L’hormonothérapie dans le traitement du cancer du sein

L’hormonothérapie dans le traitement du cancer du sein

- décembre 7, 2020

L’hormonothérapie est un traitement destiné à lutter contre certains types de cancers, dont les cancers du sein sensibles aux hormones.

Bien que tous les cancers du sein ne soient pas hormonodépendants, on estime que plus de 60% d’entre eux présentent cette caractéristique.

Du fait de cette prévalence significative, l’hormonothérapie, loin d’être un traitement anecdotique, s’affirme comme une thérapie centrale dans la lutte contre le cancer, dont les progrès sont à suivre de très près.

L’hormonothérapie, qu’est-ce que c’est ?

L’hormonothérapie est un traitement ciblant précisément les cancers sensibles aux hormones sexuelles en supprimant leurs facteurs de croissance, à savoir les hormones. Il s’agit donc d’une thérapie antihormonale, qui vient éliminer les hormones à la source, en entravant la capacité de l’organisme à les produire.

De fait, l’hormonothérapie n’agit pas directement sur les cellules cancéreuses comme la chimiothérapie ou la radiothérapie, mais indirectement, en supprimant les agents qui stimulent leur croissance.

En règle générale, l’hormonothérapie intervient après une chirurgie mammaire – lorsque celle-ci est possible – et en complément d’une chimiothérapie et d’une radiothérapie. Son objectif est alors de prévenir les récidives en supprimant les hormones sexuelles responsables de la prolifération des cellules cancéreuses.

Elle peut aussi intervenir seule, ou encore en amont d’une chirurgie pour réduire le volume de la tumeur cancéreuse et faciliter son exérèse. Utilisée depuis plus d’un siècle, l’hormonothérapie a d’abord été pratiquée mécaniquement, en ôtant chirurgicalement les organes responsables de la production d’hormones sexuelles.

Chez la femme, l’hormonothérapie mécanique consiste en une ablation des ovaires, l’ovariectomie. Si des traitements médicamenteux permettent désormais de parvenir à un résultat très proche, il convient de noter que l’ovariectomie demeure toujours couramment pratiquée.

Les médicaments antihormonaux lui sont néanmoins souvent préférés, car ils offrent une alternative moins abrasive, dont les effets sont réversibles. On distingue trois classes d’hormonothérapies médicamenteuses :

  1. les anti-œstrogènes,
  2. les anti-aromatases
  3. les analogues de LH-RH.

Les anti-œstrogènes, dont le nom commercial est Tamoxifène, constituent le traitement antihormonal le plus couramment utilisé chez la femme non ménopausée.

Ils agissent en se fixant sur les récepteurs hormonaux des cellules cancéreuses et les saturant, empêchant les œstrogènes de venir s’y placer pour stimuler leur croissance.

Les anti-aromatases constituent une thérapie de choix chez la femme ménopausée. Ils agissent en supprimant la production d’œstrogènes, lorsque celle-ci est relativement faible – c’est pourquoi ils ne conviennent pas aux femmes fertiles.

Les analogues de la LH-RH produisent le même effet que les anti-aromatases, mais sont plus agressifs. Ils constituent une alternative de choix chez la femme non ménopausée atteinte d’un cancer du sein virulent.

Les effets secondaires de l’hormonothérapie sont semblables aux symptômes de la ménopause. Ils tendent à varier d’une patiente à l’autre, pouvant être légers ou très handicapants. Une stérilité, réversible ou non, peut être observée, tout comme des bouffées de chaleur et insomnies, une sécheresse vaginale, une baisse de la libido, une prise de poids, une augmentation du cholestérol et des troubles cognitifs.

Outre des effets secondaires physiques, l’hormonothérapie peut aussi impacter le moral des patientes, pour qui il peut être difficile de subir une ménopause précoce, notamment chez la jeune femme et celle envisageant une grossesse.

L’hormonothérapie est un traitement efficace dans la lutte contre le cancer du sein hormonodépendant, bien que certaines patientes tendent à la refuser par crainte de ses effets secondaires, parfois lourds et irréversibles.

Pour autant, la médecine oncologie ne cesse de progresser vers un élargissement de son application, notamment en recherchant de nouveaux récepteurs hormonaux dans les cancers du sein aujourd’hui considérés comme hormonaux-indépendants, plus difficiles à soigner.

Source : https://www.revmed.ch/RMS/2013/RMS-387/Hormonotherapie-dans-le-cancer-du-sein-efficacite-et-effets-adverses

Publié par Dr. Eric Sebban
Le Docteur Eric Sebban est chirurgien gynécologue et cancérologue, spécialisé en chirurgie gynécologique, mammaire et cancérologique. [mt-bootstrap-button btn_text="Prendre rendez-vous en ligne avec le Docteur Eric Sebban" btn_url="https://goo.gl/pbV14U" btn_size="btn btn-medium" align="text-left" color="#3498db" border_color="#555555" animation="bounce"]