Le cancer du sein de stade 2 : l’arsenal thérapeutique

Le cancer du sein de stade 2 : l’arsenal thérapeutique

On parle de cancer du sein de stade 2 pour déterminer un cancer de stade précoce (pour le stade 2A) ou localement avancé (stade 2B).

Les options de traitement possibles comprennent la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie, l’hormonothérapie ou encore les thérapies ciblées. La prise en charge d’un cancer du sein de stade 2 dépend des caractéristiques de la tumeur et de l’état de santé général de chaque patiente.

Lire aussi notre article sur le cancer du sein de stade 1

 

Le cancer du sein de stade II, qu’est-ce que c’est ?

La stadification du cancer du sein est un outil permettant de déterminer où en est la maladie dans son évolution.

Associée au grade, qui vise à évaluer l’agressivité de la maladie, et à l’étude des récepteurs des cellules tumorales, l’analyse du stade d’évolution du cancer permet de cerner la tumeur avec précision pour établir un pronostic et un plan de traitement adaptés à son profil.

Cette catégorisation précise de la maladie est d’autant plus importante que le cancer du sein est désormais considéré comme une maladie aux multiples visages, chaque patiente présentant une forme presque unique de la pathologie.

L’analyse du stade d’évolution du cancer repose le plus souvent sur la classification TNM, bien que d’autres méthodes puissent être employées.

Le sigle anglais TNM renvoie aux catégories « Tumor » (Tumeur), « Nodes » (Ganglions Lymphatiques) et  « Metastasis » (Métastases).

Le « T » vise donc à décrire la tumeur (taille et degré d’envahissement), le « N » permet d’évaluer l’étendue de la propagation des cellules cancéreuses aux ganglions et le « M » indique la présence ou l’absence de métastases.

Chacune de ces catégories se voit attribuer une note. Le cumul de ces notes donne un score qui permet d’attribuer un stade au cancer.

Le cancer du sein de stade 0

Un cancer du sein de stade 0 en est aux prémices de son évolution. La tumeur est in situ, soit localisée dans son site primitif, et ne s’est pas infiltrée dans les tissus avoisinants ni n’a atteint les ganglions.

Le stade 0 correspond au score Tis (« is » pour in situ), N0 et M0.

Le cancer du sein de stade I

Le cancer du sein de stade I en est, lui aussi, encore au début de son développement. La tumeur mesure alors moins de 2 cm et, comme dans le stade 0, les cellules cancéreuses ne sont pas répandues hors de leur site primitif.

Le stade I correspond au score T1, N0 et M0.

Le cancer du sein de stade II

En fonction de la taille de la tumeur cancéreuse et des atteintes ganglionnaires, on distingue deux types de cancers du sein de stade II : le IIA et le IIB.

Le cancer du sein de stade IIA concerne les tumeurs cancéreuses mesurant moins de 5 cm, qui ont envahi les ganglions sentinelles mammaires internes ou 1 à 3 ganglions axillaires externes.

Le cancer du sein de stade IIB concerne les tumeurs cancéreuses mesurant plus de 2 cm, mais qui n’ont pas envahi les ganglions lymphatiques ni ne se sont métastasées.

Le score du stade IIA correspond à T0, 1 ou 2, N1 et M0, et le score du stade IIB est T2 ou 3, N0 et M0.

Le cancer du sein de stade III

Comme pour le cancer du sein de stade II, il existe plusieurs types de cancers de stade III qui se distinguent par la taille de la tumeur cancéreuse et son infiltration : IIIA, IIIB et IIIC.

Un cancer du sein de stade IIIA présente une tumeur de n’importe quelle taille qui a envahi au moins 4 ganglions axillaires, ou bien des ganglions non axillaires, ou s’est infiltrée profondément dans les tissus hors de son site primitif.  Son score est de T1, 2, 3 ou 4, N2 ou 3, M0.

Un cancer du sein de stade IIIB correspond à une tumeur inflammatoire ou une tumeur qui a colonisé les organes voisins. Son score est de T4, N1, 2 ou 3, M0.

Un cancer du sein de stade IIIC est une tumeur de plus de 5 cm qui a envahi 1 à 3 ganglions axillaires ou s’est propagée aux ganglions sentinelles. Son score est de T3 ou 4, N1, M0.

Le cancer du sein de stade IV

Le cancer du sein de stade IV en est au dernier stade de son évolution. La tumeur s’est métastasée, et les cellules cancéreuses ont envahi d’autres organes.

Les métastases circulant dans le sang et/ou la lymphe, elles peuvent voyager dans tout le corps, et les organes envahis ne sont pas nécessairement voisins de la tumeur.

Le score du cancer du sein de stade IV peut être composé de tous les T (de 1 à 4), de tous les N (1 à 3), et d’un M1.

 

La chirurgie pour cancer du sein de stade 2

La chirurgie est une des options de référence pour traiter un cancer du sein de stade 2.

 

Tumorectomie ou mastectomie partielle

Lorsque cela est possible, le geste chirurgical est conservateur et consiste à retirer uniquement la partie du sein atteinte par la pathologie avec une marge de tissu sain tout autour. On parle de tumorectomie ou de mastectomie partielle. Le chirurgien veille à conserver assez de tissu pour que le sein garde un volume le plus naturel possible après l’opération.

 

Mastectomie totale

La mastectomie totale, quant à elle, est l’option retenue lorsqu’il s’agit de retirer plusieurs zones du sein touchées par le cancer, ou si l’on constate la présence de cellules tumorales dans la marge de chirurgie retirée durant la tumorectomie.

Elle est aussi préconisée en présence de cellules cancéreuses dans les ganglions lymphatiques pour les tumeurs du sein de stade 2A, alors que l’on ne détecte pas de tumeur dans le sein.

 

Technique du ganglion sentinelle

L’ablation du ganglion sentinelle (GS) peut s’avérer utile si l’équipe médicale pense que le cancer n’a pas envahi les ganglions lymphatiques. Si l’analyse du GS montre des signes de présence d’envahissement tumoral, le médecin réalise un curage ganglionnaire afin de retirer tous les ganglions atteints.

 

Curage ganglionnaire

Il permet de poser un diagnostic de cancer du sein et de déterminer le stade de la maladie.

 

 

La radiothérapie externe du cancer du sein de stade 2

La radiothérapie externe est une des options de référence dans le traitement des cancers du sein de stade 2. Elle est habituellement réalisée après une chirurgie mammaire conservatrice. On irradie tout le sein, les ganglions lymphatiques situés à l’aisselle et ceux situés près de la clavicule.

Radiothérapie cancer du sein

Il est aussi possible de proposer une radiothérapie externe après une mastectomie totale en cas d’envahissement des ganglions lymphatiques.

