine attaquée afin de contrer cette attaque. On pourrait imaginer l’application d’un tel processus dans certaines pathologies, comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique.

BioNTech et Moderna sont, pour l’heure, les pionniers dans le domaine des technologies à ARN messager depuis le début de la crise sanitaire. Mais Sanofi gagne peu à peu du terrain grâce à ses partenariats avec BioNTech oncologie et Translate Bio.

Nul doute que toutes ces recherches scientifiques vont participer activement aux avancées thérapeutiques dans la lutte contre le cancer.

Publié par Dr. Eric Sebban
Le Docteur Eric Sebban est chirurgien gynécologue et cancérologue, spécialisé en chirurgie gynécologique, mammaire et cancérologique. [mt-bootstrap-button btn_text="Prendre rendez-vous en ligne avec le Docteur Eric Sebban" btn_url="https://goo.gl/pbV14U" btn_size="btn btn-medium" align="text-left" color="#3498db" border_color="#555555" animation="bounce"]