Traitements du cancer du sein : comment gérer les problèmes d’ongles et de peau ?

Traitements du cancer du sein : comment gérer les problèmes d’ongles et de peau ?

Les traitements du cancer du sein, comme la chimiothérapie ou la radiothérapie, peuvent fragiliser votre peau et vos ongles. Ces désagréments sont temporaires et disparaissent après la fin des séances de traitement, lorsque la peau commence à se régénérer.

S’il n’est pas rare de voir apparaître une sécheresse cutanée ou encore des ongles cassants durant les traitements, il est possible d’agir. Voici quelques recommandations pour garder une peau et des ongles en bonne santé pendant votre traitement du cancer du sein.

 

Prendre soin de sa peau pendant son traitement du cancer

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Le visage

La chimiothérapie entraîne un assèchement de la peau, car elle tend à réduire la production de sébum. Il en résulte une peau plus sensible, plus sèche, parfois sujette aux rougeurs ou aux démangeaisons. Des éruptions cutanées peuvent aussi apparaître durant les traitements de cancer du sein.

Quelques gestes simples peuvent venir à bout de ces désagréments, en adoptant une routine de soins très douce :

 

  • nettoyez matin et soir la peau de votre visage à l’aide de produits doux, sans alcool ou parfum, spécialement adaptés aux peaux sensibles. Evitez aussi les produits à base de savon qui pourraient être trop agressifs ;
  • évitez les gommages et les peelings, trop abrasifs durant les traitements du cancer ;
  • hydratez la peau du visage et du cou avec des produits doux, sans alcool ni parfum. Appliquez une petite quantité sur votre visage et massez légèrement du bout des doigts ;
  • pensez à l’hydratation de vos lèvres à l’aide d’un baume gras.

En plus d’une routine cosmétique douce, on recommande de boire au moins deux litres par jour (eau, tisanes, thé…).

 

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Le corps

La peau du corps peut elle aussi être sujette à des réactions cutanées. Des rougeurs, démangeaisons, et irritations ne sont pas rares.

Comme pour la peau de votre visage, il convient d’apporter un soin particulier pour renforcer l’hydratation, sans agresser la peau.

Pour la peau du corps, quelques habitudes peuvent faire toute la différence :

  • hydratez matin et soir avec une crème douce en insistant sur les zones plus sensibles et rugueuses : mains, pieds, coudes ;
  • buvez au moins deux litres par jour (eau, thé, tisanes…) ;
  • évitez les bains trop chauds et privilégiez plutôt les douches tièdes ;
  • limitez l’exposition aux températures extrêmes (trop chaudes ou trop froides), et évitez l’exposition au vent, l’utilisation d’un sèche-cheveux…) ;
  • lavez le corps à l’aide de produits doux et hydratants, sans parfum ni alcool (privilégiez les gels surgras, au pH neutre…) ;
  • évitez l’utilisation du gant, de la brosse, ou de la fleur de douche au profit des mains. Cela évite les risques contamination par des germes et assure un nettoyage plus doux pour la peau ;
  • ne frottez pas votre peau avec une serviette, et séchez-vous plutôt en tamponnant la peau ;
  • limitez le port de parfum ;
  • remplacez votre déodorant habituel par un produit sans alcool ni sels d’aluminium.

 

A savoir : Si vous suivez des séances de radiothérapie, il ne sera pas possible d’utiliser une crème pour le corps ou un déodorant. Ces informations vous sont normalement confirmées par votre médecin radiothérapeute ou un des manipulateurs en radiologie.

 

Chimiothérapie, radiothérapie : attention au soleil !

Durant les traitements du cancer du sein, il est vivement déconseillé de s’exposer au soleil. Certains traitements peuvent engendrer une photosensibilité qui causerait des dommages sur votre peau. Ces produits peuvent entraîner des éruptions cutanées ou encore des allergies lors d’une exposition aux rayons du soleil. Il est aussi possible que des tâches ou des coups de soleil apparaissent.

Si vous comptiez partir au soleil, demandez l’avis de votre médecin et protégez votre peau à l’aide d’un produit solaire à haute protection (SPF 30 ou 50). Pensez également à protéger votre tête à l’aide d’un chapeau, et vos yeux à l’aide de lunettes de soleil.

Astuce : l’utilisation d’une eau thermale peut apaiser les démangeaisons.

Dangers soleil cancer

Ces recommandations peuvent aussi être valables dans les semaines suivant un traitement du cancer du sein. C’est notamment le cas si vous suivez des séances de radiothérapie. En règle générale, l’exposition au soleil est vivement déconseillée durant le traitement ainsi que l’année qui suit la radiothérapie. Pensez à bien protéger la zone irradiée, à l’aide de produit solaire ou en portant un vêtement en cas d’exposition.

 

Traitement du cancer du sein : prendre soin de ses ongles

Les ongles aussi peuvent être sujets à quelques modifications durant les traitements d’un cancer, notamment pendant la chimiothérapie. Certains produits, comme le Taxotère, fragilisent ces derniers, les rendent cassants et ralentissent leur pousse. Vous pouvez noter parfois des décolorations, ou une sécheresse des cuticules. Ces changements sont, ici encore, temporaires et devraient rentrer dans l’ordre à l’arrêt des traitements.

