Cancer du sein : l’intérêt de la biopsie liquide pour suivre le traitement et prédire les risques d’évolution

Cancer du sein : l’intérêt de la biopsie liquide pour suivre le traitement et prédire les risques d’évolution

Le cancer du sein triple négatif a la particularité d’être une pathologie très agressive et difficile à soigner. Il ne répond en effet à aucune thérapie ciblée, car il n’y a pas de marqueur spécifique connu à la surface des cellules tumorales. Ce type de tumeur a donc un pronostic plus sombre, avec une limitation des chances de survie pour les patientes.

En 2018, une étude de grande ampleur a été conduite par des scientifiques de l’« Ohio State University Comprehensive Cancer Center », aux États-Unis, sur la biopsie liquide. D’autres études ont ensuite également vu le jour à travers le monde. Cet examen permet d’analyser l’ADN tumoral en circulation dans le sang et au sein de la tumeur et permet de mieux comprendre le cancer du sein triple négatif et de prédire les risques en cas de cancer du sein métastatique.

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La chimiothérapie et les thérapies ciblées dans le traitement du cancer des ovaires

Face à un cancer des ovaires, plusieurs stratégies thérapeutiques sont possibles. Votre médecin peut notamment décider de vous proposer une chimiothérapie ou une thérapie ciblée. Ces traitements sont appelés traitements systémiques. Cela signifie qu’ils agissent sur l’ensemble de l’organisme. Comment se passe la chimiothérapie du cancer de l’ovaire ? Comment fonctionne la thérapie ciblée pour le cancer de l’ovaire ? Quels sont leurs effets secondaires ? Voici les infos à retenir Lire la suite

La chimiothérapie et les thérapies ciblées dans le traitement du cancer des ovaires
Un gène de l’odorat encouragerait la propagation au cerveau du cancer du sein

Un gène de l’odorat encouragerait la propagation au cerveau du cancer du sein

Des scientifiques américains ont fait une découverte très intéressante. Il existerait un lien entre un gène de l’odorat et la propagation du cancer du sein au cerveau. Les résultats d’une étude publiée dans la revue iScience font état d’une trouvaille prometteuse pour le traitement des cancers du sein métastatiques.

Ce gène récepteur olfactif est nommé OR5B21, un récepteur couplé à la protéine G spécifique de la prostate. Il contribue à l’odorat qui, selon les données retrouvées par l’équipe de cancérologie et de génétique du Massachusetts General Hospital (MGH) aux États-Unis, serait impliqué dans la survenue des métastases du cancer du sein au cerveau, aux os et aux poumons. Les tests ont été pratiqués sur des souris. L’identification de ce gène permettrait aux chercheurs d’élaborer des traitements capables d’inhiber ce gène afin de réduire la formation de métastases du cancer du sein.

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Cancer du sein agressif : un nouveau gène identifié par des chercheurs australiens

Des scientifiques de l’institut Harry Perkins de Perth, en Australie, ont réussi à identifier un nouveau gène qui serait impliqué dans certaines formes agressives de cancer du sein, au mauvais pronostic. Les résultats de cette étude représentent un nouvel espoir pour la création de nouveaux traitements capables d’améliorer la survie des patientes touchées par ces tumeurs du sein souvent mortelles. Ils sont parus dans la revue Nature Communications en mars 2021.

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Cancer du sein agressif : un nouveau gène identifié par des chercheurs australiens
Cancer du sein métastatique Her2+ : une nouvelle association médicamenteuse très encourageante

Cancer du sein métastatique Her2+ : une nouvelle association médicamenteuse très encourageante

Les résultats d’un essai clinique intitulé Destiny breast-03 ont été publiés dans le New England Journal of Medecine. Ils font état d’une étude extrêmement positive pour l’évolution des traitements du cancer du sein, mais pas seulement.

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La mastectomie (ablation du sein) – Point clés

La mastectomie : l’une des chirurgies du cancer du sein

Le traitement du cancer du sein repose principalement sur la chirurgie qui est le plus souvent complétée par une radiothérapie et/ou une chimiothérapie et/ou une hormonothérapie.
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Le cancer du sein de stade 2 : l’arsenal thérapeutique

Le cancer du sein de stade 2 : l’arsenal thérapeutique

On parle de cancer du sein de stade 2 pour déterminer un cancer de stade précoce (pour le stade 2A) ou localement avancé (stade 2B).

