Les modalités de diagnostic du cancer de l’ovaire

Les modalités de diagnostic du cancer de l’ovaire

- avril 8, 2018
Les modalités de diagnostic du cancer de l’ovaire
Notez cet article

Comment le cancer de l’ovaire est-il suspecté ?

Les symptômes propres aux cancers de l’ovaire sont variés, il peut s’agir de pesanteur pelvienne, de douleurs ou d’inconfort abdominal, de saignements inhabituels, d’une augmentation progressive du volume de l’abdomen ou d’une fatigue importante.

A l’interrogatoire, le médecin recherche chez la patiente la présence de facteurs de risque du cancer de l’ovaire :

  • L’âge : aux alentours de 60-70 ans,
  • Un antécédent familial de cancer de l’ovaire ou du cancer du sein d’une part, et de cancer colorectal d’autre part (mutations génétiques BRCA1 ou 2, et syndrome de Lynch),
  • Le fait de ne pas avoir eu d’enfant,
  • L’apparition de règles à un âge précoce (moins de 11 ans),
  • L’arrivée de la ménopause à un âge avancé (au-delà de 55 ans).

 

Toutefois, il n’existe aucun signe spécifique de cancer de l’ovaire. Le plus souvent, le cancer de l’ovaire ne fait apparaître aucun symptôme, particulièrement si la maladie est à un stade précoce.

Le médecin réalise au terme de l’interrogatoire, un examen physique complet incluant les touchers pelviens et la palpation des aires ganglionnaires, avant de programmer des examens complémentaires.

 

Quels sont les examens d’imagerie à réaliser ?

En première intention, une échographie pelvienne par voie sus-pubienne et endovaginale est proposée, cet examen permettra de mettre en évidence la présence d’une tumeur ovarienne. Il s’agit d’un examen non irradiant et non douloureux.

Pour l’échographie « endovaginale », le médecin radiologue place sa sonde dans la cavité vaginale pour mieux voir les organes profonds que sont l’utérus, les ovaires et le rectum.

Dans quelques cas, lorsque le résultat de l’échographie est équivoque, et que le diagnostic ne peut être fait à l’échographie, une IRM pourra être demandée.

Le TEP-TDM n’est pas un examen recommandé pour cette pathologie.

 

Dosage des marqueurs tumoraux – Quel bilan sanguin vous sera prescrit ?

Le CA-125 (Carbohydrate Antigène 125) est un antigène secrété par l’organisme lors d’un cancer de l’ovaire. La concentration de cet antigène augmente dans le sang.

Néanmoins, l’augmentation de la concentration de cet antigène n’est pas spécifique au cancer de l’ovaire et son dosage peut augmenter dans le sang lors de situations bénignes (grossesse, règles …) ou en relation avec d’autres pathologies tumorales.

Bilan sanguin cancer des ovaires

Le CA-125 reste l’un des marqueurs utiles pour suivre la progression de la maladie lors du traitement du cancer de l’ovaire.

Le bilan sanguin pourra analyser d’autres marqueurs tumoraux :

  • Dosage de l’antigène carcino-embryonnaire (ACE),
  • Dosage de la gonadotrophine chorionique humaine (HCG ou ß-HCG)
  • Dosage de l’alpha-fœtoprotéine (AFP)
  • Dosage CA 19.9

 

Des valeurs élevées de ces dosages pourraient indiquer la présence d’un cancer de l’ovaire, d’une tumeur germinale de l’ovaire ou d’une autre pathologie bénigne.

D’autres examens peuvent-ils être réalisés ?

Si des métastases ovariennes liées à un autre cancer (plutôt qu’un cancer primitif des ovaires) sont suspectées, une autre tumeur maligne doit être recherchée.

Une coloscopie, une fibroscopie gastrique, un examen détaillé des seins pourront alors être demandés.

 

Quels examens vont être demandés s’il existe une forte suspicion de cancer ovarien ?

Un scanner, ou tomodensitométrie, du thorax (remplaçant ainsi la radiographie pulmonaire), de l’abdomen et du pelvis pourront être réalisés afin de rechercher d’éventuelles localisations à distance de la tumeur.

Il s’agit d’un examen rapide et non douloureux.

 

Comment le diagnostic formel est-il posé ?

Comme pour tout cancer, le diagnostic final est anatomopathologique et nécessite une biopsie de la tumeur.

Dans cette maladie, la biopsie est le plus souvent réalisée au cours d’un geste chirurgical, par laparotomie (ouverture de l’abdomen), au bloc opératoire sous anesthésie générale.

Mais souvent, la patiente est opérée pour un kyste de l’ vaire plus ou moins suspect et le diagnostic repose donc sur une intervention mini invasive, la coelioscopie, qui permet de visualiser l’ ensemble de la cavité abdominale et en même temps qui permet d’ effectuer des prélèvements ovariens ou d’ autres tissus qui permettront de faire le diagnostic.

Si le chirurgien identifie une masse suspecte ovarienne isolée, le prélèvement sera effectué sur la tumeur en elle-même. Si le péritoine est atteint, des prélèvements du tissu péritonéal seront effectués.

Enfin, si il existe une accumulation importante de liquide dans la cavité péritonéale, une « ascite » en langage médical , un prélèvement de ce liquide, ou paracentèse, peut être réalisé afin de l’examiner et de déterminer s’il contient des cellules péritonéales. Ce geste peut se faire sous anesthésie locale.

Publié par Docteur Eric Sebban