Pour éviter ces désagréments, votre service de chimiothérapie peut vous proposer le port de gants ou de chaussettes réfrigérés durant votre séance. Le froid ralentit la circulation sanguine et limite le passage des produits vers vos extrémités.

Quelques astuces permettent cependant de garder des ongles en bonne santé :

  • coupez vos ongles courts pour éviter qu’ils ne se cassent, après avoir trempé vos mains ou pieds quelques minutes dans de l’eau tiède ;
  • évitez de vous ronger les ongles ;
  • portez des gants pour les travaux ménagers et le jardinage pour éviter le contact prolongé avec l’eau ou les produits trop agressifs ;
  • évitez le port de faux ongles pendant la chimio et la radiothérapie qui contiennent des produits chimiques irritants. Retirez-les en début de traitement si vous en portez habituellement ;
  • massez vos mains, pieds, ongles et cuticules avec une crème hydratante quotidiennement pour maintenir un bon niveau d’hydratation et limiter le dessèchement.
  • utilisez du vernis à base de silicium qui a la particularité de renforcer les ongles. Les vernis opaques permettent par ailleurs de protéger vos ongles des UV.

Attention, le dissolvant doit être sans acétone et ne doit pas être utilisé trop souvent pour éviter de fragiliser vos ongles (une fois par semaine maximum).

Astuce : vous pouvez utiliser une crème cicatrisante en cas de fissures des doigts. Si vous remarquez des rougeurs inhabituelles autour des ongles, vous pouvez désinfecter en réalisant un bain d’Hexomédine transcutanée ou de Chlorhexidine.

 

Cancer du sein métastatique : quelle approche thérapeutique ?

Lorsque le cancer du sein est dit « métastatique », cela signifie que la maladie s’est propagée à d’autres parties du corps pour former des localisations secondaires. Le traitement de référence repose alors généralement sur un traitement médical. La chirurgie du sein est aussi une option.

Longtemps considérée comme palliative dans ce type de cancer, peut-elle être pertinente dans le cancer du sein métastasé, compte tenu des essais cliniques en ce sens ?

 

Cancer du sein métastatique : définition

Metastsases cancer seinLorsque le cancer du sein est de stade 4, ou métastatique, les cellules cancéreuses ont migré pour envahir d’autres parties du corps. Des localisations secondaires se forment en dehors du site tumoral initial : on parle alors de métastases.

La propagation se fait généralement aux ganglions lymphatiques régionaux (du même côté que le sein porteur de la tumeur). Elle touche ceux situés dans l’aisselle, autour de la clavicule et du sternum.

Mais les métastases du cancer du sein peuvent apparaître dans des zones plus éloignées, comme la peau du sein, les muscles du thorax, les os (côtes, colonne vertébrale, jambes), le foie, les poumons ou encore le cerveau.

 

Traitements du cancer du sein métastatique

Face à un cancer du sein de stade avancé, les traitements sont axés sur le bien-être et le confort du patient. Ils ne guérissent pas la tumeur du sein métastatique, mais permettent de la contrôler, et ce parfois durant plusieurs années.

L’équipe médicale, qui s’occupe de choisir l’approche thérapeutique, étudie plusieurs critères afin d’administrer le traitement le mieux adapté et personnalisé. Ces critères peuvent être l’avancée de la maladie, le statut Her2 et celui des récepteurs hormonaux, l’âge de la patiente, son état de santé général, la présence de symptômes, ses antécédents médicaux et familiaux, etc.

Les traitements peuvent comprendre en général : une chimiothérapie, une hormonothérapie et des thérapies ciblées. L’inclusion dans un essai clinique est aussi une possibilité. Chez ces femmes atteintes de cancer du sein métastasé, la chirurgie du sein est peu retenue. Le chirurgien peut mettre en place une mastectomie (l’ablation totale du sein) ou une tumorectomie (l’ablation de la partie du sein où est située la tumeur).

 

Cancer du sein métastatique : les bénéfices de la chirurgie

Traitement cancer col utérinUne analyse des données de plusieurs études a tenté de comparer les différentes approches thérapeutiques face à ce type de cancer. Elle vise à mesurer les potentiels bénéfices d’une chirurgie mammaire dans le traitement du cancer du sein métastatique.

Si le traitement de référence reste l’approche médicamenteuse, la chirurgie peut parfois être une solution afin de soulager les symptômes (saignements, infections, douleurs). Avec l’amélioration des traitements médicaux et l’augmentation de l’espérance de vie des patientes porteuses d’un cancer du sein de stade avancé, la chirurgie peut-elle améliorer la survie de ces femmes ?

 

Chirurgie du cancer du sein métastatique : analyse des essais cliniques

Au total, les données de 624 patientes incluses au sein de deux essais cliniques randomisés ont été analysées. Les essais randomisés sont considérés comme étant plus pertinents face à la question du bénéfice de la chirurgie du sein associée à un traitement médical, comparée à un traitement médical administré seul. Chez ces patientes, 311 ont subi une chirurgie du sein complétée par un traitement médical. 313 ont simplement bénéficié d’un traitement médical seul.