Les options de traitement possibles comprennent la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie, l’hormonothérapie ou encore les thérapies ciblées. La prise en charge d’un cancer du sein de stade 2 dépend des caractéristiques de la tumeur et de l’état de santé général de chaque patiente.

Lire aussi notre article sur le cancer du sein de stade 1

 

Le cancer du sein de stade II, qu’est-ce que c’est ?

La stadification du cancer du sein est un outil permettant de déterminer où en est la maladie dans son évolution.

Associée au grade, qui vise à évaluer l’agressivité de la maladie, et à l’étude des récepteurs des cellules tumorales, l’analyse du stade d’évolution du cancer permet de cerner la tumeur avec précision pour établir un pronostic et un plan de traitement adaptés à son profil.

Cette catégorisation précise de la maladie est d’autant plus importante que le cancer du sein est désormais considéré comme une maladie aux multiples visages, chaque patiente présentant une forme presque unique de la pathologie.

L’analyse du stade d’évolution du cancer repose le plus souvent sur la classification TNM, bien que d’autres méthodes puissent être employées.

Le sigle anglais TNM renvoie aux catégories « Tumor » (Tumeur), « Nodes » (Ganglions Lymphatiques) et  « Metastasis » (Métastases).

Le « T » vise donc à décrire la tumeur (taille et degré d’envahissement), le « N » permet d’évaluer l’étendue de la propagation des cellules cancéreuses aux ganglions et le « M » indique la présence ou l’absence de métastases.

Chacune de ces catégories se voit attribuer une note. Le cumul de ces notes donne un score qui permet d’attribuer un stade au cancer.

Le cancer du sein de stade 0

Un cancer du sein de stade 0 en est aux prémices de son évolution. La tumeur est in situ, soit localisée dans son site primitif, et ne s’est pas infiltrée dans les tissus avoisinants ni n’a atteint les ganglions.

Le stade 0 correspond au score Tis (« is » pour in situ), N0 et M0.

Le cancer du sein de stade I

Le cancer du sein de stade I en est, lui aussi, encore au début de son développement. La tumeur mesure alors moins de 2 cm et, comme dans le stade 0, les cellules cancéreuses ne sont pas répandues hors de leur site primitif.

Le stade I correspond au score T1, N0 et M0.

Le cancer du sein de stade II

En fonction de la taille de la tumeur cancéreuse et des atteintes ganglionnaires, on distingue deux types de cancers du sein de stade II : le IIA et le IIB.

Le cancer du sein de stade IIA concerne les tumeurs cancéreuses mesurant moins de 5 cm, qui ont envahi les ganglions sentinelles mammaires internes ou 1 à 3 ganglions axillaires externes.

Le cancer du sein de stade IIB concerne les tumeurs cancéreuses mesurant plus de 2 cm, mais qui n’ont pas envahi les ganglions lymphatiques ni ne se sont métastasées.

Le score du stade IIA correspond à T0, 1 ou 2, N1 et M0, et le score du stade IIB est T2 ou 3, N0 et M0.

Le cancer du sein de stade III

Comme pour le cancer du sein de stade II, il existe plusieurs types de cancers de stade III qui se distinguent par la taille de la tumeur cancéreuse et son infiltration : IIIA, IIIB et IIIC.

Un cancer du sein de stade IIIA présente une tumeur de n’importe quelle taille qui a envahi au moins 4 ganglions axillaires, ou bien des ganglions non axillaires, ou s’est infiltrée profondément dans les tissus hors de son site primitif.  Son score est de T1, 2, 3 ou 4, N2 ou 3, M0.

Un cancer du sein de stade IIIB correspond à une tumeur inflammatoire ou une tumeur qui a colonisé les organes voisins. Son score est de T4, N1, 2 ou 3, M0.

Un cancer du sein de stade IIIC est une tumeur de plus de 5 cm qui a envahi 1 à 3 ganglions axillaires ou s’est propagée aux ganglions sentinelles. Son score est de T3 ou 4, N1, M0.

Le cancer du sein de stade IV

Le cancer du sein de stade IV en est au dernier stade de son évolution. La tumeur s’est métastasée, et les cellules cancéreuses ont envahi d’autres organes.

