Les traitements du cancer de l’endomètre

Les traitements du cancer de l’endomètre

L’endomètre est le tissu qui recouvre la paroi interne de l’utérus. C’est cette muqueuse utérine qui est éliminée en fin de cycle menstruel au cours des règles, si aucun embryon n’a pas été implanté. Le cancer de l’endomètre touche environ 4 600 nouvelles patientes en France chaque année. Il est le 4e cancer le plus courant chez la femme.

Le choix de la prise en charge thérapeutique du cancer de l’endomètre est défini en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) en fonction du stade, du type, du grade, et de l’extension de cette tumeur cancéreuse. La décision est ensuite discutée avec la patiente afin de lui présenter les bénéfices et limites de ces thérapeutiques.

 

La chirurgie

Shema endometre cancerLa chirurgie est bien souvent la première option retenue dans le traitement du cancer de l’endomètre. Elle consiste à retirer l’utérus dans sa totalité, les ovaires et les trompes de Fallope : on parle alors d’hystérectomie totale avec salpingo-ovariectomie bilatérale. Cette opération est aujourd’hui souvent réalisée par laparoscopie, de façon à être la moins invasive possible pour la patiente tout en permettant des suites opératoires plus simples. Elle peut être robot-assistée.

 

Lorsque le stade du carcinome de l’endomètre est avancé, cette chirurgie peut-être complétée par d’autres interventions comme l’ablation des paramètres et du tiers supérieur du vagin, un curage des ganglions lymphatiques (lymphadénectomie pelvienne ou lomboaortique), ou encore l’exérèse de l’épiploon (omentectomie). Le curage ganglionnaire permet de s’assurer de l’absence de propagation des cellules cancéreuses. La technique du ganglion sentinelle peut être une alternative à ce curage ganglionnaire. L’omentectomie est envisagée dès lors qu’il existe un risque d’extension métastatique vers le péritoine.

 

La radiothérapie

La radiothérapie est proposée comme traitement adjuvant de la chirurgie du cancer de l’utérus. Selon le stade du cancer de l’endomètre, la patiente peut bénéficier d’une radiothérapie externe, d’une curiethérapie ou de la combinaison des deux méthodes.

La radiothérapie externe utilise des faisceaux très focalisés de rayons ionisants afin de détruire les cellules cancéreuses, en évitant les organes voisins (à risque). Les faisceaux sont dirigés au millimètre près sur la peau de la zone à traiter. Le planning de radiothérapie est personnel et étudié avec le radiothérapeute. Il comprend en général une série de séances s’étalant sur plusieurs semaines.

La curiethérapie, quant à elle, utilise les faisceaux ciblés directement à l’intérieur du corps, au contact de la zone à cibler. Le traitement par curiethérapie nécessite beaucoup moins de séances que la radiothérapie externe.

La radiothérapie peut aussi être retenue comme traitement principal du cancer de l’endomètre dans certains cas particuliers (par exemple, si la chirurgie ne peut être réalisée, ou en cas de saignements).

 

La chimiothérapie

La chimiothérapie n’est pas le principal traitement du cancer de l’utérus, en cas de cancer de l’endomètre de stade précoce. Elle peut toutefois être proposée comme traitement adjuvant dans certains cas afin de limiter les risques de récidive. La pertinence de son indication est aussi discutée lors de la RCP.

Lorsque le stade du cancer de l’endomètre est avancé, la chimiothérapie devient alors un des traitements principaux. Elle intervient dans le ralentissement de la propagation des cellules cancéreuses, et le soulagement des symptômes engendrés par la tumeur et ses métastases.

Les principales associations médicamenteuses retenues sont : Cisplatine + Adriamycin, Carboplatine +Taxol ou encore Carboplatine + Taxotere.

 

L’hormonothérapie

L’hormonothérapie est retenue dans les cas de stade avancé du cancer de l’endomètre, lorsque les cellules cancéreuses ont commencé à migrer pour former des métastases. Celui-ci est sensible aux hormones sexuelles de la femme (œstrogènes et progestérones). L’action de l’hormonothérapie permet de réduire l’activité des cellules cancéreuses afin de ralentir voire d’arrêter leur développement. Elle permet aussi de soulager les symptômes liés à la tumeur cancéreuse et ses localisations secondaires.

L’hormonothérapie est proposée pour les tumeurs lentement évolutives ou lorsque la chimiothérapie n’est pas retenue. Elle n’est pas envisagée chez les patientes ménopausées.

On rappelle que le cancer de l’endomètre est le cancer le plus courant du pelvis. Les patientes ménopausées de plus de 65 ans sont touchées dans la moitié des cas.

En règle générale, le diagnostic est réalisé à un stade encore précoce de la maladie, et permet un bon rétablissement. Cependant, dans environ 15 % des cas, le cancer de l’endomètre peut récidiver même après une prise en charge thérapeutique adaptée. Il est recommandé de consulter votre gynécologue ou médecin traitant dès l’apparition de symptômes suspects.