Les résultats de cette analyse n’ont pas permis de démontrer avec certitude une quelconque amélioration de la qualité de vie chez les patientes ayant subi une chirurgie mammaire. Jusqu’ici, rien n’indique que le traitement chirurgical puisse avoir un impact sur la survie globale. En revanche, la chirurgie permettrait d’améliorer le contrôle de la maladie au niveau local, mais un moins bon contrôle des localisations à distance. Concernant la toxicité du traitement local, celle-ci reste la même chez les deux groupes de patientes.

 

En résumé

Il n’est donc pas possible aujourd’hui d’affirmer de façon définitive qu’une chirurgie du sein associée à un traitement médical représente un quelconque bénéfice pour les patientes atteintes de cancer du sein de stade avancé. Les analyses continuent en ce sens, afin d’obtenir des résultats plus probants grâce à l’étude de nouveaux essais cliniques.

La décision de chirurgie du sein dans ce type de cancer doit relever de l’étude attentive du dossier de la patiente. Une discussion en concertation avec les différents acteurs de la prise en charge thérapeutique, après en avoir bien évidemment discuté avec la patiente elle-même, est nécessaire. Les bénéfices et risques d’une telle approche thérapeutique doivent être analysés de façon individuelle.

Une vidéo pleine d’espoir sur une patiente Jillian  O’Connor qui était enceinte de 18  semaines lorsqu’elle a reçu un diagnostic de cancer du sein métastatique. Les médecins avaient estimé qu’il lui restait moins de deux  ans à vivre. Elle raconte son expérience 4 ans après le diagnostic initial ci après:

Cancer du sein métastatique : quelle approche thérapeutique ?
traitement du Cancer du sein à tumeurs multiples

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La conservation du sein serait une possibilité envisageable pour un peu plus de 90 % des patientes présentant un cancer du sein à tumeurs multiples ou multifocale.

C’est du moins ce que semble démontrer une étude parue dans The Annals of Surgical Oncology réalisée au Centre médical de Dartmouth-Hitchcock (UK). Ces résultats offrent des alternatives au traitement de référence actuellement en vigueur qui consiste à réaliser une mastectomie totale (ablation totale du sein).

 

Cancer du sein à tumeurs multiples : les recommandations actuelles

Avec les progrès réalisés ces 30 dernières années dans le dépistage et le traitement du cancer du sein, on estime aujourd’hui que 80 % des chirurgies réalisées pour un cancer du sein sont conservatrices, contre 20 % de mastectomies totales.

La prise en charge est de plus en plus rapide du fait d’un dépistage de plus en plus précoce, ce qui permet de traiter des tumeurs mammaires à un stade relativement précoce voire infra clinique (c’est-à-dire que la patiente porteuse d’une tumeur du sein ne peut la sentir du fait de sa très petite taille). Le dépistage organisé à partir de 50 ans y contribue largement.

Lors du dépistage, et avant tout geste chirurgical, le chirurgien oncologue doit s’assurer qu’il n’existe pas d’autres foyers tumoraux dans le sein avant de décider de la technique chirurgicale à adopter. Pour cela, une IRM mammaire est généralement recommandée.

Or, aujourd’hui, lorsqu’on découvre l’existence d’une tumeur multifocale, notamment dans des quadrants différents (présence de plusieurs foyers de cellules cancéreuses dans différentes parties du sein), l’option la plus fréquemment retenue est la mastectomie totale. Le seul cas où il existe une possibilité de chirurgie conservatrice est si les tumeurs sont situées dans le même quadrant.

Les autres traitements du cancer du sein (radiothérapie, chimiothérapie, hormonothérapie) permettent aujourd’hui d’assurer un bon contrôle de la maladie au niveau local chez les femmes qui subissent un geste chirurgical conservateur. Par ailleurs, les progrès des techniques d’imagerie médicale permettent de déceler de façon plus efficace les récidives, ce qui augmente les possibilités en termes d’options thérapeutiques.

 

Tumeurs multiples : une chirurgie conservatrice possible

cancer du sein Mastectomie mastectomie L’étude a été conduite sur différents sites. Les données de 198 patientes ont été étudiées. L’enjeu a été de comparer les résultats de femmes porteuses d’un cancer du sein à tumeurs multiples et qui ont bénéficié d’une chirurgie conservatrice du sein (92,9 % des patientes soit 184 femmes, dont 134 en une seule intervention) avec les résultats de femmes qui ont subi une mastectomie.

L’évaluation a concerné des patientes qui présentaient 2 ou 3 tumeurs malignes dans le même sein de façon à s’assurer de la faisabilité et des éventuelles répercussions d’une chirurgie conservatrice. Pour cet essai, ont été analysés le taux de conversion chirurgicale en mastectomie ou en seconde chirurgie pour obtenir des marges positives (nécessité de ré opérer pour retirer une bande de tissu non sain autour du site tumoral initial), et le taux de récidive locale à 5 ans.