Les métastases circulant dans le sang et/ou la lymphe, elles peuvent voyager dans tout le corps, et les organes envahis ne sont pas nécessairement voisins de la tumeur.

Le score du cancer du sein de stade IV peut être composé de tous les T (de 1 à 4), de tous les N (1 à 3), et d’un M1.

 

La chirurgie pour cancer du sein de stade 2

La chirurgie est une des options de référence pour traiter un cancer du sein de stade 2.

 

Tumorectomie ou mastectomie partielle

Lorsque cela est possible, le geste chirurgical est conservateur et consiste à retirer uniquement la partie du sein atteinte par la pathologie avec une marge de tissu sain tout autour. On parle de tumorectomie ou de mastectomie partielle. Le chirurgien veille à conserver assez de tissu pour que le sein garde un volume le plus naturel possible après l’opération.

 

Mastectomie totale

La mastectomie totale, quant à elle, est l’option retenue lorsqu’il s’agit de retirer plusieurs zones du sein touchées par le cancer, ou si l’on constate la présence de cellules tumorales dans la marge de chirurgie retirée durant la tumorectomie.

Elle est aussi préconisée en présence de cellules cancéreuses dans les ganglions lymphatiques pour les tumeurs du sein de stade 2A, alors que l’on ne détecte pas de tumeur dans le sein.

 

Technique du ganglion sentinelle

L’ablation du ganglion sentinelle (GS) peut s’avérer utile si l’équipe médicale pense que le cancer n’a pas envahi les ganglions lymphatiques. Si l’analyse du GS montre des signes de présence d’envahissement tumoral, le médecin réalise un curage ganglionnaire afin de retirer tous les ganglions atteints.

 

Curage ganglionnaire

Il permet de poser un diagnostic de cancer du sein et de déterminer le stade de la maladie.

 

 

La radiothérapie externe du cancer du sein de stade 2

La radiothérapie externe est une des options de référence dans le traitement des cancers du sein de stade 2. Elle est habituellement réalisée après une chirurgie mammaire conservatrice. On irradie tout le sein, les ganglions lymphatiques situés à l’aisselle et ceux situés près de la clavicule.

Radiothérapie cancer du sein

Il est aussi possible de proposer une radiothérapie externe après une mastectomie totale en cas d’envahissement des ganglions lymphatiques.

 

La chimiothérapie du cancer du sein de stade 2

L’administration de chimiothérapie est une des options de traitement du cancer de stade 2. Elle est souvent proposée après la chirurgie mammaire. Mais elle peut aussi se dérouler avant le geste chirurgical : on parle alors de traitement adjuvant. C’est notamment le cas en présence d’une tumeur supérieure à 5 cm, ou si la maladie a envahi les ganglions lymphatiques situés à l’aisselle et autour du sternum.

Plusieurs associations de médicaments chimiothérapeutiques sont possibles. Les plus fréquemment prescrites sont :

  • T-AC : paclitaxel ou docétaxel, puis doxorubicine + cyclophosphamide
  • TC : paclitaxel + cyclophosphamide
  • AC-T : doxorubicine (Adriamycin) + cyclophosphamide (Procytox), puis paclitaxel (Taxol) ou docétaxel (Taxotere)
  • CAF (ou FAC) : cyclophosphamide + doxorubicine + 5-fluorouracil (Adrucil, 5-FU) ;
  • CAF puis docétaxel ou paclitaxel
  • CEF (ou FEC) : cyclophosphamide + épirubicine (Pharmorubicin) + 5-fluorouracil ;
  • CEF puis docétaxel ou paclitaxel
  • EC : épirubicine + cyclophosphamide

 

L’hormonothérapie du cancer du sein de stade 2

L’équipe médicale propose généralement un traitement d’hormonothérapie aux patientes touchées par un cancer du sein de stade 2 avec récepteurs hormonaux positifs (RH+). Ce traitement peut être suivi jusqu’à une durée totale de 10 ans.

Chez les femmes non ménopausées, on propose souvent du tamoxifène (Tamofen, Nolvadex). Ces médicaments peuvent aussi être prescrits chez la femme ménopausée.

Les inhibiteurs de l’aromatase sont quant à eux réservés aux femmes ménopausées. Il peut faire suite à un traitement de tamoxifène, ou le remplacer si elles ne peuvent ou ne veulent pas prendre ce dernier.

