Les Examens du diagnostic du cancer de l’ovaire

Les Examens du diagnostic du cancer de l’ovaire

- octobre 2, 2018
Les Examens du diagnostic du cancer de l’ovaire
5 (100%) 1 vote

Cancer de l’ovaire : quels symptômes ?

Le cancer de l’ovaire apparaît le plus souvent après la ménopause (âge moyen du diagnostic : 65 ans). Il est souvent diagnostiqué à un stade tardif.

Cela est dû à des symptômes peu fréquents, frustes, non spécifiques (gynécologiques, mais aussi digestifs) et évoluant le plus souvent à bas bruit. Les tumeurs ovariennes sont donc le plus souvent de découverte fortuite lors d’une échographie, d’un examen radiologique ou examen gynécologique réalisé à titre systématique.

Les principaux symptômes révélateurs d’un cancer de l’ovaire sont :

  • Une sensation de gêne ou de pesanteur pelvienne (bas du ventre)
  • Des règles irrégulières
  • Une constipation, une perte d’appétit, ballonnements, douleurs à l’estomac
  • Des troubles urinaires

Ces symptômes sont souvent d’apparition brutale puis évoluant sur plusieurs semaines.

Les antécédents familiaux de cancers de l’ovaire sont un facteur de risque de développer la maladie.

Les méthodes de diagnostic du cancer de l’ovaire :

Contrairement au cancer du sein ou celui du col de l’utérus, il n’existe pas de dépistage systématique du cancer de l’ovaire.

Lorsqu’un kyste ou autre masse est découvert à l’examen clinique ou à l’échographie, la distinction entre une tumeur bénigne (tel un kyste ovarien) ou maligne (cancer de l’ovaire) est difficile et une exploration chirurgicale afin d’effectuer des biopsies sera nécessaire.

Tout symptôme évocateur doit faire consulter un chirurgien gynécologue qui réalisera :

  • Un interrogatoire à la recherche de tout signe mentionné ci-dessus ainsi que les antécédents personnels ou familiaux de cancer.
  • Un examen clinique comprenant un examen gynécologique avec examen des seins, un examen sous spéculum ainsi qu’un toucher vaginal (qui doit se faire idéalement vessie et rectum vides) à la recherche d’une masse palpable.
  • Une échographie sus-pubienne (sonde d’échographie placée sur la partie inférieure de l’abdomen) et endovaginale (sonde placée à l’intérieur du vagin). L’échographie est un examen d’imagerie utilisant des ondes ultrasonores à haute fréquence. Il s’agit d’un examen indolore qui présente d’excellentes capacités de visualisation des kystes ovariens. Le kyste correspond à toute lésion anormale de l’ovaire, qui peut s’avérer bénigne (sans gravité, dans plus de 65% des cas) ou maligne (cancéreuse).

L’évaluation de certains signes échographiques tels que la taille, la forme, le contenu solide ou liquidien, permettent de distinguer un kyste bénin d’une tumeur maligne à l’œil nu dans près de 90% des cas. La présence de signes indirects de malignité comme de l’ascite (liquide anormal présent dans la cavité abdominale) ou l’envahissement d’organes de voisinages (utérus, trompes) peuvent orienter le diagnostic.

 

Echographie par voie transvaginale et transabdominale

 

  • L’IRM (Imagerie par Résonnance Magnétique) abdomino-pelvienne : Cet examen de radiologie non-invasif et n’exposant à aucune radiation, n’est prescrit qu’en cas de doute à l’échographie entre kyste bénin et tumeur maligne. Il est réalisé à l’hôpital ou en cabinet de radiologie et ne dure que quelques minutes (30 minutes environ). La patiente, allongée sur une table d’imagerie passera dans un anneau permettant de diffuser le champ magnétique. L’IRM est parfaitement indolore, mais peut nécessiter l’injection de produit de contraste par les veines (Gadolinium) pendant l’examen. Les appareils d’IRM sont souvent assez bruyants, un casque pourra être proposé pendant l’examen.

L’IRM permet d’obtenir des images en coupes du corps humain, d’évaluer avec plus de précision la lésion ainsi que de faire le bilan d’extension de la maladie, localement (utérus, trompes, rectum, vessie) et à distance (métastases).