Les auteurs concluent que dans la majorité des cas (pour 184 patientes), la chirurgie conservatrice du sein est tout à fait envisageable et représente un bénéfice pour les patientes. Par ailleurs chez la plupart de ces femmes, il n’a pas été nécessaire d’avoir recours à une chirurgie secondaire puisque les marges étaient saines après la première intervention chirurgicale.

Le taux de récidive locale à 5 ans est encore à l’étude, ainsi que les moyens d’améliorer l’aspect esthétique du sein. La pertinence de la radiothérapie chez ce groupe de femmes est aussi à évaluer.

Les études précédemment réalisées faisaient toutes état d’un pourcentage bien moins encourageant, puisque les possibilités de chirurgie conservatrice atteignent un taux oscillant entre 23 et 40 %.

Cet essai ainsi que les prochains paramètres prévus à l’étude vont permettre d’envisager d’autres possibilités thérapeutiques que la mastectomie totale pour ces patientes touchées par un cancer du sein à tumeurs multiples ou multifocales. Les progrès réalisés en parallèle au niveau des techniques d’imagerie médicale et des thérapies ciblées promettent de renforcer l’hypothèse d’un traitement chirurgical bien plus conservateur pour toutes ces femmes.

 

Source :

Annals of Surgical Oncology 09 July 2018 The Feasibility of Breast-Conserving Surgery for Multiple Ipsilateral Breast Cancer: An Initial Report from ACOSOG Z11102 (Alliance) Trial (Visuel Mark Washburn)

https://link.springer.com/article/10.1245%2Fs10434-018-6583-6

Evaluer les chances de guérison du cancer du sein

Le pronostic du cancer du sein désigne l’évaluation réalisée par un ou plusieurs médecins du comportement d’une tumeur cancéreuse et de sa capacité à réagir aux traitements.

Plusieurs facteurs aident à déterminer les chances de survie du cancer du sein : son stade, ses caractéristiques, le type de prise en charge thérapeutique, les antécédents médicaux personnels et familiaux, ainsi que sa manière de réagir au traitement. On parle de facteurs pronostiques. Les facteurs prédictifs, quant à eux, expriment une estimation de la capacité de réponse à des traitements. Les deux catégories de facteurs influencent ensemble la décision du plan thérapeutique pour traiter le cancer du sein.

Les différents facteurs pronostiques et prédictifs utilisés pour estimer les chances de survie du cancer du sein sont différents, en fonction du type de cancer. Les statistiques de guérison du cancer du sein varient donc en présence d’un premier cancer de diagnostic récent, ou d’une récidive.

 

Pronostic du cancer du sein : tumeur initiale

À l’apparition d’une première tumeur, les statistiques de guérison du cancer du sein dépendent de plusieurs facteurs pronostiques et prédictifs. Ainsi, les éléments suivants influent le pronostic et le taux de survie des patientes atteintes :

 

Le stade de la tumeur

Le facteur déterminant principal du cancer du sein est son stade. Il y a moins de risques qu’un cancer du sein récidive s’il est diagnostiqué à un stade précoce. En revanche, son pronostic est moins favorable lorsqu’il est établi à un stade plus avancé.

 

La taille de la tumeur

L’autre facteur pronostique prédominant du cancer du sein est la taille de la tumeur. Outre son extension aux ganglions lymphatiques, une tumeur de taille supérieure à 4 cm a plus de chances de récidiver qu’une petite tumeur. Une tumeur de 1 cm, qui n’envahit pas les ganglions lymphatiques, sera de bien meilleur pronostic.

 

Le grade du cancer

Le grade de la tumeur maligne est aussi pris en compte pour établir le pronostic. Ce dernier est plus favorable en présence d’une tumeur de bas grade, qui signifie que la tumeur est d’évolution plus lente, moins propice à une extension.

 

L’extension ganglionnaire des cellules cancéreuses

Lorsque le cancer du sein s’est propagé aux ganglions lymphatiques au moment du diagnostic, le pronostic est moins favorable et le risque de réapparition du cancer est plus élevé qu’un cancer du sein qui ne s’est pas propagé. Le nombre de ganglions envahis est aussi déterminant : plus il y en a, plus le risque de récidive augmente.

 

Le statut des récepteurs hormonaux et de Her2

Lors de l’analyse des tissus prélevés auprès du laboratoire d’anatomopathologie, le médecin spécialiste étudie le statut des récepteurs hormonaux et de Her2.

Quand les récepteurs hormonaux sont positifs, cela signifie que la tumeur est généralement moins agressive, de faible grade, et comporte un risque moins élevé de propagation. Une hormonothérapie peut être envisagée dans le cadre de la prise en charge thérapeutique du cancer du sein.

Si le cancer est Her2 positif, cela implique qu’une protéine présente sur les cellules tumorales prolifère de façon anormale. On est donc souvent en présence d’un cancer plus agressif, avec un risque plus élevé de propagation. Le taux de récidive après le traitement est aussi plus important et le pronostic est moins favorable.

 

L’âge de la patiente au moment du diagnostic

On constate que le pronostic du cancer du sein est souvent plus sombre chez les jeunes patientes (avant 35 ans), car les tumeurs sont généralement agressives et sont découvertes à un stade plus avancé que chez les patientes ménopausées.