Les inhibiteurs de l’aromatase les plus fréquemment prescrits sont :

  • le létrozole (Femara)
  • l’anastrozole (Arimidex)
  • l’exémestane (Aromasin)

 

Hormonothérapie pour les femmes non ménopausées

Plusieurs options de traitement d’hormonothérapie sont envisagés pour les femmes non ménopausées qui sont touchées par un cancer du sein de stade 2. La prise de tamoxifène peut durer 5 ans, puis votre équipe médicale contrôle votre statut ménopausique.

Si vous êtes en préménopause, le tamoxifène peut être poursuivi pendant encore 5 ans pour une durée totale de 10 ans.

SI vous êtes ménopausée, vous pouvez continuer à prendre du tamoxifène pendant 5 ans, ou switcher pour un inhibiteur de l’aromatase pendant 5 ans maximum (pour une hormonothérapie d’une durée totale maximale de 10 ans).

Chez certaines femmes préménopausées plus âgées, on peut aussi proposer la suppression ovarienne, ou inhibition de l’activité ovarienne, et la prise de tamoxifène ou d’un inhibiteur de l’aromatase pendant 10 ans maximum.

 

Hormonothérapie pour les femmes ménopausées

Les femmes ménopausées touchées par un cancer du sein de stade 2 peuvent prendre du tamoxifène (anti-œstrogénique) et des inhibiteurs de l’aromatase.

Plusieurs options de traitement sont alors possibles :

  • prise de tamoxifène seul (Nolvadex, Tamofen) pendant 10 ans max. ;
  • prise d’un inhibiteur de l’aromatase seul pendant 10 ans max. ;
  • prise de tamoxifène pendant 5 ans, puis d’un inhibiteur de l’aromatase pendant 5 ans (durée totale d’hormonothérapie : 10 ans) ;
  • prise de tamoxifène pendant 2 à 3 ans puis d’un inhibiteur de l’aromatase pendant 2 à 3 ans (durée totale 5 ans) ou l’inverse.

 

Thérapie ciblée du cancer du sein de stade 2

Face à un cancer du sein de stade 2 Her2+, comportant un risque de rechute élevé, l’équipe médicale peut proposer de l’Herceptin (trastuzumab), une thérapie ciblée. La durée de prise est de maximum un an. Ce traitement ciblé se déroule après la fin de la chimiothérapie.

Votre médecin peut également proposer la prise de Perjeta (pertuzumab) si la tumeur mammaire de stade 2 est Her2+, si les récepteurs hormonaux sont négatifs (RH- ) ou avant une chirurgie pour les cancers du sein Her2+ stade 2.

D’autres thérapies ciblées peuvent être proposées, en fonction de chaque patiente et de chaque type de tumeur, comme le Phesgo (pertuzumab + trastuzumab), le Kadcyla ou T-DM1 (trastuzumab emtansine).

 

Essais cliniques

Divers essais cliniques sur le cancer du sein sont en cours en France. Ils permettent de trouver de nouvelles méthodes de prévention, de dépistage, et de traitement du cancer du sein. Votre médecin peut vous proposer de participer à l’un d’entre eux si les modalités correspondent à votre situation.

Le cancer du sein de stade 1 : Tour d’horizon des traitements

Le stade 1 est le stade précoce du cancer du sein. Le cancer du sein de stade 1 désigne les carcinomes canalaires et les carcinomes lobulaires de stade I, en fonction des cellules à partir desquelles la tumeur se développe. Le stade 1 regroupe les stades 1a et 1 b. En fonction des caractéristiques de la tumeur, une stratégie thérapeutique individualisée est proposée aux patientes.

 

Chirurgie du cancer du sein de stade 1

L’intervention chirurgicale (la mastectomie) est le traitement de référence du cancer du sein de stade 1.

 

Mastectomie partielle

S’il est possible pour le chirurgien de conserver le sein, la chirurgie réalisée est une tumorectomie ou mastectomie partielle, qui consiste à retirer seulement la partie du sein touchée ainsi qu’une marge tissulaire de sécurité autour de la tumeur. La chirurgie est dite conservatrice puisqu’elle préserve au mieux l’apparence du sein tout en conservant un volume.