  • Dosage sanguin des marqueurs tumoraux (CA 125, CA 19-9) : Si leur taux élevé est un signe en faveur d’une tumeur maligne, ils ne permettent pas d’affirmer la présence de cancer. Ils seront un facteur important à prendre en compte en cas de doute à l’échographie et pourront orienter sur l’origine du cancer (ovarienne ou intestinale étendue à l’ovaire).
  • La biopsie est le seul examen permettant de confirmer la présence du cancer grâce à un examen anatomopathologique des prélèvements de tissu ovarien.

Celui-ci permettra de conclure sur : le type histologique (type de cellules impliquées), son stade (jusqu’où les cellules cancéreuses se sont propagées en profondeur), et de son grade (= degré d’agressivité). La biopsie ne peut être obtenue que par voie chirurgicale, par prélèvement d’un morceau de tissu ovarien.

Ainsi, à l’issue de l’échographie, trois situations peuvent se présenter face à la découverte d’une masse ovarienne :

  • Soit il existe suffisamment d’arguments cliniques et échographiques en faveur d’une masse bénigne, auquel cas l’on prescrira uniquement une surveillance rapprochée.
  • Soit le diagnostic est incertain ou plus probablement celui d’une tumeur bénigne : une IRM sera réalisée, suivie le plus souvent d’une cœlioscopie dite « exploratrice ». La cœlioscopie est une intervention chirurgicale réalisée à l’aide de caméras qui permettent d’explorer la cavité abdomino-pelvienne par de toutes petites incisions abdominales.
  • Soit le diagnostic est très probablement celui d’un cancer de l’ovaire: une laparotomie exploratrice sera réalisée accompagnée d’un bilan d’extension (voir ci-dessous). La laparotomie est une intervention chirurgicale lors de laquelle une large incision de la paroi abdominale est réalisée pour accéder directement à l’ovaire.

Laparoscopie et laparotomie

En cas de diagnostic de cancer de l’ovaire confirmé 

Un bilan d’extension pour établir la sévérité de la maladie est réalisé. Celui ci pourra comprendre :

  • Une IRM pelvienne: si elle n’a pas été réalisée avant la biopsie.
  • Un scanner Thoraco-Abdomino-Pelvien (dit scanner TAP) : le scanner, aussi appelé tomodensitométrie, est un examen d’imagerie non douloureux, mais irradiant (utilisation de rayon X), permettant d’obtenir des images en coupes du corps humain. Le scanner est réalisé à l’hôpital ou en cabinet de radiologie et ne dure que quelques minutes. Il peut nécessiter une perfusion, uniquement pendant la durée de l’examen, pour l’injection de produit de contraste iodé, afin de mieux visualiser les vaisseaux et les tissus. Cet examen permet d’évaluer l’extension locale de la tumeur ainsi que de dépister l’éventuelle dissémination à distance (métastases).
  • Une échographie du foie associée à une radiographie des poumons pourra remplacer le scanner si une IRM pelvienne a été réalisée au préalable.
  • Un TEP-scan (Tomographie par Émission de Positons) : cet examen d’imagerie consiste à injecter une molécule (glucose/sucre) très faiblement radioactive qui a les propriétés de fixer les organes envahis par le cancer (les cellules tumorales prolifèrent beaucoup plus que les cellules normales et consomment donc davantage de glucose). Cette molécule, appelée traceur, est ensuite visible à l’imagerie et permet de faire le bilan d’extension de la maladie.
  • Une prise de sang pour quantification initiale des marqueurs hormonaux tumoraux (CA 125, ACE, CA 19-9, HCG, Alpha-foeto-protéïne).

 

Une consultation d’oncogénétique est proposée à toutes les femmes diagnostiquées de moins de 70 ans. On estime qu’une cause génétique est retrouvée dans 1 cas sur 10.

 

BIBLIOGRAPHIE :

  1. Guide HAS ALD30- Cancer de l’ovaire :

https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_922802/fr/ald-n-30-cancer-de-l-ovaire

  1. Institut National du Cancer : Cancer de l’ovaire : les points clés

http://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-de-l-ovaire/Points-cles

  1. https://www.fondation-arc.org/cancers-ovaire-symptomes-et-diagnostic
  2. Iconographie : 
    1. Action Fibrome : https://www.actionfibrome.fr/fibrome-uterin-diagnostic/
    2. CHU Qébec : https://www.chudequebec.ca/patient/maladies,-soins-et-services/traitements-et-examens/traitements/chirurgie-colorectale.aspx
Publié par Docteur Eric Sebban