 

La chimiothérapie du cancer du sein de stade 2

L’administration de chimiothérapie est une des options de traitement du cancer de stade 2. Elle est souvent proposée après la chirurgie mammaire. Mais elle peut aussi se dérouler avant le geste chirurgical : on parle alors de traitement adjuvant. C’est notamment le cas en présence d’une tumeur supérieure à 5 cm, ou si la maladie a envahi les ganglions lymphatiques situés à l’aisselle et autour du sternum.

Plusieurs associations de médicaments chimiothérapeutiques sont possibles. Les plus fréquemment prescrites sont :

  • T-AC : paclitaxel ou docétaxel, puis doxorubicine + cyclophosphamide
  • TC : paclitaxel + cyclophosphamide
  • AC-T : doxorubicine (Adriamycin) + cyclophosphamide (Procytox), puis paclitaxel (Taxol) ou docétaxel (Taxotere)
  • CAF (ou FAC) : cyclophosphamide + doxorubicine + 5-fluorouracil (Adrucil, 5-FU) ;
  • CAF puis docétaxel ou paclitaxel
  • CEF (ou FEC) : cyclophosphamide + épirubicine (Pharmorubicin) + 5-fluorouracil ;
  • CEF puis docétaxel ou paclitaxel
  • EC : épirubicine + cyclophosphamide

 

L’hormonothérapie du cancer du sein de stade 2

L’équipe médicale propose généralement un traitement d’hormonothérapie aux patientes touchées par un cancer du sein de stade 2 avec récepteurs hormonaux positifs (RH+). Ce traitement peut être suivi jusqu’à une durée totale de 10 ans.

Chez les femmes non ménopausées, on propose souvent du tamoxifène (Tamofen, Nolvadex). Ces médicaments peuvent aussi être prescrits chez la femme ménopausée.

Les inhibiteurs de l’aromatase sont quant à eux réservés aux femmes ménopausées. Il peut faire suite à un traitement de tamoxifène, ou le remplacer si elles ne peuvent ou ne veulent pas prendre ce dernier.

Les inhibiteurs de l’aromatase les plus fréquemment prescrits sont :

  • le létrozole (Femara)
  • l’anastrozole (Arimidex)
  • l’exémestane (Aromasin)

 

Hormonothérapie pour les femmes non ménopausées

Plusieurs options de traitement d’hormonothérapie sont envisagés pour les femmes non ménopausées qui sont touchées par un cancer du sein de stade 2. La prise de tamoxifène peut durer 5 ans, puis votre équipe médicale contrôle votre statut ménopausique.

Si vous êtes en préménopause, le tamoxifène peut être poursuivi pendant encore 5 ans pour une durée totale de 10 ans.

SI vous êtes ménopausée, vous pouvez continuer à prendre du tamoxifène pendant 5 ans, ou switcher pour un inhibiteur de l’aromatase pendant 5 ans maximum (pour une hormonothérapie d’une durée totale maximale de 10 ans).

Chez certaines femmes préménopausées plus âgées, on peut aussi proposer la suppression ovarienne, ou inhibition de l’activité ovarienne, et la prise de tamoxifène ou d’un inhibiteur de l’aromatase pendant 10 ans maximum.

 

Hormonothérapie pour les femmes ménopausées

Les femmes ménopausées touchées par un cancer du sein de stade 2 peuvent prendre du tamoxifène (anti-œstrogénique) et des inhibiteurs de l’aromatase.

Plusieurs options de traitement sont alors possibles :

  • prise de tamoxifène seul (Nolvadex, Tamofen) pendant 10 ans max. ;
  • prise d’un inhibiteur de l’aromatase seul pendant 10 ans max. ;
  • prise de tamoxifène pendant 5 ans, puis d’un inhibiteur de l’aromatase pendant 5 ans (durée totale d’hormonothérapie : 10 ans) ;
  • prise de tamoxifène pendant 2 à 3 ans puis d’un inhibiteur de l’aromatase pendant 2 à 3 ans (durée totale 5 ans) ou l’inverse.

 

Thérapie ciblée du cancer du sein de stade 2

Face à un cancer du sein de stade 2 Her2+, comportant un risque de rechute élevé, l’équipe médicale peut proposer de l’Herceptin (trastuzumab), une thérapie ciblée. La durée de prise est de maximum un an. Ce traitement ciblé se déroule après la fin de la chimiothérapie.

Votre médecin peut également proposer la prise de Perjeta (pertuzumab) si la tumeur mammaire de stade 2 est Her2+, si les récepteurs hormonaux sont négatifs (RH- ) ou avant une chirurgie pour les cancers du sein Her2+ stade 2.

D’autres thérapies ciblées peuvent être proposées, en fonction de chaque patiente et de chaque type de tumeur, comme le Phesgo (pertuzumab + trastuzumab), le Kadcyla ou T-DM1 (trastuzumab emtansine).

 

Essais cliniques

Divers essais cliniques sur le cancer du sein sont en cours en France. Ils permettent de trouver de nouvelles méthodes de prévention, de dépistage, et de traitement du cancer du sein. Votre médecin peut vous proposer de participer à l’un d’entre eux si les modalités correspondent à votre situation.

Le cancer du sein de stade 1 : Tour d’horizon des traitements

Le stade 1 est le stade précoce du cancer du sein. Le cancer du sein de stade 1 désigne les carcinomes canalaires et les carcinomes lobulaires de stade I, en fonction des cellules à partir desquelles la tumeur se développe. Le stade 1 regroupe les stades 1a et 1 b. En fonction des caractéristiques de la tumeur, une stratégie thérapeutique individualisée est proposée aux patientes.

 

Chirurgie du cancer du sein de stade 1

L’intervention chirurgicale (la mastectomie) est le traitement de référence du cancer du sein de stade 1.

 

Mastectomie partielle

S’il est possible pour le chirurgien de conserver le sein, la chirurgie réalisée est une tumorectomie ou mastectomie partielle, qui consiste à retirer seulement la partie du sein touchée ainsi qu’une marge tissulaire de sécurité autour de la tumeur. La chirurgie est dite conservatrice puisqu’elle préserve au mieux l’apparence du sein tout en conservant un volume.

Chirugien cancer du sein

 

Mastectomie totale

La mastectomie totale est non conservatrice. Elle consiste à retirer le sein dans sa totalité. Elle est préconisée si le cancer du sein a touché plusieurs zones de la glande mammaire, ou si la marge prélevée lors de la tumorectomie revient positive (présence de cellules cancéreuses sur du tissu sain). La mastectomie est également l’intervention privilégiée si le cancer a envahi les ganglions lymphatiques (stade 1 b), sans détection de tumeur dans le sein.