Chirugien cancer du sein

 

Mastectomie totale

La mastectomie totale est non conservatrice. Elle consiste à retirer le sein dans sa totalité. Elle est préconisée si le cancer du sein a touché plusieurs zones de la glande mammaire, ou si la marge prélevée lors de la tumorectomie revient positive (présence de cellules cancéreuses sur du tissu sain). La mastectomie est également l’intervention privilégiée si le cancer a envahi les ganglions lymphatiques (stade 1 b), sans détection de tumeur dans le sein.

 

Technique du ganglion sentinelle

Elle consiste à retirer les premiers ganglions de la chaîne afin de déceler l’éventuelle présence de cellules cancéreuses. Ce prélèvement permet d’éviter le curage ganglionnaire systématique, et de proposer d’autres alternatives s’il existe une atteinte ganglionnaire, comme la radiothérapie externe.

 

Radiothérapie externe du sein

Habituellement, la chirurgie est suivie d’une radiothérapie externe pour traiter le cancer du sein de stade 1. Le protocole de traitement consiste alors à irradier le sein et les ganglions lymphatiques avoisinants. Un boost de dose focalisé sur le lit tumoral peut être nécessaire pour être certain de se débarrasser de toutes les cellules cancéreuses.

L’équipe médicale ne retient pas forcément l’indication de radiothérapie externe chez les patientes ayant subi une mastectomie totale, lorsqu’il s’agit d’un cancer de stade 1. Sauf si le ganglion sentinelle est revenu positif lors de son ablation.

Si le parcours de soins personnalisé prévoit une chimiothérapie, les médecins prévoient la radiothérapie après la fin des cures de chimiothérapie.

 

Cancer du sein de stade précoce : hormonothérapie

Une hormonothérapie est recommandée chez les patientes porteuses d’un cancer du sein de stade I dont la tumeur présente des récepteurs hormonaux positifs (tumeur classée RH+).

Le tamoxifène (Nolvadex, Tamofen) est le médicament d’hormonothérapie le plus fréquemment proposé aux patientes, peu importe leur statut ménopausique.

Les inhibiteurs de l’aromatase sont aussi des médicaments d’hormonothérapie souvent proposés, mais ils sont destinés aux femmes ménopausées. Ils peuvent être pris à la place du tamoxifène (si les patientes ne peuvent ou ne veulent pas le prendre), ou après un traitement de tamoxifène. Les médecins prescrivent le plus souvent du Létrozole (Femara), de l’anastrozole (Arimidex), ou de l’exemestane (Aromasine).

 

Hormonothérapie du cancer du sein pour les femmes non ménopausées

Habituellement, la stratégie thérapeutique avec hormonothérapie pour les femmes non ménopausées atteintes d’un cancer de stade 1 consiste à prendre du tamoxifène durant 5 ans, puis à contrôler le statut ménopausique.

Si les patientes sont ensuite en préménopause, le temps de prise du tamoxifène peut s’étendre jusqu’à une durée totale de 10 ans.

En revanche, si les patientes sont ménopausées, le médecin peut proposer la prise du tamoxifène pour 5 ans supplémentaires ou de switcher pour un inhibiteur de l’aromatase durant 5 ans. La durée totale de prise du traitement hormonal n’excède pas 10 ans dans les deux cas.

 

Hormonothérapie du cancer du sein pour les femmes ménopausées

Pour les femmes touchées par un cancer du sein de stade 1 déjà ménopausées, l’hormonothérapie peut consister à prendre le tamoxifène ou un inhibiteur de l’aromatase.

 

Plusieurs options sont possibles :

  • hormonothérapie par tamoxifène pendant 10 ans maximum
  • hormonothérapie par anti-aromatase pendant 10 ans maximum
  • prise de tamoxifène pendant 5 ans puis d’un inhibiteur de l’aromatase pendant 5 ans
  • prise de tamoxifène pendant 2 ou 3 ans puis d’un inhibiteur de l’aromatase pendant 2 ou 3 ans (ou l’inverse), pour une durée totale d’hormonothérapie ne dépassant pas 5 ans

 

Chimiothérapie cancer du sein de stade 1

La chimiothérapie n’est pas un traitement que l’on propose habituellement aux patientes touchées par un cancer du sein de stade précoce.

Elle peut toutefois être recommandée en traitement adjuvant après une chirurgie mammaire si le cancer présente un haut risque de récidive.

