Un nouveau test de dépistage du cancer du col de l’utérus prometteur

Un nouveau test de dépistage du cancer du col de l’utérus prometteur

- octobre 21, 2019

L’institut Pasteur et The Journal of Molecular Diagnostics annoncent l’arrivée d’un nouveau test de dépistage du cancer du col de l’utérus pour les patientes porteuses du papillomavirus humain (HPV).

 

Diagnostic du cancer du col de l’utérus

Aujourd’hui, le diagnostic du cancer du col utérin nécessite souvent la réalisation d’examens complémentaires coûteux et pénibles. Les tests de dépistage actuels comportent la réalisation d’un frottis cervical pour analyser les cellules du col utérin. Ce frottis, s’il est associé à un dépistage moléculaire des HPV à haut risque, est tout de même suivi de colposcopies, superflues pour de nombreuses patientes. Cet examen complémentaire est préconisé pour déceler les lésions cervicales visibles à l’oeil nu.

Le nouveau test de dépistage du cancer du col de l’utérus permettrait d’obtenir des résultats rapidement. Il est plus économique pour les systèmes de santé, et éviterait d’avoir recours à des examens complémentaires invasifs et inutiles.

 

Nouveau test de dépistage du cancer du col de l’utérus : Le HPV RNA-Seq

Marc Eloit, chercheur principal dans ces travaux, informe que le HPV RNA-Seq est un test novateur qui combine analyses moléculaires (pour identifier les types de HPV) et cytologie cervicale (pour réaliser le phénotypage des cellules). Le test de dépistage du cancer du col de l’utérus HPV RNA-Seq permet d’identifier les patientes porteuses de lésions malpighiennes intra-épithéliales de haut grade (LMIEHG), stade précurseur du cancer du col utérin. Ce test a l’avantage de déterminer si une patiente est positive à une infection par HPV, mais également d’en connaître son type et ainsi, savoir si celle-ci présente un risque accru d’évolution cancéreuse. L’enjeu est de taille, puisque ce double test serait capable de réaliser un meilleur diagnostic des états précancéreux à haut risque.

Le HPV RNA-Seq révèle des marqueurs de cytologie de haut grade. C’est elle qui permet un triage rapide des patientes atteintes de HPV. Or, le dépistage du cancer du col de l’utérus est aujourd’hui basé sur l’analyse histologique, plus invasive, et plus lente. Les performances en matière de diagnostic du cancer du col de l’utérus sont donc prometteuses.

Ces résultats sont d’autant plus encourageants qu’ils révèlent une capacité de valeur prédictive positive systématiquement supérieure aux méthodes classiques. Le test HPV RNA-Seq présente un sérieux avantage pour le diagnostic du cancer du col de l’utérus.

 

HPV RNA-Seq : méthode et avantages

L’étude a porté sur les échantillons de 55 patientes, dont 28 étaient porteuses de lésions malpighiennes intra-épithéliales de bas grade, et 27 de lésions précancéreuses. Le HPV RNA-Seq a détecté l’infection par HPV, et a réussi à désigner les différents types parmi les 16 types à haut risque. Les résultats sont supérieurs à ceux obtenus grâce au diagnostic moléculaire d’ADN de HPV classique, utilisé fréquemment, puisqu’il a pu dépister des infections chez un nombre plus élevé de patientes.

Par ailleurs, le HPV RNA-Seq a permis de mettre en évidence une sensibilité de 97,3 %, et une valeur prédictive négative de 93,8 %. Pour un dépistage du cancer du col de l’utérus efficace, la sensibilité (détection de présence d’un HPV) et la valeur prédictive négative (probabilité d’absence de HPV) doivent être élevées. Comme le rappelle le Pr Eloit, les patientes HPV-négatives ne sont en règle générale pas testées à nouveau avant quelques années.

Le test de dépistage du cancer du col de l’utérus HPV RNA-Seq présente de nombreux avantages. Il pourrait éviter d’avoir recours aux colposcopies, examen superflu chez certaines patientes. Il pourrait également faire baisser le coût des examens liés au diagnostic du cancer du col de l’utérus en cas d’utilisation simultanée sur plusieurs échantillons. Enfin, le HPV RNA-Seq pourrait très bien être utilisé pour le dépistage d’autres cancers liés aux HPV, comme le cancer de l’anus.

Le test serait, de plus, adaptable aux formats de tests moléculaires classiques, ce qui fait du HPV RNA-Seq une solution souple, fiable, et économique.

 

Sources :

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1525157818304781

https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/documents-presse/cancer-du-col-uterus-nouveau-test-mieux-evaluer-risque

Publié par Dr. Eric Sebban
Le Docteur Eric Sebban est chirurgien gynécologue et cancérologue, spécialisé en chirurgie gynécologique, mammaire et cancérologique. [mt-bootstrap-button btn_text="Prendre rendez-vous en ligne avec le Docteur Eric Sebban" btn_url="https://goo.gl/pbV14U" btn_size="btn btn-medium" align="text-left" color="#3498db" border_color="#555555" animation="bounce"]