 

Technique du ganglion sentinelle

Elle consiste à retirer les premiers ganglions de la chaîne afin de déceler l’éventuelle présence de cellules cancéreuses. Ce prélèvement permet d’éviter le curage ganglionnaire systématique, et de proposer d’autres alternatives s’il existe une atteinte ganglionnaire, comme la radiothérapie externe.

 

Radiothérapie externe du sein

Habituellement, la chirurgie est suivie d’une radiothérapie externe pour traiter le cancer du sein de stade 1. Le protocole de traitement consiste alors à irradier le sein et les ganglions lymphatiques avoisinants. Un boost de dose focalisé sur le lit tumoral peut être nécessaire pour être certain de se débarrasser de toutes les cellules cancéreuses.

L’équipe médicale ne retient pas forcément l’indication de radiothérapie externe chez les patientes ayant subi une mastectomie totale, lorsqu’il s’agit d’un cancer de stade 1. Sauf si le ganglion sentinelle est revenu positif lors de son ablation.

Si le parcours de soins personnalisé prévoit une chimiothérapie, les médecins prévoient la radiothérapie après la fin des cures de chimiothérapie.

 

Cancer du sein de stade précoce : hormonothérapie

Une hormonothérapie est recommandée chez les patientes porteuses d’un cancer du sein de stade I dont la tumeur présente des récepteurs hormonaux positifs (tumeur classée RH+).

Le tamoxifène (Nolvadex, Tamofen) est le médicament d’hormonothérapie le plus fréquemment proposé aux patientes, peu importe leur statut ménopausique.

Les inhibiteurs de l’aromatase sont aussi des médicaments d’hormonothérapie souvent proposés, mais ils sont destinés aux femmes ménopausées. Ils peuvent être pris à la place du tamoxifène (si les patientes ne peuvent ou ne veulent pas le prendre), ou après un traitement de tamoxifène. Les médecins prescrivent le plus souvent du Létrozole (Femara), de l’anastrozole (Arimidex), ou de l’exemestane (Aromasine).

 

Hormonothérapie du cancer du sein pour les femmes non ménopausées

Habituellement, la stratégie thérapeutique avec hormonothérapie pour les femmes non ménopausées atteintes d’un cancer de stade 1 consiste à prendre du tamoxifène durant 5 ans, puis à contrôler le statut ménopausique.

Si les patientes sont ensuite en préménopause, le temps de prise du tamoxifène peut s’étendre jusqu’à une durée totale de 10 ans.

En revanche, si les patientes sont ménopausées, le médecin peut proposer la prise du tamoxifène pour 5 ans supplémentaires ou de switcher pour un inhibiteur de l’aromatase durant 5 ans. La durée totale de prise du traitement hormonal n’excède pas 10 ans dans les deux cas.

 

Hormonothérapie du cancer du sein pour les femmes ménopausées

Pour les femmes touchées par un cancer du sein de stade 1 déjà ménopausées, l’hormonothérapie peut consister à prendre le tamoxifène ou un inhibiteur de l’aromatase.

 

Plusieurs options sont possibles :

  • hormonothérapie par tamoxifène pendant 10 ans maximum
  • hormonothérapie par anti-aromatase pendant 10 ans maximum
  • prise de tamoxifène pendant 5 ans puis d’un inhibiteur de l’aromatase pendant 5 ans
  • prise de tamoxifène pendant 2 ou 3 ans puis d’un inhibiteur de l’aromatase pendant 2 ou 3 ans (ou l’inverse), pour une durée totale d’hormonothérapie ne dépassant pas 5 ans

 

Chimiothérapie cancer du sein de stade 1

La chimiothérapie n’est pas un traitement que l’on propose habituellement aux patientes touchées par un cancer du sein de stade précoce.

Elle peut toutefois être recommandée en traitement adjuvant après une chirurgie mammaire si le cancer présente un haut risque de récidive.

Dans ce cas, les associations de médicaments chimiothérapeutiques les plus fréquemment choisis sont :

  • ACT : doxorubicine (Adriamycin) + cyclophosphamide (Procytox), puis paclitaxel (Taxol) ou docétaxel (Taxotere) ;
  • TAC : paclitaxel (ou docétaxel) puis doxorubicine + cyclophosphamide
  • TC : paclitaxel + cyclophosphamide
  • CAF (ou FAC) : cyclophosphamide + doxorubicine + 5-fluorouracil (5-FU)
  • CAF puis docétaxel ou paclitaxel
  • CEF (ou FEC) : cyclophosphamide + épirubicine (Pharmorubicin) + 5-FUl
  • CEF puis docétaxel ou paclitaxel
  • EC : épirubicine + cyclophosphamide

 

Thérapie ciblée

L’Herceptin (trastuzumab) est le traitement ciblé le plus souvent associé à une chimiothérapie pour soigner le cancer du sein de stade 1 Her2+ à risque élevé de rechute. Il est administré durant un an maximum, après la fin des cures de chimiothérapie.

Thérapies ciblées cancer du sein

Il arrive aussi que les médecins décident d’adjoindre le Perjeta (pertuzumab) à l’Herceptin et à la chimiothérapie dans certaines situations, notamment en présence :

  • d’une tumeur du sein de stade 1a ou 2b, Her2+
  • d’un cancer du sein stade 1 sans surexposition des récepteurs hormonaux (RH-)
  • d’une tumeur de stade 1a ou 2 b, Her2+ avant de réaliser une chirurgie du sein

 

D’autres thérapies ciblées sont également disponibles, en fonction des caractéristiques de la tumeur, comme le Phesgo, le Nerlynx, le Kadcyla… Votre médecin vous présentera les différentes options possibles selon votre situation.

 

Essais cliniques

Il existe de nombreux essais cliniques concernant le cancer du sein. Votre médecin peut vous proposer d’y participer si votre dossier médical correspond à une étude en cours.

Le cancer du sein de stade 1 : Tour d’horizon des traitements
Lutte contre le Cancer : l’ARN messager au cœur des avancées thérapeutiques

Lutte contre le Cancer : l’ARN messager au cœur des avancées thérapeutiques

La technologie ARN messager (ARNm) est au centre de toutes les discussions depuis le début de la pandémie de Covid-19. Son succès dans les vaccins contre le virus a permis de faire découvrir au grand public cette technologie prometteuse qui pourrait bien, dans un avenir proche, contribuer à la lutte contre certains cancers.

Qu’est-ce que la technologie à ARN messager?