Dans ce cas, les associations de médicaments chimiothérapeutiques les plus fréquemment choisis sont :

  • ACT : doxorubicine (Adriamycin) + cyclophosphamide (Procytox), puis paclitaxel (Taxol) ou docétaxel (Taxotere) ;
  • TAC : paclitaxel (ou docétaxel) puis doxorubicine + cyclophosphamide
  • TC : paclitaxel + cyclophosphamide
  • CAF (ou FAC) : cyclophosphamide + doxorubicine + 5-fluorouracil (5-FU)
  • CAF puis docétaxel ou paclitaxel
  • CEF (ou FEC) : cyclophosphamide + épirubicine (Pharmorubicin) + 5-FUl
  • CEF puis docétaxel ou paclitaxel
  • EC : épirubicine + cyclophosphamide

 

Thérapie ciblée

L’Herceptin (trastuzumab) est le traitement ciblé le plus souvent associé à une chimiothérapie pour soigner le cancer du sein de stade 1 Her2+ à risque élevé de rechute. Il est administré durant un an maximum, après la fin des cures de chimiothérapie.

Thérapies ciblées cancer du sein

Il arrive aussi que les médecins décident d’adjoindre le Perjeta (pertuzumab) à l’Herceptin et à la chimiothérapie dans certaines situations, notamment en présence :

  • d’une tumeur du sein de stade 1a ou 2b, Her2+
  • d’un cancer du sein stade 1 sans surexposition des récepteurs hormonaux (RH-)
  • d’une tumeur de stade 1a ou 2 b, Her2+ avant de réaliser une chirurgie du sein

 

D’autres thérapies ciblées sont également disponibles, en fonction des caractéristiques de la tumeur, comme le Phesgo, le Nerlynx, le Kadcyla… Votre médecin vous présentera les différentes options possibles selon votre situation.

 

Essais cliniques

Il existe de nombreux essais cliniques concernant le cancer du sein. Votre médecin peut vous proposer d’y participer si votre dossier médical correspond à une étude en cours.

Le cancer du sein de stade 1 : Tour d’horizon des traitements
Lutte contre le Cancer : l’ARN messager au cœur des avancées thérapeutiques

Lutte contre le Cancer : l’ARN messager au cœur des avancées thérapeutiques

La technologie ARN messager (ARNm) est au centre de toutes les discussions depuis le début de la pandémie de Covid-19. Son succès dans les vaccins contre le virus a permis de faire découvrir au grand public cette technologie prometteuse qui pourrait bien, dans un avenir proche, contribuer à la lutte contre certains cancers.

Qu’est-ce que la technologie à ARN messager?

Grâce au succès des vaccins contre le Covid-19 Pfizer et Moderna, l’efficacité des technologies à ARNm n’est plus à prouver. Concrètement, les vaccins à ARNm consistent à administrer un agent infectieux (atténué ou inactivé) ou à faire réagir certaines protéines des cellules dans le but de déclencher une réponse immunitaire. Le processus de réponse immunitaire dirigée contre l’agent pathogène est couplé au développement de cellules mémoires capables de nous protéger de futures infections. Cette association fait des vaccins à ARNm des armes redoutables pour lutter contre certaines maladies, comme le Covid-19.

Vidéo explicitant le principe de l’ARN messager

 

Il est donc possible de modifier le comportement de certaines cellules grâce à cette technologie. L’utilisation reposant sur le principe de l’ARNm n’est pas réservée à la vaccination contre le coronavirus. De nombreux projets sont d’ailleurs en cours d’étude afin de développer la technologie pour d’autres types de maladies pour lesquelles il n’existe à l’heure actuelle aucun vaccin, comme le VIH, le Zika, etc.

En effet, depuis 1980, seulement 2 des 82 virus responsables des maladies chez l’homme bénéficient de vaccins disponibles sur le marché. Le développement de l’ARNm pourrait augmenter les applications afin de soigner ces différentes pathologies.

 

Un espoir pour lutter contre certains cancers

Certains laboratoires, comme Sanofi, ont boosté leurs investissements afin de produire plus de vaccins, et potentiellement pour différentes cibles. Car l’ARNm, capable d’encourager l’organisme d’un patient à répondre à une agression pathogène, pourrait tout aussi bien être employé pour cibler spécifiquement des protéines tumorales, et donc contribuer à guérir le cancer.