 

Chances de survie du cancer du sein métastatique

En présence de récidive ou localisations secondaires (métastases), les statistiques de guérison du cancer du sein peuvent être influencées par d’autres facteurs :

 

Le temps écoulé avant la réapparition du cancer

Le pronostic est meilleur si le laps de temps avant la récidive du cancer du sein est long. Les chances de survie pour le cancer du sein sont plus favorables lorsque la récidive survient plus de 5 ans après le diagnostic initial.

 

Evaluer les chances de guérison du cancer du sein
Une nouvelle étude prometteuse pour prédire l’évolution des cellules cancéreuses dans le sein

Une nouvelle étude prometteuse pour prédire l’évolution des cellules cancéreuses dans le sein

Les premiers résultats d’une étude à grande échelle viennent d’être révélés par Breast International Group (BIG). Baptisée Aurora, elle permet d’étudier le parcours des cellules cancéreuses lors de leur migration, afin de cartographier les chemins empruntés vers les autres parties du corps. Cela permettrait de découvrir pourquoi certains patients sont prédisposés à développer un cancer du sein métastasé. Les données permettraient également d’élaborer de nouvelles thérapies pour le cancer du sein de stade avancé.

Pour mémoire, un cancer du sein sur trois est de stade avancé, c’est-à-dire que des cellules malignes ont migré vers d’autres localisations du corps pour former des métastases. Le cancer du sein métastasé reste difficile à traiter et est responsable de la majorité des décès liés au cancer du sein.

 

Cartographier les itinéraires empruntés par les cellules cancéreuses

Le programme de recherche Aurora a pour but d’analyser un panel de gènes à différents stades du cancer du sein. En étudiant les itinéraires empruntés par les cellules cancéreuses, il serait possible d’anticiper leurs mouvements et d’utiliser de nouvelles thérapies du cancer du sein de manière plus ciblée pour les bloquer. Les données collectées permettraient d’enrayer le processus métastatique de la maladie en bloquant la migration des cellules cancéreuses.

Le Dr Philippe Aftimos, co-chercheur principal de l’étude, et responsable du développement des essais cliniques à l’Institut Jules Bordet à Bruxelles en Belgique, a annoncé les premiers résultats de l’étude lors du congrès ESMO de Berlin en Allemagne, qui a eu lieu en mai dernier. Les résultats de 381 patients inclus au sein de l’étude (sur les 1000 prévus) ont permis d’identifier des altérations génomiques en nombre important dans les localisations secondaires à mettre en relation avec le développement des cellules cancéreuses, ainsi qu’une résistance aux traitements habituels de référence.

Les scientifiques considèrent qu’une partie des altérations moléculaires ainsi reconnues pourraient aider les oncologues lors du choix des traitements. Des essais cliniques spécifiques pourraient être ainsi envisagés pour plus de patients.

Des échantillons sanguins ont aussi été étudiés : l’analyse de fragments d’ADN tumoral révèle chez certains patients la présence des altérations moléculaires qui ne seraient pas observées lors des biopsies de lésion tumorale. L’environnement immunitaire tumoral est actuellement toujours en analyse, les résultats seront révélés au fur et à mesure de l’avancée de l’étude. Ces données peuvent jouer un rôle déterminant dans le suivi de la maladie cancéreuse.

 

Aurora : le programme de recherche sur le cancer du sein en pratique

L’étude Aurora est conduite par BIG, de façon conjointe avec l’Unité de soutien aux essais cliniques de l’Institut Jules Bordet de Bruxelles, en Belgique. BIG est le réseau de groupes de recherche universitaire le plus important en termes de recherche sur le cancer du sein.

Le programme clinique va collecter pendant 10 ans des milliers d’échantillons de sang et de tissu tumoral afin de générer un catalogue de données cliniques et génétiques sur le cancer du sein métastatique.

Afin d’assurer la cohérence des analyses et éviter les divergences d’interprétation, toutes les données recueillies seront analysées au sein du même laboratoire durant toute la durée du programme. Une plateforme informatique a été créée à cet effet, permettant aux scientifiques impliqués au sein de l’étude d’enregistrer les données cliniques des patients, mais également d’examiner les rapports d’analyses en temps réel.

La collecte des échantillons et des données cliniques est effectuée auprès de tous les patients inclus au sein du programme Aurora, par plusieurs hôpitaux à travers différents pays. 12 pays participent à cette étude (Belgique, Allemagne, Islande, Italie, Luxembourg, Portugal, Pologne, Espagne, Suède, Suisse, Royaume-Uni et Autriche). Les échantillons sont systématiquement envoyés au laboratoire central après leur prélèvement. Les chercheurs étudieront ensuite pas moins de 411 gènes grâce à des techniques de séquençage modernes, afin de repérer les éventuelles altérations. Les résultats sont alors interprétés par une équipe pluridisciplinaire d’experts afin d’identifier les anomalies potentiellement présentes. Ces anomalies pourraient être corrélées à l’évolution du cancer du sein en tumeur métastatique.