Grâce au succès des vaccins contre le Covid-19 Pfizer et Moderna, l’efficacité des technologies à ARNm n’est plus à prouver. Concrètement, les vaccins à ARNm consistent à administrer un agent infectieux (atténué ou inactivé) ou à faire réagir certaines protéines des cellules dans le but de déclencher une réponse immunitaire. Le processus de réponse immunitaire dirigée contre l’agent pathogène est couplé au développement de cellules mémoires capables de nous protéger de futures infections. Cette association fait des vaccins à ARNm des armes redoutables pour lutter contre certaines maladies, comme le Covid-19.

Vidéo explicitant le principe de l’ARN messager

 

Il est donc possible de modifier le comportement de certaines cellules grâce à cette technologie. L’utilisation reposant sur le principe de l’ARNm n’est pas réservée à la vaccination contre le coronavirus. De nombreux projets sont d’ailleurs en cours d’étude afin de développer la technologie pour d’autres types de maladies pour lesquelles il n’existe à l’heure actuelle aucun vaccin, comme le VIH, le Zika, etc.

En effet, depuis 1980, seulement 2 des 82 virus responsables des maladies chez l’homme bénéficient de vaccins disponibles sur le marché. Le développement de l’ARNm pourrait augmenter les applications afin de soigner ces différentes pathologies.

 

Un espoir pour lutter contre certains cancers

Certains laboratoires, comme Sanofi, ont boosté leurs investissements afin de produire plus de vaccins, et potentiellement pour différentes cibles. Car l’ARNm, capable d’encourager l’organisme d’un patient à répondre à une agression pathogène, pourrait tout aussi bien être employé pour cibler spécifiquement des protéines tumorales, et donc contribuer à guérir le cancer.

C’est notamment le cas dans le cancer du foie, ou une protéine tumorale particulière est retrouvée chez 70 % des patients touchés. Il est tout à fait possible d’envisager, dans un futur proche, l’adaptation de la technologie à ARNm afin de cibler spécifiquement cette protéine au sein des cellules cancéreuses. Il en va de même pour les cancers du sein, cancer de l’ovaire, ou encore de la prostate.

La biotech BioNTech est d’ailleurs en phase d’essai clinique, avec à son compte pas moins de 13 projets en cours en ce sens, dont un projet en phase 2.

 

Les difficultés possibles de ce type de technologies

L’absence d’antigènes

Cependant, pour traiter certains cancers et maladies infectieuses, il faut avoir un bon antigène. En son absence, la technologie ARNm pourrait malgré tout permettre de s’en passer dans certains cas. Il faut alors contourner le problème en identifiant les anticorps responsables de la neutralisation des antigènes.

Avec la connaissance des anticorps compétents, il est possible de sélectionner des séquences pour fabriquer des ARNm. La réponse immunitaire serait alors insufflée par l’injection musculaire des ARNm sans passer par la case antigène.

 

Le cas des maladies auto-immunes

La particularité des maladies auto-immunes est que la pathologie attaque des cellules saines, et donc, encourage l’organisme à s’attaquer lui-même. Dans ces conditions, il faut rééduquer le système immunitaire. Cette étape est possible grâce à l’intervention de cellules dites régulatrices.

L’enjeu pour les chercheurs est donc de produire des ARN messagers capables de coder la protéine attaquée afin de contrer cette attaque. On pourrait imaginer l’application d’un tel processus dans certaines pathologies, comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique.

BioNTech et Moderna sont, pour l’heure, les pionniers dans le domaine des technologies à ARN messager depuis le début de la crise sanitaire. Mais Sanofi gagne peu à peu du terrain grâce à ses partenariats avec BioNTech oncologie et Translate Bio.

Nul doute que toutes ces recherches scientifiques vont participer activement aux avancées thérapeutiques dans la lutte contre le cancer.

L’arrêt de l’hormonothérapie après la première année augmentent le risque de rechute du cancer du sein chez les femmes jeunes

Les femmes non ménopausées récidivent plus de leur cancer du sein lorsqu’elles ne suivent pas correctement leur traitement de Tamoxifène (lire aussi notre article sur les traitements d’hormonothérapie du cancer du sein). C’est ce que révèle un communiqué publié dans le Journal of Clinical Oncology par des chercheurs de l’INSERM, de Gustave Roussy et de l’université Paris-Saclay.

Plusieurs facteurs augmentent ce risque, notamment:

  • la présence d’effets secondaires liés à l’hormonothérapie (douleurs musculaires, douleurs articulaires, fatigue) ;
  • l’absence de chimiothérapie ;
  • la présence d’autres problèmes médicaux associés ;
  • des patientes vivant seules.

 

Hormonothérapie et cancer du sein

L’hormonothérapie est en principe prescrite pour une durée variant de 5 à 10 ans. Ce traitement intervient chez les personnes touchées par un cancer du sein localisé dit hormono-sensible (soit 80 % des tumeurs malignes du sein).

Le médicament est prescrit afin de réduire le risque de rechute de la maladie. Or, il peut provoquer chez certaines patientes des effets indésirables très pénibles. Certains symptômes s’apparentent notamment aux signes cliniques qui apparaissent lors de la ménopause. C’est pourquoi l’hormonothérapie n’est pas toujours bien suivie par certaines femmes, ce qui augmente le risque de récidive du cancer du sein.

arrêt hormonothérapie et risques rechute cancer du sein

 

Quelles sont les conclusions de l’étude ?

Grâce à une analyse de la cohorte CANTO, les médecins chercheurs ont découvert que les récidives locales et à distance (présence de métastases) apparaissent de façon précoce, 3 ans après la fin des traitements du cancer du sein (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie).

Par ailleurs, le risque de récidive est multiplié par 2,31 chez les femmes jeunes qui ont arrêté leur hormonothérapie pour traiter leur cancer du sein. Les scientifiques ont aussi déterminé des causes favorisant l’arrêt de leur traitement.

 

Sur quoi porte l’analyse de la cohorte CANTO ?

L’étude a concerné 1 177 patientes, toutes non ménopausées et traitées pour un cancer du sein localisé. Toutes ces femmes ont accepté de suivre un traitement d’hormonothérapie par Tamoxifène.

Il s’agit de la première analyse regroupant les réponses d’un questionnaire au sujet du traitement, et l’analyse biologique sanguine du dosage du médicament tout au long de la prise du traitement d’hormonothérapie. L’association des résultats permet de conclure à une corrélation marquée entre le fait de ne pas prendre le médicament et le risque accru de récidive.

Selon le Dr Pistilli, qui a présenté les premières conclusions de l’étude au congrès de l’ESMO (European Society For Medical Oncology) en septembre 2018, une femme sur 6 ne suivrait pas son traitement de Tamoxèfene à un an seulement de la prescription médicale. Cela représente 16 % des patientes, selon les résultats du dosage sanguin effectué.

