Le curetage de l’utérus (ou curetage de l’endomètre) est un geste chirurgical que l’on pratique en cas d’IVG, de fausse couche, mais aussi pour réaliser des prélèvements biopsies dans le cadre du diagnostic du cancer de l’endomètre. Quel est le déroulement du curetage de l’utérus ? Pourquoi cet examen est-il nécessaire ? Quelle est la convalescence ?
Curetage de l’utérus : qu’est-ce que c’est ?
Le curetage de l’utérus est une intervention pratiquée par un chirurgien gynécologique et qui consiste à gratter la muqueuse tapissant l’utérus : l’endomètre. Il se déroule par voie naturelle (vagin, puis col utérin). Le curetage utérin permet de retirer des échantillons de tissu utérin à l’aide d’une curette, ou d’enlever certaines lésions ou certains contenus présents au sein de l’utérus.
Plusieurs indications peuvent motiver un curetage :
- Il s’agit d’un geste réalisé en urgence dans un but thérapeutique en cas d’Intervention Volontaire de Grossesse (IVG) ou d’hémorragies après une fausse couche précoce.
- Il est aussi préconisé pour réaliser des biopsies dans le cadre du diagnostic du cancer de l’utérus, notamment chez les femmes ménopausées. Dans ces conditions, il est réalisé de façon conjointe avec une hystéroscopie.
- On peut aussi avoir recours au curetage utérin dans un but diagnostique en cas de polype ou d’hyperplasie.
- Il est aussi utilisé pour préparer l’endomètre avant une procédure de Procréation Médicalement Assistée (PMA).
Curetage utérus après une fausse couche : dans quels cas est-il nécessaire ?
La fausse couche est une épreuve douloureuse, physiquement et émotionnellement. Si la plupart des fausses couches précoces s’évacuent naturellement, ce n’est pas toujours le cas. Lorsque l’évacuation est incomplète -c’est-à-dire que des résidus trophoblastiques persistent dans l’utérus- un curetage peut être indiqué pour prévenir tout risque infectieux ou hémorragique.
Le curetage utérin après fausse couche peut être réalisé par aspiration ou par curetage chirurgical selon la situation clinique. Il est pratiqué sous anesthésie locorégionale ou générale, en ambulatoire, et dure en général une vingtaine de minutes. Le retour à domicile le jour même est possible dans la grande majorité des cas.
Il est important de rappeler que le curetage après fausse couche ne compromet pas la fertilité ultérieure. Si vous traversez cette période, n’hésitez pas à en parler ouvertement avec votre chirurgien gynécologue, qui pourra vous accompagner aussi bien sur le plan médical que sur le suivi psychologique. Pour en savoir plus sur la grossesse et votre fertilité après un curetage.
Cancer de l’endomètre : diagnostic
En France, le cancer de l’endomètre est l’un des cancers gynécologiques les plus fréquents, et représente le 5e cancer chez la femme après le cancer du sein, le cancer du côlon, le cancer du poumon et les tumeurs de la peau.
Le cancer de l’endomètre ne bénéficie pas, en France, d’un dépistage systématique, contrairement au cancer du col de l’utérus ou du cancer du sein. C’est pourquoi il est très important d’être à l’écoute de son corps afin de repérer le plus rapidement possible les symptômes inhabituels et consulter votre médecin au plus tôt.
Le diagnostic du cancer de l’utérus repose sur la consultation médicale avec interrogatoire sur les symptômes du cancer de l’endomètre et examen clinique gynécologique, une échographie pelvienne (et possiblement, une échographie endovaginale), une IRM pelvienne et des prélèvements biopsies de l’endomètre par curetage.
Lire aussi notre article sur les facteurs de risques du cancer de l’endomètre
Curetage utérus à la ménopause : pourquoi est-il plus souvent prescrit après 50 ans ?
Après la ménopause, les saignements vaginaux ne sont plus normaux. Toute métrorragie (saignement en dehors des règles) ou tout saignement post-ménopausique doit conduire à une consultation gynécologique sans tarder. Ce symptôme est en effet l’un des signes d’alerte les plus courants du cancer de l’endomètre, qui touche en priorité les femmes entre 60 et 70 ans comme d’autres possibles symptômes du cancer de l’endomètre à la ménopause.
