La curiethérapie dans le traitement du cancer de l’endomètre

La curiethérapie dans le traitement du cancer de l’endomètre

- novembre 4, 2021
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La curiethérapie fait partie des stratégies thérapeutiques de référence lorsqu’il s’agit de traiter le cancer de l’endomètre. Grâce à son action ultra ciblée, on l’utilise pour détruire les cellules cancéreuses directement au contact de la masse tumorale ou en son siège. Voici ce qu’il faut connaître sur son mode de fonctionnement dans le traitement des tumeurs malignes de l’endomètre.

 

Qu’est-ce que la curiethérapie ?

La curiethérapie est une méthode de radiothérapie qui délivre son irradiation à haute dose directement au sein de la tumeur, ou à l’emplacement où elle siégeait avant son retrait en chirurgie. Contrairement aux protocoles de radiothérapie externe standards, la curiethérapie est très ciblée, ce qui limite fortement les effets secondaires précoces ou tardifs d’une irradiation.

On l’utilise généralement pour détruire les cellules tumorales pouvant persister dans le fond du vagin, après une chirurgie d’ablation de l’utérus. Cependant, il se peut que votre équipe de soins se prononce en faveur d’une curiethérapie utérovaginale afin de traiter directement la tumeur lorsque l’utérus n’a pas été retiré.

Dans le cadre du traitement du cancer de l’endomètre, on parle de curiethérapie vaginale (après chirurgie d’ablation de l’utérus) ou utérovaginale (si l’utérus est toujours en place).

Le principe de la curiethérapie repose sur l’insertion d’un composant radioactif (habituellement, de l’iridium) directement au contact de la tumeur ou de la zone à irradier. La source radioactive est introduite dans un applicateur que l’équipe de soins place dans le vagin (en cas de curiethérapie vaginale) ou dans l’utérus (en cas de curiethérapie utérovaginale).

La source radioactive libère alors des rayons durant la séance. Ceux-ci vont cibler les cellules tumorales pour les détruire. Les doses d’irradiation sont très élevées et très ciblées. En effet, s’il faut compter un grand nombre de séances pour la radiothérapie externe courante, la curiethérapie est délivrée en un nombre de séances très réduit.

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Comment se déroule la curiethérapie pour traiter le cancer de l’endomètre ?

Lors de la séance de curiethérapie, le praticien introduit l’applicateur à l’intérieur du vagin. Aucune anesthésie n’est nécessaire pour réaliser ce geste. Selon les cas, l’applicateur est de type standard ou peut être conçu selon une empreinte de votre vagin préalablement effectuée.

La position exacte de l’applicateur est contrôlée par imagerie médicale (radiographie face et profil, scanner ou IRM pelvienne). La réalisation de ces clichés est primordiale pour calculer la répartition des doses de rayons à délivrer (dosimétrie) et la durée du traitement.

Après la validation de la pose de l’applicateur et la réalisation de la dosimétrie par l’équipe, le traitement commence.

Le manipulateur en radiologie relie l’applicateur à un conteneur grâce à des câbles. Ce conteneur contient la source radioactive, il est disposé dans la salle de traitement. Puis, le conteneur projette l’élément radioactif dans l’applicateur. Cette étape est réalisée automatiquement grâce à l’équipement informatique.

Il existe différents débits de doses avec lesquels l’élément radioactif est délivré :

  • la curiethérapie à haut débit de dose ou HDR ;
  • La curiethérapie à bas débit de dose pulsé ;
  • La curiethérapie à bas débit de dose.

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La curiethérapie à haut débit de dose est celle généralement utilisée pour réaliser une curiethérapie vaginale. La source radioactive est l’iridium qui contient une activité radioactive importante. La curiethérapie HDR permet de réaliser une irradiation très courte (quelques minutes seulement) en ambulatoire et sans anesthésie. La durée totale d’une séance est d’environ 20 à 30 minutes, ce qui représente votre temps de présence au centre de radiothérapie avant de retourner à votre domicile.

La curiethérapie vaginale est délivrée en 2 à 4 séances, réalisées chacune à une semaine d’intervalle. L’équipe médicale retire l’applicateur après chaque séance d’irradiation.

Des soins locaux peuvent être prescrits par votre radiothérapeute (par exemple, des lavages vaginaux). Une consultation de surveillance est programmée avec ce dernier à la fin de votre traitement.

Vous ne présentez aucun risque de radioactivité pour vos proches.  Si l’utérus n’a pas été retiré en chirurgie, vos médecins peuvent vous proposer une curiethérapie à bas débit de dose ou à bas débit pulsé.

 

Curiethérapie vaginale : les effets secondaires possibles

Puisque la curiethérapie émet des rayons de façon très localisée, le risque d’effets secondaires est fortement diminué.

Toutefois, il arrive que certaines patientes présentent certains effets secondaires immédiats comme :

  • Une infection urinaire (qu’il est possible de prévenir grâce à des traitements et une hydratation importante) ;
  • Une mucite (inflammation de la muqueuse vaginale provoquant des pertes blanches) traitée par ovules vaginaux.

 

De façon exceptionnelle, il arrive que des effets secondaires tardifs surviennent bien après la fin du traitement :

  • douleurs pendant les rapports ;
  • Rétrécissement vaginal.

Ces signes cliniques peuvent être diminués par l’utilisation d’ovules vaginaux, de gel lubrifiant ou encore d’un dilatateur en cas de rétrécissement.

Publié par Dr. Eric Sebban
Le Docteur Eric Sebban est chirurgien gynécologue et cancérologue, spécialisé en chirurgie gynécologique, mammaire et cancérologique. [mt-bootstrap-button btn_text="Prendre rendez-vous en ligne avec le Docteur Eric Sebban" btn_url="https://goo.gl/pbV14U" btn_size="btn btn-medium" align="text-left" color="#3498db" border_color="#555555" animation="bounce"]