Elle précise par ailleurs que la moitié de ces femmes n’en faisait pas état dans le questionnaire de suivi réalisé. Il y a donc une différence importante entre la réalité et les réponses données par ces femmes dans le questionnaire. L’enjeu de cette dissonance est de comprendre pourquoi ces femmes n’ont pas stipulé l’arrêt de leur médicament dans le questionnaire prévu à cet effet afin de les aider à mieux appréhender leur traitement par un suivi personnalisé. La question de la prise en charge thérapeutique de ces patientes afin d’améliorer la bonne observance de l’hormonothérapie est de mise, selon le Dr Vaz-Luis, oncologue à Gustave Roussy.

 

Une augmentation du risque de rechute du cancer du sein de 131 %

 

La pilule contraceptive et les risques de cancer du sein

L’augmentation du risque n’est pas négligeable puisque le taux est multiplié par 2,31, soit une augmentation de 131 % de risque de récidive de la maladie. Cette augmentation concerne aussi bien le risque de récidive locale que de récidive à distance (métastases).

Concrètement, les résultats montrent que 89,5 % des femmes n’ayant pas bien adhéré au traitement à 3 ans n’ont pas connu de rechute, contre 95 % des patientes qui ont bien suivi leur traitement. À partir de 5 ou 10 ans, le risque de récidive et le taux de mortalité augmentent encore de manière significative en cas d’arrêt précoce de l’hormonothérapie.

 

Les causes possibles d’une mauvaise observance de l’hormonothérapie

L’analyse a pu déterminer plusieurs causes pouvant être responsables d’un moins bon suivi d’une hormonothérapie.

Les principaux facteurs sont :

  • la présence d’effets secondaires liés au traitement par Tamoxifène (douleurs articulaires et musculaires, fatigue) ;
  • d’autres problèmes de santé ;
  • l’absence de chimiothérapie lors du traitement du cancer du sein ;
  • Le fait de vivre seule.

Les résultats sont cependant complexes à interpréter. Certains autres facteurs n’ont pu être reliés de façon directe, comme le stade de la maladie, l’IMC, les effets secondaires des autres traitements du cancer, la prise en charge thérapeutique globale et l’état psychique de la patiente (anxiété, dépression).

 

La cohorte CANTO : généralités

La cohorte prospective CANTO (CANcer Toxicités) est nationale. Elle concerne, avec leur accord, 12 000 patientes touchées par un cancer du sein localisé et prises en charge dans 26 centres en France.

L’objectif de CANTO est de réussir à identifier les personnes plus à risque de développer des toxicités liées aux traitements du cancer afin d’adapter les parcours de soins de ces populations. In fine, ces recherches servent à accroître la qualité de vie des patientes après-cancer.

CANTO est promue par Unicancer qui regroupe l’ensemble des CLCC. Elle est dirigée par le Pr Fabrice André, directeur de la recherche à Gustave Toussy, Professeur à l’Université Paris-Sarlay directeur de l’unité 981 : Biomarqueurs et nouvelles cibles thérapeutiques en oncologie. Par ailleurs, la Ligue Contre le Cancer est un de ses soutiens.

Ces résultats sur les facteurs de risque capables de motiver des femmes à stopper leur traitement d’hormonothérapie précocement sont très utiles, puisqu’ils permettent aux médecins chercheurs de développer d’autres prises en charge et outils pédagogiques. Les conclusions de l’analyse vont donc servir à augmenter la qualité de vie des patientes traitées pour un cancer du sein tout en limitant leur risque de rechute.

 

 

 

L’arrêt de l’hormonothérapie après la première année augmentent le risque de rechute du cancer du sein chez les femmes jeunes
Le cancer du sein au stade 4– symptômes, traitements & cas Shannen Doherty

Le cancer du sein au stade 4– symptômes, traitements & cas Shannen Doherty

Le cancer du sein est un cancer qui lorsqu’il est détecté à temps est de bon pronostic. Il arrive toutefois qu’il puisse récidiver, comme dans le cas de l’actrice américaine Shannen Doherty qui fut diagnostiquée une première fois en 2015 d’un cancer du sein d’une forme agressive avec une rechute en 2020 d’un cancer de stade 4.

La récidive du cancer du sein reste une étape difficile à vivre et à accepter par la patiente.

 

Les 5 stades du cancer du sein

L’étendue du cancer du sein détermine son stade en tenant compte de la taille de la tumeur et du lieu de sa propagation. Pour le cancer du sein, nous avons établi 5 stades, numérotés de 0 à 4.

 

Cancer du sein de Stade 0

Au stade 0, les cellules cancéreuses sont localisées dans le canal d’origine, sans envahir le tissu mammaire voisin. La tumeur est dite non infiltrante.

 

Cancer du sein de Stade 1

Au stade 1, la taille de la tumeur est inférieure à 2 centimètres et la maladie a atteint au maximum 3 ganglions lymphatiques.

 

Cancer du sein de Stade 2

Au stade 2, la tumeur mesure entre 2 et 5 centimètres. La maladie s’est propagée à 1 à 3 ganglions lymphatiques axillaires et/ou aux ganglions lymphatiques mammaires internes.

 

Cancer du sein de Stade 3

Le cancer de stade 3, la tumeur mesure plus de 5 centimètres et elle peut toucher les ganglions lymphatiques et les tissus avoisinants.

 

Cancer du sein de Stade 4

Au stade 4, la tumeur s’est propagée dans d’autres parties du corps. Ces métastases à distance peuvent atteindre les poumons, le cerveau, le foie ou les os. On parle alors de cancer du sein métastatique.

 

 

La récidive du cancer du sein

Une fois la maladie traitée, elle peut néanmoins réapparaître. La récidive peut-être :

  1. locale si la tumeur revient là où elle avait déjà pris naissance ;
  2. régionale si le cancer apparaît dans des tissus ou ganglions lymphatiques proche de la tumeur initiale ;
  3. à distance si la tumeur apparaît dans une autre partie du corps.

 

 

Les traitements du cancer du sein de stade 4

Lorsque le cancer est au stade 4, il existe plusieurs traitements. La tumeur qui s’est propagée dans d’autres organes n’est pas soignée par le traitement, mais elle est contrôlée pour ne plus évoluer. Elle peut ainsi rester circonscrite durant des années.

L’oncologue détermine le traitement le plus adapté en fonction du statut des récepteurs hormonaux et du statut HER2 des cellules cancéreuses. Les organes dans lesquels s’est propagée la tumeur, ainsi que l’état de santé général de la patiente, influencent également le praticien dans son choix.