C’est dans ce contexte que le curetage utérus à la ménopause prend tout son sens : il permet de prélever des cellules de la muqueuse utérine pour les analyser en laboratoire et confirmer ou infirmer la présence de cellules cancéreuses ou précancéreuses.
Curetage endomètre épais à la ménopause : quand faut-il s’inquiéter ?
Lors d’une échographie pelvienne, le médecin mesure l’épaisseur de l’endomètre. Après la ménopause, un endomètre épais — généralement défini par une épaisseur supérieure à 4 ou 5 mm — est considéré comme anormal et justifie des explorations complémentaires.
Un endomètre épais à la ménopause peut être le signe d’une hyperplasie de l’endomètre (prolifération excessive de la muqueuse), d’un polype utérin, ou plus rarement d’un cancer de l’endomètre débutant (le stade et grade du cancer de l’endomètre pourront être établis lors du diagnostic). Le curetage biopsique de l’endomètre, souvent couplé à une hystéroscopie diagnostique, permet d’analyser avec précision ce tissu utérin épaissi et de poser un diagnostic fiable.
Un endomètre épais détecté à l’échographie après la ménopause n’est pas systématiquement synonyme de cancer, mais il ne doit jamais être ignoré. Un avis spécialisé rapide est essentiel pour votre tranquillité d’esprit et votre santé.
Curetage biopsique de l’endomètre : en quoi consiste cet examen ?
Le curetage biopsique de l’endomètre est la forme de curetage la plus couramment réalisée dans un contexte diagnostique, notamment pour les femmes de plus de 50 ans présentant des saignements anormaux ou un endomètre épaissi à l’échographie.
Concrètement, le praticien introduit une fine curette (instrument médical recourbé et tranchant) par le col de l’utérus, sans incision. Il gratte délicatement la muqueuse utérine afin de prélever de petits fragments de tissu endométrial, qui seront ensuite envoyés en anatomopathologie pour analyse au microscope.
Ce geste est souvent réalisé en combinaison avec une hystéroscopie diagnostique, qui permet au chirurgien de visualiser directement l’intérieur de la cavité utérine grâce à une mini-caméra. Cette double approche garantit une exploration complète et des prélèvements ciblés dans les zones suspectes.
Déroulement d’un curetage de l’utérus
Le geste est très rapide puisqu’il ne dure que 15 ou 30 minutes. Il est pratiqué sous anesthésie locorégionale ou générale, selon votre état de santé général et les recommandations du médecin anesthésiste consulté quelques jours avant l’intervention.
Le curetage est réalisé au bloc opératoire en ambulatoire : vous entrez dans l’établissement de soins le matin et pouvez repartir le soir même. Le curetage de l’endomètre est réalisé par voie naturelle en position gynécologique, comme lors d’une consultation chez le gynécologue. Le chirurgien prend place face à l’utérus et dilate le col à l’aide d’instruments aux diamètres progressifs : il s’agit des bougies de Hegar.
Puis, il procède au curetage :
- Curetage par aspiration : le praticien insère une canule dans le vagin pour aspirer le contenu de l’utérus.
- Curetage biopsique : le praticien gratte légèrement la paroi de l’endomètre pour prélever des échantillons à l’aide d’une curette.
Suite du geste et convalescence
Après l’intervention, des douleurs légères peuvent être ressenties. Des antalgiques seront prescrits pour vous assurer le meilleur confort possible.
Pendant une semaine à 10 jours, des saignements peuvent perdurer. Ce phénomène est tout à fait normal et devrait disparaître spontanément. Si les saignements durent plus longtemps, s’ils sont abondants, ou si vous présentez d’autres symptômes comme une fièvre au-delà de 38,5°, des douleurs importantes ou des vomissements, n’hésitez pas à contacter votre chirurgien gynécologue sans attendre.
L’arrêt de travail n’est pas systématique, selon le type de profession exercée par la patiente (poste sédentaire ? Travail physique et pénible ? Longs trajets en voiture ? etc.). Durant la semaine qui suit la procédure, il est fortement recommandé d’éviter les bains et les piscines, ainsi que les rapports sexuels.
Symptômes après curetage utérus : ce qui est normal et ce qui doit alerter
Il est tout à fait normal de ressentir certains inconforts dans les jours qui suivent un curetage utérin. Les symptômes habituels après curetage utérus comprennent :
- Des crampes abdominales comparables à des douleurs de règles, atténuées par un antalgique simple (paracétamol) prescrit par votre médecin ;
- Des saignements ou pertes rosées à brunâtres pendant 5 à 10 jours ;
- Une légère fatigue dans les 24 à 48 heures suivant l’anesthésie.
