Cancer du sein triple négatif : diagnostic et traitements

Cancer du sein triple négatif : diagnostic et traitements

Les progrès en matière de diagnostic du cancer du sein permettent aujourd’hui de classifier les différentes tumeurs malignes. Les cancers du sein les plus fréquents sont hormono-dépendants (c’est-à-dire que les hormones jouent un rôle dans la prolifération des cellules cancéreuses), et permettent ainsi des traitements ciblés.

De nature plus agressive que les autres, et semblant moins réceptif aux traitements ciblés, le cancer du sein triple négatif représente environ 17 % des cancers du sein. Il toucherait plus particulièrement les femmes de moins de 40 ans non ménopausées.

 

Le diagnostic du cancer du sein triple négatif

Comme pour tout cancer du sein, le dépistage doit se faire sur la base de plusieurs examens : examen physique, et mammographie de dépistage. Les antécédents personnels et familiaux seront également recherchés. Ces premiers examens peuvent être complétés, en cas d’anomalie, par des examens complémentaires : échographie mammaire, biopsie mammaire, bilan sanguin, IRM, etc.

Mais c’est avec la biopsie que le diagnostic de cancer du sein triple négatif sera posé.

L’analyse immunohistochimique du statut des récepteurs hormonaux des cellules permet de diagnostiquer le cancer du sein triple négatif.

Cette analyse est effectuée par un laboratoire anatomopathologique sur une pièce de biopsie mammaire, qu’elle soit réalisée dans le cadre des examens complémentaires ou après analyse des tissus de la pièce opératoire.

Les trois éléments recherchés afin de pouvoir poser le diagnostic du cancer du sein triple négatif sont :

  • les récepteurs d’œstrogène,
  • les récepteurs de progestérone,
  • les récepteurs de la protéine HER2.

 

En l’absence de réponse de ces trois éléments (s’ils reviennent négatifs), on peut alors parler de cancer du sein triple négatif. Les cellules cancéreuses ne sont alors pas sensibles et influencées par les hormones.

 

Particularités du cancer du sein triple négatif

Le cancer du sein triple négatif est diagnostiqué le plus souvent chez des femmes jeunes et non ménopausées (moins de 40 ans), les femmes d’origine asiatique ou africaine.

Beaucoup de cancers du sein triple négatif sont diagnostic entre deux mammographies de dépistage régulièrement programmées, on parle alors de « cancer d’intervalle », ce qui requiert la plus grande vigilance.

Le cancer du sein triple négatif ne surexprime donc aucun des récepteurs hormonaux (œstrogène, progestérone) ni le récepteur HER2.

Il correspond à un statut immunohistochimique : les cellules cancéreuses ne contiennent aucun marqueur connu en leur surface, capable de répondre à une thérapie ciblée connue.

Le cancer du sein triple négatif regroupe ainsi plusieurs sortes de tumeurs cancéreuses de type et d’évolution différents. La plupart de ces tumeurs sont des carcinomes canalaires infiltrants de haut grade. Cependant, on peut aussi y retrouver d’autres types de cancer du sein de forme plus rare, avec un pronostic moins péjoratif (carcinome médullaire, carcinome sécrétant juvénile, carcinome apocrine, carcinome métaplasique…).

 

Traitement et évolution du cancer du sein triple négatif

La prise en charge thérapeutique pour le cancer du sein triple négatif comporte des similitudes avec le traitement de tous les cancers du sein.

Le traitement comprend souvent une chirurgie mammaire. Le type de chirurgie dépendra de la taille de la tumeur, de son emplacement, du type de tumeur et de sa possible propagation (chirurgie conservatrice ou tumorectomie, chirurgie non conservatrice ou mastectomie totale, mastectomie partielle, curage ganglionnaire…).

Une radiothérapie peut également être proposée dans les suites.

 

La chimiothérapie fait partie du traitement du cancer du sein triple négatif, et les mêmes associations chimiothérapeutiques que celles proposées dans les différents types de cancer du sein hormono-dépendants peuvent être envisagées.

En raison de l’absence de réponse aux récepteurs hormonaux et au récepteur HER2, le traitement par hormonothérapie serait inutile et n’est donc pas envisagé dans ce type de cancer.

 

Les risques de récidives précoces ou de métastases sont plus élevés avec le cancer du sein triple négatif. Un suivi rapproché est indispensable durant les 5 premières années post-diagnostic.

On rappelle que le cancer du sein triple négatif représente une faible proportion des cancers du sein (17 %). Cependant, ils sont responsables d’une plus grande proportion des décès survenant dans les cas de cancer du sein.