Le traitement sélectionné par l’oncologue peut être remplacé par un autre lorsqu’il devient inefficace.

 

La chimiothérapie

La chimiothérapie est le traitement proposé aux patientes dont les récepteurs hormonaux sont négatifs, ou s’ils sont positifs, mais que la tumeur s’est propagée aux organes internes et provoque des symptômes.

La chimiothérapie est administrée aussi longtemps que la tumeur est réceptive et que les effets secondaires ne sont pas handicapants. Le choix d’un seul agent chimiothérapeutique réduit les risques d’effets secondaires, mais il est possible d’en associer plusieurs pour de meilleurs résultats.

 

L’hormonothérapie

L’hormonothérapie est proposée aux femmes dont les récepteurs hormonaux sont positifs et dont le cancer s’est étendu aux autres organes comme les tissus mous (muscles et graisse), les os, le foie, le cerveau et les poumons.

Le choix du type d’hormonothérapie est différent si la femme est ou non ménopausée.

 

Le cas du cancer du sein de Shannen Doherty

Cancer Shannen Doherty
Shannen Doherty – Cancer de stade 4

Shannen Doherty, actrice, réalisatrice et productrice américaine, est née en 1971. Elle a commencé à jouer dans des séries à succès très jeune, notamment dans la série culte  « La Petite Maison dans la prairie » entre 1982 et 1984, ou « Our House » entre 1986 et 1989, une série très célèbre chez les jeunes Américains.

L’annonce du cancer du sein de Shannen Doherty

En 2015, Shannen Doherty a été touchée par le cancer du sein, elle fait alors le choix d’aborder ouvertement son cancer dans les médias. Elle explique que sa volonté de médiatiser sa maladie a pour but de décomplexer les femmes atteintes par ce cancer.

L’actrice explique aussi que la maladie a été diagnostiquée tardivement et qu’elle suit un traitement de chimiothérapie. Le traitement pour son 1er cancer dura un an et demi, entre août 2015 et février 2017. Le 25 février 2017 lors d’une conférence de presse, elle annonce la fin de ses traitements et rémission du cancer.

La récidive du cancer de Shannen Doherty

Le 4 février 2020, Shannen Doherty fait part de la récidive de son cancer du sein et précise qu’il est au stade 4. Le cancer est métastatique et s’est propagé dans d’autres organes.

Elle souffre également de la maladie de Crohn.

Les difficultés pour Shannen Doherty de vivre après une mastectomie

Lors de son premier traitement, Shannen Doherty avait subi une mastectomie, suivie d’une reconstruction mammaire (post-mastectomie). L’actrice a beaucoup souffert de voir son corps se modifier sous l’effet de la chirurgie, mais aussi des effets secondaires de la chimiothérapie.

Les traitements d’hormonothérapie ont déclenché une ménopause précoce et une certaine prise de poids.

Toutefois l’actrice a réussi à renforcer son corps tant physiquement que psychologiquement aidée d’un nutritionniste et d’un coach. Nous espérons que son équipe médicale l’aidera à vaincre le cancer une seconde fois pour envisager l’après cancer.

La place de l’activité physique chez les patientes atteintes de cancer du sein

L’activité physique présente de nombreux bénéfices pour les patientes atteintes de cancer du sein. De plus en plus d’établissements de soins oncologiques proposent désormais des programmes d’activité physique adaptée en partenariat avec des centres de sports ou de soins spécialisés. Ces sports sont adaptés à l’état physique et psychologique des patientes touchées par la maladie.

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La place de l’activité physique chez les patientes atteintes de cancer du sein
L’hormonothérapie dans le traitement du cancer du sein

L’hormonothérapie dans le traitement du cancer du sein

L’hormonothérapie est un traitement destiné à lutter contre certains types de cancers, dont les cancers du sein sensibles aux hormones.

Bien que tous les cancers du sein ne soient pas hormonodépendants, on estime que plus de 60% d’entre eux présentent cette caractéristique.

Du fait de cette prévalence significative, l’hormonothérapie, loin d’être un traitement anecdotique, s’affirme comme une thérapie centrale dans la lutte contre le cancer, dont les progrès sont à suivre de très près.

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La cryothérapie dans le traitement du cancer du sein

La cryothérapie est un traitement consistant à détruire des cellules anormales en les exposant à des températures très basses, avoisinant les -30°C.

Désormais largement utilisée outre-Atlantique, la cryothérapie en est encore à ses débuts en France, malgré des résultats très prometteurs. Ce traitement novateur se montre particulièrement performant pour ralentir la progression du cancer du sein, améliorant ainsi la qualité de vie des patientes ne pouvant être opérées et allongeant significativement leur durée de vie.

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La cryothérapie dans le traitement du cancer du sein
Cancer du sein : soulager les effets secondaires de la radiothérapie

Cancer du sein : soulager les effets secondaires de la radiothérapie

La radiothérapie est une arme thérapeutique qui fait partie du protocole de traitement traditionnel en cas de cancer du sein, souvent en association avec une chimiothérapie et une chirurgie mammaire. Bien que sa grande efficacité en fasse un traitement de choix, la radiothérapie comporte également certains inconvénients, notamment des effets secondaires lourds, parfois durables.

Il existe cependant des solutions pour atténuer l’inconfort occasionné par ce traitement, afin de conserver une bonne qualité de vie durant et après les soins.

 

Importance du dépistage du cancer du sein

Prevention cancer du seinUne femme sur 8 risque d’être touchée par un cancer du sein au cours de sa vie. Chaque année, le cancer du sein touche près de 60,000 personnes supplémentaires et reste le cancer féminin le plus répandu.

Si le cancer du sein survient plutôt chez les patientes âgées de plus de 50 ans, il est important de rappeler l’importance du dépistage précoce afin de sauver le plus de vies possible. Même sans symptôme de cancer du sein, le dépistage systématique organisé en France permet aux femmes âgées de 50 à 74 ans de bénéficier d’une mammographie/échographie tous les deux ans.

 

Ces dispositions, ainsi que l’avancée des techniques de traitement et d’imagerie médicale, permettent aujourd’hui d’observer une incidence stabilisée, ce qui n’empêche pas de poursuivre les efforts en chemin vers la guérison des patientes

 

Radiothérapie et cancer du sein

La radiothérapie est un traitement couramment pratiqué pour éliminer les cellules cancéreuses responsables de tous types de cancers. Ce traitement consiste à irradier la zone du corps où se situe la tumeur cancéreuse à l’aide de radiations ionisantes endommageant l’ADN des cellules ciblées, ce qui les empêche de se répliquer.