C’est notamment le cas dans le cancer du foie, ou une protéine tumorale particulière est retrouvée chez 70 % des patients touchés. Il est tout à fait possible d’envisager, dans un futur proche, l’adaptation de la technologie à ARNm afin de cibler spécifiquement cette protéine au sein des cellules cancéreuses. Il en va de même pour les cancers du sein, cancer de l’ovaire, ou encore de la prostate.

La biotech BioNTech est d’ailleurs en phase d’essai clinique, avec à son compte pas moins de 13 projets en cours en ce sens, dont un projet en phase 2.

 

Les difficultés possibles de ce type de technologies

L’absence d’antigènes

Cependant, pour traiter certains cancers et maladies infectieuses, il faut avoir un bon antigène. En son absence, la technologie ARNm pourrait malgré tout permettre de s’en passer dans certains cas. Il faut alors contourner le problème en identifiant les anticorps responsables de la neutralisation des antigènes.

Avec la connaissance des anticorps compétents, il est possible de sélectionner des séquences pour fabriquer des ARNm. La réponse immunitaire serait alors insufflée par l’injection musculaire des ARNm sans passer par la case antigène.

 

Le cas des maladies auto-immunes

La particularité des maladies auto-immunes est que la pathologie attaque des cellules saines, et donc, encourage l’organisme à s’attaquer lui-même. Dans ces conditions, il faut rééduquer le système immunitaire. Cette étape est possible grâce à l’intervention de cellules dites régulatrices.

L’enjeu pour les chercheurs est donc de produire des ARN messagers capables de coder la protéine attaquée afin de contrer cette attaque. On pourrait imaginer l’application d’un tel processus dans certaines pathologies, comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique.

BioNTech et Moderna sont, pour l’heure, les pionniers dans le domaine des technologies à ARN messager depuis le début de la crise sanitaire. Mais Sanofi gagne peu à peu du terrain grâce à ses partenariats avec BioNTech oncologie et Translate Bio.

Nul doute que toutes ces recherches scientifiques vont participer activement aux avancées thérapeutiques dans la lutte contre le cancer.

L’arrêt de l’hormonothérapie après la première année augmentent le risque de rechute du cancer du sein chez les femmes jeunes

Les femmes non ménopausées récidivent plus de leur cancer du sein lorsqu’elles ne suivent pas correctement leur traitement de Tamoxifène (lire aussi notre article sur les traitements d’hormonothérapie du cancer du sein). C’est ce que révèle un communiqué publié dans le Journal of Clinical Oncology par des chercheurs de l’INSERM, de Gustave Roussy et de l’université Paris-Saclay.

Plusieurs facteurs augmentent ce risque, notamment:

  • la présence d’effets secondaires liés à l’hormonothérapie (douleurs musculaires, douleurs articulaires, fatigue) ;
  • l’absence de chimiothérapie ;
  • la présence d’autres problèmes médicaux associés ;
  • des patientes vivant seules.

 

Hormonothérapie et cancer du sein

L’hormonothérapie est en principe prescrite pour une durée variant de 5 à 10 ans. Ce traitement intervient chez les personnes touchées par un cancer du sein localisé dit hormono-sensible (soit 80 % des tumeurs malignes du sein).

Le médicament est prescrit afin de réduire le risque de rechute de la maladie. Or, il peut provoquer chez certaines patientes des effets indésirables très pénibles. Certains symptômes s’apparentent notamment aux signes cliniques qui apparaissent lors de la ménopause. C’est pourquoi l’hormonothérapie n’est pas toujours bien suivie par certaines femmes, ce qui augmente le risque de récidive du cancer du sein.

arrêt hormonothérapie et risques rechute cancer du sein

 

Quelles sont les conclusions de l’étude ?

Grâce à une analyse de la cohorte CANTO, les médecins chercheurs ont découvert que les récidives locales et à distance (présence de métastases) apparaissent de façon précoce, 3 ans après la fin des traitements du cancer du sein (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie).

Par ailleurs, le risque de récidive est multiplié par 2,31 chez les femmes jeunes qui ont arrêté leur hormonothérapie pour traiter leur cancer du sein. Les scientifiques ont aussi déterminé des causes favorisant l’arrêt de leur traitement.

 

Sur quoi porte l’analyse de la cohorte CANTO ?