 

Les échantillons sont prélevés chez les patients lors du diagnostic initial de cancer du sein non métastatique, mais également sur des lésions secondaires chez les patients présentant des métastases ou une récidive de la maladie. Ces prélèvements seront renouvelés tous les 6 mois pendant une durée de 10 ans, afin de suivre l’évolution de la maladie et repérer les modifications au sein des cellules tumorales.

Cette banque de données inédite permettra d’envisager de nouvelles études cliniques dans le but de concevoir de nouvelles thérapies du cancer du sein, plus ciblées, qui pourront agir plus efficacement sur les cancers du sein métastatique.

 

Sources :

La Chimiothérapie dans le traitement du cancer du sein

La chimiothérapie est l’un des traitements de référence du cancer du sein. Elle n’est pas systématique et généralement proposée aux patientes présentant un taux de récidive élevé.

La décision d’administrer une chimiothérapie est prise en fonction du stade du cancer du sein, de l’âge de la patiente, de l’histoire de la maladie, des antécédents médicaux et chirurgicaux, etc.

 

Chimiothérapie et cancer du sein

Modalités

La chimiothérapie peut être proposée avant ou après la chirurgie. Dans la plupart des cas, ce traitement est réalisé après la chirurgie (chimiothérapie adjuvante). Son objectif est de limiter les risques de récidive. Elle est souvent suivie d’une radiothérapie, et peut être associée à une thérapie ciblée ou une hormonothérapie. Dans ce schéma, les cures de chimiothérapie débutent rapidement dans les premiers mois qui suivent la chirurgie du cancer du sein.

 

Lorsque le volume de la tumeur est trop important, l’équipe médicale peut décider d’administrer la chimiothérapie avant la chirurgie (chimiothérapie néoadjuvante). Cela permet de réduire la taille de la masse cancéreuse pour permettre par la suite une chirurgie conservatrice du sein. La chimiothérapie néoadjuvante est notamment retenue comme traitement du cancer inflammatoire du sein.

La chimiothérapie peut être envisagée de façon adjuvante ou néoadjuvante dans le traitement du carcinome infiltrant.

Elle est l’un des traitements de référence du cancer du sein avancé, qui reposent surtout sur des traitements médicamenteux (chimiothérapie, thérapie ciblée, et possible hormonothérapie) afin de ralentir l’évolution de la propagation des cellules cancéreuses.

 

Mode d’administration

La chimiothérapie peut être prise sous forme orale (per os) ou par voie injectable (intraveineuse). Les médicaments circulent par flux sanguin et agissent sur l’ensemble du corps : on parle alors de traitement systémique.

Le mode d’administration le plus fréquent est par voie injectable. Plusieurs cycles sont prévus, selon une fréquence déterminée au préalable avec l’équipe médicale et selon les associations médicamenteuses retenues.

La mise en place d’une chambre implantable (port-à-cath) sous la peau au niveau du thorax est courante. Celle-ci est reliée à un cathéter installé dans une grosse veine. L’opération est réalisée sous anesthésie locale avant de débuter les cycles de chimiothérapie, pour faciliter les injections et limiter les séquelles engendrées par des piqûres répétées dans les veines.

 

Chimiothérapie : les principaux traitements

 

Les principaux agents-chimiothérapeutiques utilisés dans les protocoles de chimiothérapie sont :

 

  • les agents intercalants (Adriamycine, Epirubicine) ;
  • les alkylants (Carboplatine, Oxaliplatine, etc.) ;
  • les antimétabolites (5 — Fluorouracile, Capécitabine, antagonistes puriques ou foliques) ;
  • les poisons du fuseau (Vinorelbine, Taxanes, Eribuline).

 

Traitement du cancer du sein précoce

Pour les cancers du sein précoce (stade 1A, 1B ou 2A) et les cancers du sein localement avancé (stade 2 B, 3 A, 3 B ou 3 C) qui présentent un taux de récidive important, l’oncologue peut proposer plusieurs associations médicamenteuses. Celles-ci sont plus efficaces que l’administration d’un seul médicament.

 

Traitement du cancer du sein avancé

Le cancer du sein de stade 4 avancé sous-entend que les cellules cancéreuses se sont propagées à d’autres parties du corps (métastases). On administre souvent un seul médicament, qui présente plus de bénéfices pour la patiente. Il n’existe pas de protocole standard. Les cures de chimiothérapie sont proposées par le médecin et administrées tant que la tolérance est correcte. Si la patiente présente trop d’effets secondaires, alors l’oncologue peut proposer un autre agent chimiothérapeutique.

Les thérapies ciblées

Une thérapie ciblée peut compléter la chimiothérapie. Elle cible de façon très sélective les cellules cancéreuses selon une des caractéristiques (protéine, gène, récepteur) influant le développement de la tumeur. Ces thérapies ciblées entraînent en général moins d’effets secondaires que les chimiothérapies auxquelles elles sont associées.

Lorsque les résultats anatomopathologiques de la tumeur du sein retrouvent une expression de la protéine Her2 positive, on peut adjoindre à la chimiothérapie un traitement par Trastuzumab (Herceptin).