Plusieurs intentions peuvent motiver la prescription des séances de radiothérapie : limiter le risque de récidive du cancer du sein après une mastectomie, réduire le volume de la tumeur avant une chirurgie mammaire, traiter une récidive de la tumeur du sein qui réapparaît sur le site de mastectomie, contrôler les symptômes et douleurs liés à un cancer de stade avancé, etc.

Ce traitement n’est pas obligatoire dans le cadre du cancer du sein et dépend de multiples facteurs. Votre médecin, en concertation avec une équipe pluridisciplinaire, juge des bénéfices et risques de chaque traitement pour ses patientes.

Le centre de radiothérapie Henri Hartmann propose un article dédié aux effets secondaire de la radiothérapie pour le traitement d’un cancer du sein.

La radiothérapie peut également intervenir en amont d’une chirurgie pour réduire la taille de la tumeur et faciliter son exérèse, ou à titre de traitement principal lorsqu’une opération chirurgie n’est pas envisageable.

La radiothérapie externe est proposée post mastectomie dans le cas où le le cas si le cancer a envahi les ganglions lymphatiques, si la tumeur mesure plus de 5 cm, ou si elle s’est propagée aux muscles ou à la peau de la paroi thoracique. (source  : https://www.elsan.care/fr/centre-cancerologie-dentellieres/nos-actualites/la-radiotherapie-dans-le-traitement-du-cancer-du )

 

Effets secondaires de la radiothérapie dans le traitement du cancer du sein

Les irradiations administrées lors d’une radiothérapie sont hautement toxiques, tant pour les cellules cancéreuses que pour les cellules saines. Bien que la médecine oncologique progresse toujours vers des traitements plus ciblés, se focalisant davantage sur les cellules cancéreuses et touchant de moins en moins les cellules saines, la détérioration de certains tissus sains demeure, à l’heure actuelle, inévitable.

C’est essentiellement l’altération de ces tissus sains qui cause des effets secondaires – parfois lourds, et peut engendrer des séquelles sur le long terme.

La sévérité de ces effets indésirables varie en fonction de la dose de radiations administrée, de la quantité de tissus sains irradiés, du rôle des cellules détruites dans le fonctionnement de l’organisme, mais aussi du profil de la patiente, chacune réagissant différemment à la radiothérapie.

 

Effets secondaires généraux de la radiothérapie

La fatigue généralisée est un effet secondaire fréquent de la radiothérapie, quelle que soit la zone traitée. Elle survient en réponse à la destruction des cellules de l’organisme, le corps ayant de fait besoin d’utiliser davantage d’énergie pour se régénérer.

La peau, à travers laquelle passent les radiations, est également le premier tissu détérioré, bien que toutes les patientes ne présentent pas systématiquement d’effets secondaires cutanés. Elle peut devenir rouge, sèche, irritée, et occasionner des douleurs, gênes ou démangeaisons. Elle tend aussi à changer de couleur, prenant une teinte plus foncée qui peut perdurer à vie.

Une perte d’appétit, des douleurs et sécheresses buccales, une difficulté à déglutir, des nausées et vomissements sont aussi des effets secondaires communs de la radiothérapie.

Quand la radiothérapie est associée à une chimiothérapie, on observe fréquemment une diminution du nombre de cellules sanguines dans le système circulatoire, qui accentue la fatigue et peut engendrer un essoufflement et des troubles de la coagulation.

À noter que les effets secondaires de la radiothérapie peuvent se manifester durant le traitement ou en différé, parfois des mois après la fin de ce dernier.

Effets secondaires de l’irradiation du sein

Dans le cadre du traitement du cancer du sein, des désordres esthétiques surviennent fréquemment. L’aspect du sein, dans sa forme, sa densité et sa taille, est souvent altéré, tout comme celui de la peau à travers laquelle doivent passer les radiations ionisantes.

Des atteintes fonctionnelles peuvent aussi apparaître, et il est rarement possible d’allaiter après une radiothérapie du sein.

Par ailleurs, la radiothérapie administrée pour traiter le cancer du sein est dirigée vers le thorax et, bien que cela soit de plus en plus rare grâce à l’évolution des traitements, de nombreux organes situés dans cette zone peuvent être détériorés.

En plus de troubles fonctionnels, la formation de tissus cicatriciels dans les poumons, le sein ou au niveau de l’épaule peut engendrer des gènes ou des douleurs perdurant sur le long terme.

 

Soulager les effets secondaires de la radiothérapie

Infirmière conseillère en image mini

Les principaux effets secondaires de la radiothérapie se font ressentir au niveau de la peau, qui est en première ligne pour recevoir les radiations.  Il est important de ne rien mettre sur sa peau en amont de la séance de radiothérapie. En revanche, il est conseillé d’appliquer une lotion hydratante douce après la séance pour réhydrater et apaiser la peau.

Pour ne pas endommager davantage votre peau, il est également conseillé de bannir tous les cosmétiques agressifs (déodorants, parfums, etc.) le temps de votre traitement et d’opter pour un savon doux.

De même, il est recommandé d’éviter les baignades dans l’eau chlorée des piscines, l’exposition au soleil, le port de vêtements rêches ou irritants, ainsi que les douches trop chaudes.

Par ailleurs, il est important de se préserver au mieux au cours d’une radiothérapie pour limiter la fatigue souvent associée à ce traitement. Le repos et, autant que possible, la relaxation sont de rigueur pour aider le corps à récupérer plus rapidement.

En cas de nausées, vomissements, perte d’appétit, douleurs ou gènes (quelle que soit leur localisation), il est important de consulter votre équipe médicale qui vous proposera une prise en charge adaptée.

La médecine permet aujourd’hui de contrôler efficacement la plupart des effets secondaires de la radiothérapie, et il est essentiel de ne pas négliger les symptômes, même légers, survenant au cours ou à la suite d’un traitement contre le cancer.

De nombreuses patientes peuvent être rebutées par l’idée de prendre davantage de médicaments pour contrôler les effets secondaires dus au traitement de leur cancer du sein, ou peuvent songer que ces effets secondaires ne sont pas suffisamment importants pour nécessiter une consultation.

En réalité, la prise en charge des troubles consécutifs à une radiothérapie, quelle que soit leur intensité, fait partie intégrante du traitement contre le cancer du sein et ne doit pas être négligée.

Par ailleurs, le traitement des effets secondaires dus aux irradiations n’est pas toujours médicamenteux, et il existe un vaste éventail de soins de supports pris en charge par l’Assurance Maladie pouvant être proposés aux patientes pour les aider à conserver une bonne qualité de vie sans alourdir leur traitement.

