Alcool et cancer du sein : un risque accru ?

Alcool et cancer du sein : un risque accru ?

- février 3, 2021

La consommation d’alcool est un des facteurs de risque du cancer. Pourtant, son caractère cancérigène est souvent mal évalué par le grand public. Beaucoup de femmes sous-estiment le risque accru de cancer du sein imputable à l’alcool. Ce risque est pourtant présent avec une petite quantité d’alcool consommé. Les infos à retenir pour une meilleure prévention du cancer du sein,

Alcool : facteur de risque du cancer du sein

Si les effets néfastes de la consommation d’alcool sur l’organisme semblent bien intégrés, on ne soupçonne pas toujours son implication dans des pathologies cancéreuses en dehors du foie, comme le cancer du sein. Or, l’alcool est bien cancérigène.

Une étude britannique publiée dans le British Medical Journal en mars 2020 fait d’ailleurs état d’une réelle méconnaissance du sujet. Seulement 20 % des femmes interrogées (sur un panel de 205 femmes) reconnaissent l’alcool comme étant un facteur de risque du cancer. On estime pourtant que 28 000 cas de cancer seraient imputables à l’alcool en France en 2015. Sur ces 28 000 diagnostics, 8 100 sont des cancers du sein.

Le Centre International de la Recherche contre le Cancer (CIRC) a d’ailleurs bien identifié l’alcool comme cancérigène avéré depuis 1988.

 

L’alcool augmente le risque de cancer, même à faible dose

L’alcool augmente le risque de plusieurs cancers. Il est notamment responsable de cancers de la cavité buccale, du foie, de l’œsophage, du pharynx, du côlon, du rectum et du sein.

Comme le soulignent, à juste titre, certains scientifiques à travers la littérature, il n’existe pas de consommation éthylique dénuée de tout risque cancérigène. Le risque n’est pas présent uniquement en cas de consommation excessive. Boire un verre d’alcool par jour suffit à augmenter le risque d’apparition d’un cancer du sein de 10 %. La consommation légère à modérée présente donc plus de chances de voir apparaître une tumeur maligne. En cause : l’éthanol présent dans les boissons alcoolisées, peu importe son type (bière, vin, whisky…).

Cette donnée est bien sous-estimée par les Français, puisque seulement 58,4 % d’entre eux considèrent qu’une consommation modérée augmente le risque de cancer. Pourtant, ce facteur de risque n’est pas négligeable puisque l’alcool est le second facteur de risque évitable du cancer du sein, après le tabac.

 

Alcool et ADN

dna et alcoolL’alcool est transformé en acétaldéhyde après avoir été filtré par le foie. Cette substance endommage les chromosomes et détériore les brins d’ADN, ce qui peut provoquer des lésions cancéreuses sur plusieurs zones du corps humain, comme le sein. Ce type de perturbations peut advenir même en présence d’une consommation modérée d’alcool. Cependant, une consommation excessive engendre des anomalies supplémentaires (stress oxydatif, inflammation, perturbation métabolique) qui, en cas de répétition, sont un terrain propice au développement d’une tumeur cancéreuse.

 

 

Quantité d’alcool et cancer du sein

Malgré la bonne connaissance de tous ces processus par le milieu scientifique, on observe une méconnaissance totale ou un déni du grand public. Les Français sous-estiment énormément les effets de l’alcool sur l’organisme, notamment sa corrélation avec l’apparition du cancer du sein. Les messages préventifs sont peu explicites sur le sujet et ont peu d’impact.

Il existe en effet peu de communication de la part des autorités de santé. Des campagnes de sensibilisation sont mises en place pour informer la population face aux dangers de l’alcool. Toutefois, elles parlent peu des risques accrus de cancer. On y parle surtout de comportements à risque, au sens général.

Santé Publique France a lancé une campagne de sensibilisation face au risque de cancer en recommandant de ne pas dépasser « 2 verres par jour, et pas tous les jours ».

 

Afin de donner quelques repères clairs aux Français, voici les recommandations exactes :

« Les nouveaux repères de consommation d’alcool maximum 10 verres par semaine, maximum 2 verres par jour, des jours dans la semaine sans consommation. »”

Il faut garder à l’esprit qu’il s’agit ici uniquement de points de repère permettant d’obtenir un risque moins élevé, et non de seuils limites en dessous desquels le risque de cancer est existant.

Cette communication est tout à fait représentative du problème pointé du doigt par les spécialistes de santé. Elle évoque très peu le risque accru de cancer, les informations restent malgré tout cantonnées aux risques généraux sur la santé du patient.

La prévention du cancer du sein passe aussi par une bonne sensibilisation des femmes. Une communication adéquate faisant état des risques sur le cancer du sein permettrait une réduction de la consommation d’alcool qui reste l’un des facteurs évitables les plus importants du cancer.

 

Pour aller plus loin :

https://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Reduire-les-risques-de-cancer/Alcool

Publié par Dr. Eric Sebban
Le Docteur Eric Sebban est chirurgien gynécologue et cancérologue, spécialisé en chirurgie gynécologique, mammaire et cancérologique. [mt-bootstrap-button btn_text="Prendre rendez-vous en ligne avec le Docteur Eric Sebban" btn_url="https://goo.gl/pbV14U" btn_size="btn btn-medium" align="text-left" color="#3498db" border_color="#555555" animation="bounce"]