L’étude a concerné 1 177 patientes, toutes non ménopausées et traitées pour un cancer du sein localisé. Toutes ces femmes ont accepté de suivre un traitement d’hormonothérapie par Tamoxifène.

Il s’agit de la première analyse regroupant les réponses d’un questionnaire au sujet du traitement, et l’analyse biologique sanguine du dosage du médicament tout au long de la prise du traitement d’hormonothérapie. L’association des résultats permet de conclure à une corrélation marquée entre le fait de ne pas prendre le médicament et le risque accru de récidive.

Selon le Dr Pistilli, qui a présenté les premières conclusions de l’étude au congrès de l’ESMO (European Society For Medical Oncology) en septembre 2018, une femme sur 6 ne suivrait pas son traitement de Tamoxèfene à un an seulement de la prescription médicale. Cela représente 16 % des patientes, selon les résultats du dosage sanguin effectué.

Elle précise par ailleurs que la moitié de ces femmes n’en faisait pas état dans le questionnaire de suivi réalisé. Il y a donc une différence importante entre la réalité et les réponses données par ces femmes dans le questionnaire. L’enjeu de cette dissonance est de comprendre pourquoi ces femmes n’ont pas stipulé l’arrêt de leur médicament dans le questionnaire prévu à cet effet afin de les aider à mieux appréhender leur traitement par un suivi personnalisé. La question de la prise en charge thérapeutique de ces patientes afin d’améliorer la bonne observance de l’hormonothérapie est de mise, selon le Dr Vaz-Luis, oncologue à Gustave Roussy.

 

Une augmentation du risque de rechute du cancer du sein de 131 %

 

La pilule contraceptive et les risques de cancer du sein

L’augmentation du risque n’est pas négligeable puisque le taux est multiplié par 2,31, soit une augmentation de 131 % de risque de récidive de la maladie. Cette augmentation concerne aussi bien le risque de récidive locale que de récidive à distance (métastases).

Concrètement, les résultats montrent que 89,5 % des femmes n’ayant pas bien adhéré au traitement à 3 ans n’ont pas connu de rechute, contre 95 % des patientes qui ont bien suivi leur traitement. À partir de 5 ou 10 ans, le risque de récidive et le taux de mortalité augmentent encore de manière significative en cas d’arrêt précoce de l’hormonothérapie.

 

Les causes possibles d’une mauvaise observance de l’hormonothérapie

L’analyse a pu déterminer plusieurs causes pouvant être responsables d’un moins bon suivi d’une hormonothérapie.

Les principaux facteurs sont :

  • la présence d’effets secondaires liés au traitement par Tamoxifène (douleurs articulaires et musculaires, fatigue) ;
  • d’autres problèmes de santé ;
  • l’absence de chimiothérapie lors du traitement du cancer du sein ;
  • Le fait de vivre seule.

Les résultats sont cependant complexes à interpréter. Certains autres facteurs n’ont pu être reliés de façon directe, comme le stade de la maladie, l’IMC, les effets secondaires des autres traitements du cancer, la prise en charge thérapeutique globale et l’état psychique de la patiente (anxiété, dépression).

 

La cohorte CANTO : généralités

La cohorte prospective CANTO (CANcer Toxicités) est nationale. Elle concerne, avec leur accord, 12 000 patientes touchées par un cancer du sein localisé et prises en charge dans 26 centres en France.

L’objectif de CANTO est de réussir à identifier les personnes plus à risque de développer des toxicités liées aux traitements du cancer afin d’adapter les parcours de soins de ces populations. In fine, ces recherches servent à accroître la qualité de vie des patientes après-cancer.

CANTO est promue par Unicancer qui regroupe l’ensemble des CLCC. Elle est dirigée par le Pr Fabrice André, directeur de la recherche à Gustave Toussy, Professeur à l’Université Paris-Sarlay directeur de l’unité 981 : Biomarqueurs et nouvelles cibles thérapeutiques en oncologie. Par ailleurs, la Ligue Contre le Cancer est un de ses soutiens.

Ces résultats sur les facteurs de risque capables de motiver des femmes à stopper leur traitement d’hormonothérapie précocement sont très utiles, puisqu’ils permettent aux médecins chercheurs de développer d’autres prises en charge et outils pédagogiques. Les conclusions de l’analyse vont donc servir à augmenter la qualité de vie des patientes traitées pour un cancer du sein tout en limitant leur risque de rechute.