Radiothérapie du sein : les effets secondaires à l’étude

Une étude réalisée par un groupe de chercheurs britanniques a tenté de réévaluer les effets à distance d’une radiothérapie effectuée dans le cadre de la prise en charge du cancer du sein. L’étude a souhaité mettre en évidence les réels bénéfices et risques d’un tel traitement réalisé à la suite d’une chirurgie d’ablation du sein.

Afin de mesurer ces effets secondaires, les essais ont porté sur la qualité de vie des patientes atteintes de cancer du sein et traitées par radiothérapie post-mastectomie. Deux groupes de patientes âgées de plus de 18 ans et porteuses d’un cancer du sein ont été opposés. Un de deux groupes de femmes avait subi une mastectomie +/- curage axillaire (si les ganglions étaient revenus positifs) suivi d’une radiothérapie mammaire. Le second groupe, quant à lui, comprenait des femmes n’ayant pas été traitées par radiothérapie post-mastectomie.

Pour comprendre l’impact des effets secondaires des rayons chez toutes ces femmes, les scientifiques ont pris le temps d’étudier plusieurs critères : la fatigue, la forme physique, l’état général, l’état de la paroi thoracique, de l’épaule et du bras, l’état psychologique des patientes (anxiété, dépression, l’image corporelle…) et la qualité de vie générale des participantes. Ils ont également tenté de déterminer quelles patientes présentaient les chances de survie à 10 ans les plus élevées.

 

Impact de la radiothérapie post-mastectomie

Les résultats sont surprenants puisqu’ils indiquent que deux ans après les traitements du cancer du sein, aucune différence notable n’est observée au niveau de la qualité de vie générale, de l’état général et physique, et de l’état psychologique. Il en est de même pour les effets secondaires au niveau du bras ou de l’épaule.

La seule différence notable réside en des effets secondaires plus marqués au niveau de la paroi thoracique chez les patientes ayant subi une radiothérapie mammaire. Mais ces effets sont toutefois en voie d’amélioration après un ou deux ans, comme cela a été constaté dans les deux groupes de patientes.

 

Un nouveau médicament contre les formes agressives de cancers du sein

Des chercheurs de Londres ont fait une découverte capable de révolutionner le traitement des formes avancées du cancer du sein.

Le cancer du sein reste l’un des cancers les plus fréquents chez la femme. Il représente un quart de tous les cancers diagnostiqués chez la femme à travers le monde. Si les progrès en termes de traitement et de diagnostic améliorent le pronostic, les formes agressives avec métastases restent difficiles à traiter.

 

Cancer du sein agressif

Le cancer du sein de stade avancé, ou métastatique, ne peut être guéri. Cependant, de nombreux traitements existent pour tenter de ralentir la progression des cellules tumorales. Les traitements du cancer du sein agressifs ont surtout un rôle de confort puisqu’ils permettent d’améliorer la symptomatologie et la qualité de vie des patients.

La difficulté dans ce type de cancer est la résistance aux médicaments. Chez beaucoup de patientes en récidive de cancer du sein, les traitements sont moins efficaces, car les cellules cancéreuses sont devenues résistantes aux traitements.

 

Lutter contre la résistance aux thérapeutiques

Propagation cellules cancéreuses

Les traitements actuels sont surtout prescrits à visée antalgique et dépendent des caractéristiques de la tumeur, de l’historique personnel et médical de la patiente, des traitements antérieurs administrés, des symptômes présents et de l’étendue de la propagation tumorale. Ces traitements peuvent être la radiothérapie, la chimiothérapie ou l’immunothérapie.

La difficulté majeure des traitements du cancer du sein de stade avancé est la capacité des cellules tumorales à résister aux traitements. Lorsque l’on induit un traitement qui fonctionne pour diminuer la taille de la lésion, il n’est pas rare d’observer ensuite une résistance, permettant aux cellules cancéreuses de se propager.

 

Un nouveau traitement des tumeurs agressives du sein ?

Une étude récente a démontré les bénéfices d’un nouveau type de traitement pouvait être utilisé pour traiter les cancers du sein de stade avancé. Ce traitement serait utilisé pour bloquer l’évolution de la tumeur afin de surseoir à la chimiothérapie.

Cette étude s’inscrit dans la volonté de poursuivre l’amélioration de la prise en charge des cancers de sein. Elle pourrait ouvrir la voie à la conception de plusieurs médicaments pour traiter le cancer du sein agressif.

L’équipe de chercheurs de l’Institut de recherches du Cancer de Londres a donc mis en évidence le médicament BOS172722 capable d’accélérer le processus de division cellulaire des cellules cancéreuses, provoquant de ce fait des anomalies dans le fractionnement de l’ADN. Cette action permettrait de ralentir voire d’empêcher le développement et la prolifération des cellules cancéreuses. Dans ces conditions, le recours à la chimiothérapie ne serait pas nécessaire.

 

Comment ce nouveau médicament fonctionne-t-il ?

Les mécanismes de résistance aux traitements sont complexes. Le processus intervient au moment de l’évolution cellulaire. La division des cellules se déroule selon un cycle cellulaire particulier. De façon très schématique, ce cycle est constitué de deux phases :

1) La duplication des chromosomes de l’ADN de la cellule,

2) La mitose (ségrégation de deux chromosomes « filles »).

La protéine kinase Mps1 est un des acteurs majeurs de la mitose et de la division cellulaire. Elle permet de veiller au bon agencement des chromosomes durant la mitose entre les paires. Par ailleurs, elle s’assure que la division des cellules se passe au bon rythme, sans accélération précoce.

Durant cette phase, l’administration d’un médicament capable de bloquer la protéine Mps1 permet d’accélérer le processus de division des cellules cancéreuses. Ainsi, celles-ci recevront un nombre de chromosomes inapproprié, ce qui provoquera leur mort. Le médicament force donc les erreurs fatales de l’ADN de façon à détruire les cellules tumorales.

Le médicament était en cours d’essais de phase 1 à la fin de l’année 2019. La phase 2 devrait suivre rapidement. Si les résultats sont concluants, cela ouvrirait la voie vers l’élaboration de nouveaux traitements capable de contourner la résistance des cellules cancéreuses.

Cette découverte est une véritable révolution en matière de traitement des formes agressives de cancer du sein. En combinaison d’un traitement par chimiothérapie, elle représente notamment un espoir dans la lutte contre le cancer du sein triple négatif, difficile à traiter et pour lequel les traitements ne sont pas très efficaces. L’élaboration d’un nouveau traitement médicamenteux offrirait une option supplémentaire pour les patients devenus résistants à l’administration de la chimiothérapie seule. Cela pourrait permettre d’augmenter la durée de vie des patients porteurs de tumeurs avancées.

Un nouveau médicament contre les formes agressives de cancers du sein