 

Les essais cliniques

L’oncologue peut occasionnellement proposer à certaines patientes de participer à un essai clinique afin d’évaluer l’efficacité et la tolérance de nouvelles associations médicamenteuses. Cette éventualité est à discuter en consultation.

 

Chimiothérapie et cancer du sein : les effets secondaires

La chimiothérapie peut provoquer des effets secondaires, selon les patientes. Les plus fréquents sont :

  • fatigue ;
  • nausées, vomissements ;
  • inflammation buccale, aphtes ;
  • alopécie (chute de cheveux temporaire) ;
  • perturbation du cycle menstruel ;
  • modification unguéale (des ongles) ;
  • troubles cutanés ;
  • fourmillements dans les extrémités des membres ;
  • perturbation de la formule sanguine.

 

En présence de ces symptômes, des traitements complémentaires sont prescrits tels que des antiémétiques (anti-vomissement), antibiotiques (en cas d’infection), facteurs de stimulation des colonies de granulocytes (pour stimuler le développement des globules blancs), EPO, etc.

L’équipe médicale peut aussi conseiller aux patientes des équipements complémentaires comme le port d’un casque ou de chaussons réfrigérants pour limiter l’alopécie et les anomalies unguéales.

En cas d’apparition d’un ou plusieurs de ces symptômes ou de fièvre pendant le traitement du cancer du sein par chimiothérapie, il convient d’en faire part à votre médecin le plus rapidement possible.

La Chimiothérapie dans le traitement du cancer du sein
Evolution de la chirurgie gynécologique et mammaire

Evolution de la chirurgie gynécologique et mammaire

Dans le domaine de l’oncologie mammaire, les techniques d’oncoplastie se sont généralisées de même que la technique du ganglion sentinelle.

La chirurgie minimale invasive se développe de plus en plus dans la pathologie bénigne.

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Cancer du sein triple négatif : diagnostic et traitements

Les progrès en matière de diagnostic du cancer du sein permettent aujourd’hui de classifier les différentes tumeurs malignes. Les cancers du sein les plus fréquents sont hormono-dépendants (c’est-à-dire que les hormones jouent un rôle dans la prolifération des cellules cancéreuses), et permettent ainsi des traitements ciblés.

De nature plus agressive que les autres, et semblant moins réceptif aux traitements ciblés, le cancer du sein triple négatif représente environ 17 % des cancers du sein. Il toucherait plus particulièrement les femmes de moins de 40 ans non ménopausées.

 

Le diagnostic du cancer du sein triple négatif

Comme pour tout cancer du sein, le dépistage doit se faire sur la base de plusieurs examens : examen physique, et mammographie de dépistage. Les antécédents personnels et familiaux seront également recherchés. Ces premiers examens peuvent être complétés, en cas d’anomalie, par des examens complémentaires : échographie mammaire, biopsie mammaire, bilan sanguin, IRM, etc.

Mais c’est avec la biopsie que le diagnostic de cancer du sein triple négatif sera posé.

L’analyse immunohistochimique du statut des récepteurs hormonaux des cellules permet de diagnostiquer le cancer du sein triple négatif.

Cette analyse est effectuée par un laboratoire anatomopathologique sur une pièce de biopsie mammaire, qu’elle soit réalisée dans le cadre des examens complémentaires ou après analyse des tissus de la pièce opératoire.

Les trois éléments recherchés afin de pouvoir poser le diagnostic du cancer du sein triple négatif sont :

  • les récepteurs d’œstrogène,
  • les récepteurs de progestérone,
  • les récepteurs de la protéine HER2.

 

En l’absence de réponse de ces trois éléments (s’ils reviennent négatifs), on peut alors parler de cancer du sein triple négatif. Les cellules cancéreuses ne sont alors pas sensibles et influencées par les hormones.

 

Particularités du cancer du sein triple négatif

Le cancer du sein triple négatif est diagnostiqué le plus souvent chez des femmes jeunes et non ménopausées (moins de 40 ans), les femmes d’origine asiatique ou africaine.

Beaucoup de cancers du sein triple négatif sont diagnostic entre deux mammographies de dépistage régulièrement programmées, on parle alors de « cancer d’intervalle », ce qui requiert la plus grande vigilance.

Le cancer du sein triple négatif ne surexprime donc aucun des récepteurs hormonaux (œstrogène, progestérone) ni le récepteur HER2.

Il correspond à un statut immunohistochimique : les cellules cancéreuses ne contiennent aucun marqueur connu en leur surface, capable de répondre à une thérapie ciblée connue.

Le cancer du sein triple négatif regroupe ainsi plusieurs sortes de tumeurs cancéreuses de type et d’évolution différents. La plupart de ces tumeurs sont des carcinomes canalaires infiltrants de haut grade. Cependant, on peut aussi y retrouver d’autres types de cancer du sein de forme plus rare, avec un pronostic moins péjoratif (carcinome médullaire, carcinome sécrétant juvénile, carcinome apocrine, carcinome métaplasique…).

 

Traitement et évolution du cancer du sein triple négatif

La prise en charge thérapeutique pour le cancer du sein triple négatif comporte des similitudes avec le traitement de tous les cancers du sein.