Le pic de récidive se situerait dans les 3 premières années, et diminuerait rapidement. Pour les autres types de cancer du sein, le risque de récidive est moins élevé, mais plus persistant au fils des ans.

 

Un suivi en alternance est généralement mis en place, permettant d’alterner les consultations entre le chirurgien, l’oncologue, et le radiothérapeute. Des examens complémentaires sont aussi effectués régulièrement (mammographie annuelle, etc.) pour s’assurer de l’absence d’anomalie ou de récidive.

La biopsie mammaire – Modalité & intérêt dans le diagnostic du cancer du sein

La biopsie mammaire fait partie des examens complémentaires réalisés en cas de doute survenant lors des premiers examens de dépistage d’un cancer du sein.

 

Biopsie mammaire : qu’est-ce que c’est ?

La biopsie mammaire est un acte médical consistant à prélever des cellules ou tissus qui seront ensuite examinés en laboratoire d’anatomopathologie afin de déceler la présence éventuelle de cellules cancéreuses.

La biopsie est devenue indispensable dès lors que la mammographie ou l’échographie révèle une image suspecte. Les résultats d’une biopsie mammaire apportent de précieuses informations quant à la nature de la pathologie mammaire suspectée qu’il s’agisse d’une tumeur cancéreuse (maligne) ou non cancéreuse (bénigne). Elle est d’une aide inestimable pour affiner le diagnostic, et ainsi adapter la suite de la prise en charge (examens complémentaires, traitements, etc.).

 

Biopsie mammaire : quelles sont les modalités ?

Selon la nature de l’anomalie repérée lors du bilan sénologique (examen clinique des seins, mammographie, échographie mammaire), plusieurs types de biopsies mammaires peuvent être envisagés :

 

La ponction cytologique

Elle consiste à prélever des cellules dans le sein, à travers la peau, afin d’aider au diagnostic. Elle est généralement réalisée auprès d’un gynécologue, d’un chirurgien ou d’un radiologue, et ne nécessite pas d’hospitalisation ou d’anesthésie.

Bien que peu contraignante, on lui préfère la biopsie percutanée qui permet de prélever plus de tissu, et s’avère ainsi être plus précise pour le diagnostic.

 

La biopsie percutanée

Elle permet de prélever des tissus provenant de la masse découverte en mammographie ou échographie, à l’aide d’une aiguille à travers la peau.

Le diamètre de l’aiguille utilisée peut varier selon la taille et l’emplacement de la zone à ponctionner : on parle alors de microbiopsie (diamètre compris entre 3 et 5 mm) ou de macrobiopsie (diamètre compris entre 5 et 10 mm).

 

La biopsie stéréotaxique

Lorsque la lésion du sein est non palpable, peu visible en raison de sa petite taille ou que le sein présente des microcalcifications, le radiologue peut envisager de réaliser la biopsie sous guidage mammographique.

 

La biopsie échoguidée

Lorsque la lésion retrouvée est peu visible, non palpable, mais bien réceptive aux ultrasons, la réalisation d’une biopsie guidée par échographie peut alors être envisagée.

À la fin d’une biopsie, il peut être nécessaire de poser un « clip » (un repère sous forme d’agrafe métallique) afin de marquer l’endroit précis du prélèvement réalisé. Ce repérage est nécessaire en cas de décision de chirurgie mammaire.

Quelle que soit la nature de la biopsie, les cellules et tissus prélevés sont ensuite envoyés en laboratoire d’anatomopathologie pour être analysés au microscope. Cette étape est essentielle afin d’établir le diagnostic.

 

La biopsie chirurgicale

La biopsie chirurgicale est plus rarement effectuée. Elle est nécessaire lorsque la biopsie percutanée n’a pas été suffisante pour établir à elle seule le diagnostic de cancer (par exemple, dans le cas où le résultat de la biopsie percutanée est en contradiction avec les caractéristiques de l’image retrouvée lors de la mammographie ou l’échographie mammaire). Elle consiste à prélever une partie ou la totalité de la lésion observée, par chirurgie et sous anesthésie générale.

 

Comment se déroule une biopsie mammaire ?

Dans le cas d’une biopsie percutanée :

La biopsie percutanée ne nécessite pas de préparation particulière.

Le geste dure au maximum une heure, et ne nécessite pas d’hospitalisation, quelle que soit la technique utilisée. Le geste s’effectue sous anesthésie locale en hospitalisation de jour, ou en service de radiologie par un radiologue. Pour des raisons de sécurité, le geste peut être suivi d’un temps d’observation pouvant varier de 1 à 4 h.