En revanche, certains symptômes à surveiller après curetage de l’utérus doivent vous inciter à contacter rapidement votre chirurgien gynécologue :
- Des saignements abondants (nécessitant plus d’une protection par heure) ;
- Une fièvre supérieure à 38,5°C, qui peut signaler une infection ;
- Des douleurs pelviennes intenses et persistantes, non soulagées par les antalgiques ;
- Des pertes malodorantes.
Si vous éprouvez le moindre doute sur votre récupération après un curetage, ne tardez pas à consulter. Il vaut toujours mieux un appel de trop qu’une complication traitée trop tard.
Curetage utérus et arrêt de travail : combien de temps ?
La question de l’arrêt de travail après un curetage utérin revient très souvent, notamment chez les femmes actives qui souhaitent planifier leur reprise au mieux. La durée de l’arrêt de travail dépend avant tout de la nature de votre activité professionnelle et de votre état de santé général.
- Poste de bureau ou télétravail : dans la plupart des cas, un arrêt de 2 à 3 jours est suffisant. Certaines patientes reprennent dès le lendemain si elles se sentent bien.
- Profession à contraintes physiques (travail debout prolongé, port de charges, déplacements fréquents) : un arrêt de 5 à 7 jours est généralement recommandé pour éviter toute fatigue ou saignement aggravé.
- Professions exposées à des risques infectieux : votre médecin évaluera au cas par cas.
Dans tous les cas, c’est votre chirurgien ou votre anesthésiste qui délivrera l’arrêt de travail adapté à votre situation lors de la consultation pré-opératoire ou en salle de réveil. N’hésitez pas à aborder ce sujet en amont afin d’organiser au mieux votre reprise d’activité.
Risques de complications après un curetage de l’utérus
Comme tout geste chirurgical, le curetage de l’utérus comporte quelques risques, rares, de complications.
Les risques inhérents à cette intervention concernent essentiellement une allergie au produit utilisé pour l’anesthésie, et une blessure possible dans l’utérus pendant le curetage.
Curetage utérus effets secondaires : ce que vous devez savoir avant l’intervention
Au-delà des risques chirurgicaux rares, il existe des effets secondaires du curetage utérus qui, bien que bénins dans la grande majorité des cas, méritent d’être connus pour mieux les anticiper.
- Nausées et vertiges au réveil de l’anesthésie générale ou locorégionale, fréquents et temporaires ;
- Sensations de ventre gonflé ou ballonnements dans les heures suivant l’intervention ;
- Légères irrégularités du cycle menstruel lors des premiers cycles suivants (pour les femmes non ménopausées) ;
- Synéchies utérines (adhérences internes) dans de rares cas, notamment après un curetage répété. Cette complication, appelée syndrome d’Asherman, peut être traitée par hystéroscopie opératoire.
La majorité des femmes tolèrent très bien le curetage utérin et ne présentent aucun effet secondaire durable. Le suivi post-opératoire avec votre chirurgien gynécologue permet de s’assurer d’une bonne récupération et d’interpréter correctement les résultats anatomopathologiques.
In fine, quelle suites après un curetage de l’utérus?
Ce geste ne provoque ni traumatismes ni soucis particuliers dans les suites. Il est d’ailleurs tout à fait possible d’envisager une grossesse après un curetage. On l’utilise d’ailleurs chez certaines femmes qui envisagent une PMA afin de préparer l’utérus.
En cas de résultats positifs à la biopsie révélant la présence d’une tumeur utérine, des examens complémentaires peuvent être demandés et votre médecin présentera votre dossier au cours d’une RCP pour envisager une prise en charge thérapeutique adaptée rapide.
À propos de l'auteur
Dr. Éric Sebban
Chirurgien gynécologique, sénologue et cancérologue à Paris
- Institut du Sein Henri Hartmann - Membre fondateur
- Centre de Chirurgie de la Femme Paris - Co-fondateur
- Pôle cancérologique - Groupe Ambroise Paré / Hartmann
Membre fondateur AFACS · Membre SFSPM · Membre SFOG · Membre SFCP