Le traitement comprend souvent une chirurgie mammaire. Le type de chirurgie dépendra de la taille de la tumeur, de son emplacement, du type de tumeur et de sa possible propagation (chirurgie conservatrice ou tumorectomie, chirurgie non conservatrice ou mastectomie totale, mastectomie partielle, curage ganglionnaire…).

Une radiothérapie peut également être proposée dans les suites.

 

La chimiothérapie fait partie du traitement du cancer du sein triple négatif, et les mêmes associations chimiothérapeutiques que celles proposées dans les différents types de cancer du sein hormono-dépendants peuvent être envisagées.

En raison de l’absence de réponse aux récepteurs hormonaux et au récepteur HER2, le traitement par hormonothérapie serait inutile et n’est donc pas envisagé dans ce type de cancer.

 

Les risques de récidives précoces ou de métastases sont plus élevés avec le cancer du sein triple négatif. Un suivi rapproché est indispensable durant les 5 premières années post-diagnostic.

On rappelle que le cancer du sein triple négatif représente une faible proportion des cancers du sein (17 %). Cependant, ils sont responsables d’une plus grande proportion des décès survenant dans les cas de cancer du sein.

Le pic de récidive se situerait dans les 3 premières années, et diminuerait rapidement. Pour les autres types de cancer du sein, le risque de récidive est moins élevé, mais plus persistant au fils des ans.

 

Un suivi en alternance est généralement mis en place, permettant d’alterner les consultations entre le chirurgien, l’oncologue, et le radiothérapeute. Des examens complémentaires sont aussi effectués régulièrement (mammographie annuelle, etc.) pour s’assurer de l’absence d’anomalie ou de récidive.

Cancer du sein triple négatif : diagnostic et traitements
Plaidoyer pour la reconstruction mammaire immédiate (en même temps que l’ablation du sein.)

Plaidoyer pour la reconstruction mammaire immédiate (en même temps que l’ablation du sein.)

La reconstruction mammaire immédiate présente de nombreux avantages, c’est pourquoi aujourd’hui de nombreux chirurgiens militent pour développer cette technique. L’indication d’une reconstruction mammaire immédiate doit être discutée lors de toute ablation du sein. La décision sera prise en fonction de la balance bénéfices / risques.

Cette intervention peut être réalisée par un seul chirurgien, qui fera la mastectomie et la reconstruction mammaire immédiate seul dans le même temps opératoire. Dans certaines équipes, l’intervention est réalisée par deux chirurgiens, l’un réalise l’ablation du sein et l’autre la reconstruction.

 

Avantages de la reconstruction mammaire immédiate

Les avantages de la reconstruction mammaire immédiate sont multiples. Tout d’abord, elle permet de ne pas se retrouver “sans sein” à la fin de l’intervention. Même si souvent elle nécessite certaines retouches esthétiques, cette reconstruction mammaire immédiate permet d’éviter la nécessité de la mise en place d’une prothèse mammaire externe dans le soutien gorge.

De plus, cette technique permet une chirurgie plus conservatrice. En effet, comme la reconstruction est immédiate, le chirurgien va pouvoir préserver une quantité plus importante de peau et l’utiliser lors de la reconstruction, c’est ce qu’on appelle la « Mastectomie avec conservation de l’étui cutané ».

Quand c’est possible, on pourra réaliser ce qu’on appelle une mastectomie avec conservation de l’aréole et du mamelon. C’est le type de mastectomie le plus conservateur possible et qui donne les meilleurs résultats esthétiques. Cette technique est utilisée en cas de chirurgie prophylactique (en l’absence de cancer, pour diminuer le risque de survenue de celui-ci) et dans certains types de cancer.

De manière générale, la reconstruction mammaire immédiate donne de meilleurs résultats esthétiques que la reconstruction mammaire secondaire, réalisée à distance de la mastectomie.

 

Inconvénients de la reconstruction immédiate

Il existe aussi quelques inconvénients liés à la reconstruction mammaire immédiate. Tout d’abord le temps de l’intervention est plus long qu’une mastectomie classique. Le taux de complication est aussi légèrement plus élevé. Mais un chirurgien qui pratique ce type d’intervention très régulièrement permet de vous offrir des conditions de sécurité optimale pour cette intervention.

La reconstruction mammaire immédiate nécessite aussi, en cas de cancer, de choisir assez rapidement sa technique de reconstruction. En effet, le traitement du cancer du sein ne devant pas être retardé, vous devrez prendre une décision rapide sur le type de reconstruction souhaitée.

Les familles de reconstruction mammaires immédiates sont les mêmes que pour les reconstructions mammaires secondaires (prothèse, lambeaux, injection de graisse….)

De façon générale, le taux de reconstruction mammaire immédiate en France est encore trop faible, c’est pourquoi les autorités de santé en font aujourd’hui une priorité pour améliorer la prise en charge des patientes. N’hésitez pas à en parler à votre chirurgien  lors de votre consultation.

Article écrit en collaboration avec le Docteur Benjamin Sarfati, Chirurgien Esthétique et Plastique.

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