Une biopsie peut nécessiter 2 ou 3 prélèvements.

Une légère douleur peut survenir dans les suites, disparaissant d’elle-même rapidement.

 

Dans le cas d’une biopsie chirurgicale :

La biopsie chirurgicale est réalisée sous anesthésie générale, en ambulatoire (la patiente entre le matin et ressort le soir) ou dans le cadre d’une hospitalisation. Une consultation d’anesthésie préopératoire est nécessaire afin d’évaluer les risques liés à cette anesthésie.

Le prélèvement est analysé au microscope par un médecin anatomopathologiste durant l’anesthésie. On parle alors d’examen extemporané.

Les résultats permettent de savoir immédiatement si le prélèvement est de nature cancéreuse. Il permet de définir quel type de chirurgie est le mieux adapté à la patiente.

Si une chirurgie s’avère effectivement nécessaire, le chirurgien en informe aussitôt la patiente afin d’accélérer la prise en charge.

Cet examen extemporané est complété par un prélèvement de la pièce opératoire. Selon les résultats finaux, il sera peut-être nécessaire d’effectuer une reprise chirurgicale.

Quelle que soit la nature de la biopsie, il est indispensable de signaler au médecin toute prise médicamenteuse (anticoagulants, Aspirine, etc.) pouvant engendrer des complications (saignements, hématome).

Dans les jours suivant l’examen, il est important de signaler au médecin tout ce qui peut paraître suspect (douleur, saignement, gonflement, hématome, etc.)

 

La biopsie mammaire – Modalité & intérêt dans le diagnostic du cancer du sein
Prévenir le risque de survenue du Cancer du Sein

Prévenir le risque de survenue du Cancer du Sein

Le Dr Sebban, Chirurgien gynécologique et cancérologue a conçu une infographie résumant les facteurs de risques et conseils de prévention pour adopter une bonne hygiène de vie et réduire le risque de survenue du cancer du sein

 

Prévenir-le-Cancer-du-Sein

 

Les Facteurs de risques:

1. Alcool
17% des cancers du sein sont dus à la consommation d’alcool en France : +1 verre par jour d’alcool augmente le risque de cancer du sein, il s’agit cependant d’un facteur de risque modéré.

 

2. Les femmes… mais pas seulement

Les hommes peuvent également développer un cancer du sein (une cause génétique chez l’homme devra être recherchée). Ces cas sont cependant rares, puisqu’ils représentent seulement 1% du nombre total de cancers du sein.

 

3. Obésité

Le cancer du sein reste une pathologie multifactorielle, le surpoids et l’obésité sont reconnus comme des facteurs de risque aggravants. Une alimentation saine et la pratique d’une activité physique sont fortement recommandés.

 

4. Radiation et Pollution

L’exposition à des radiations ionisantes* avant l’âge de 40 ans pourrait augmenter la probabilité d’apparition de la maladie, il en est de même pour les facteurs environnementaux que sont la pollution et la sédentarité.

* Le dépistage tel qu’il est proposé actuellement à savoir une mammographie tous les 2 ans (à partir de 50 ans) ne saurait etre considéré comme un facteur de risque contrairement à ce que certains détracteurs du dépistage voudraient laisser supposer.

 

5. Génétique

Environ 10% des cancers du sein sont d’origine génétique avec dans la grande majorité des cas la mutation du gène BRCA1 ou du BRCA2. La présence de mutations dans l’un de ces deux gènes expose les femmes concernées à un risque accru.

 

6. L’âge

L’âge moyen de diagnostic du cancer du sein est 61 ans. 75% des cancers du sein se déclarent après 50 ans.

 

Les Conseils de prévention:

1. Consultez votre médecin

Prenez conseil avec votre médecin pour vérifier s’il vous recommande une mammographie (tous les 2 ans)

 

2. Limiter sa consommation d’alcool

Réduisez au minimum votre consommation d’alcool

 

3.Faites du sport

Faire régulièrement de l’exercice réduit le développement des tumeurs du cancer du sein

 

4.Eviter d’être en surpoids

L’embonpoint et l’obésité sont souvent pointés du doigt comme facteur de risque pour nombre de cancers

 

5. Manger sainement

Améliorez vos habitudes de vie, mangez équilibré, entourez-vous de professionnels de la santé pour maîtriser votre poids.

 

6. Limiter les traitements hormonaux post-ménopause

Les hormones post-ménopausiques augmentent le niveau d’œstrogène dans le corps et donc le risque de cancer du sein.

 

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