Le stade 1 est le stade précoce du cancer du sein. Le cancer du sein de stade 1 désigne les carcinomes canalaires et les carcinomes lobulaires de stade I, en fonction des cellules à partir desquelles la tumeur se développe. Le stade 1 regroupe les stades 1a et 1 b. En fonction des caractéristiques de la tumeur, une stratégie thérapeutique individualisée est proposée aux patientes.
Définition d’un cancer du sein stade 1
Le cancer du sein de stade 1 est une forme précoce et localisée de la maladie. À ce stade, la tumeur reste de petite taille (généralement ≤ 2 cm) et se cantonne au sein, sans propagation à distance. Dans la classification TNM, il correspond le plus souvent à T1 N0 M0 : une tumeur mammaire de moins de 2 cm, sans ganglions atteints visibles ni métastases.
Le stade 1 se divise en deux sous-catégories : 1A et 1B.
- Stade 1A : la tumeur mesure au maximum 2 cm et aucun ganglion lymphatique n’est atteint.
- Stade 1B : la tumeur reste de taille comparable, mais on peut retrouver quelques cellules tumorales isolées ou de petites micrométastases dans un ganglion sentinelle, sans envahissement ganglionnaire important.
Le diagnostic s’appuie sur l’examen clinique, les examens d’imagerie (mammographie, échographie mammaire, parfois IRM) et une biopsie, qui confirme la présence de cellules cancéreuses. Elle permet aussi d’analyser des caractéristiques essentielles de la tumeur, comme les récepteurs hormonaux ou le statut HER2, pour définir la meilleure stratégie thérapeutique.
Quels sont les symptômes d’un cancer du sein de stade 1 ?
Au stade 1, le cancer du sein est une forme précoce de la maladie. Souvent, il ne provoque aucun symptôme visible, c’est pourquoi ces tumeurs sont généralement détectées par un dépistage mammographique ou une échographie.
Quand des signes apparaissent, ils restent discrets et localisés au sein ou à l’aisselle. Les plus fréquents incluent :
- Une boule au sein ou zone plus ferme dans le sein (souvent indolore)
- Un changement récent de forme ou de volume d’un sein (asymétrie inhabituelle)
- Une modification de la peau : épaississement, plis, fossettes ou aspect « peau d’orange »
- Un changement du mamelon : rétraction récente, irritation ou écoulement anormal
- Plus rarement, une douleur persistante au sein ou à l’aisselle
Ces signes ne signifient pas forcément un cancer. Beaucoup d’anomalies mammaires sont bénignes. Mais toute modification persistante du sein doit conduire à consulter un médecin pour un examen et, si besoin, des examens complémentaires.
Les traitements d’un cancer du sein de stade 1
L’intervention chirurgicale (la mastectomie) est le traitement de référence du cancer du sein de stade 1.
Opération d’un cancer du sein stade 1 par Mastectomie partielle
S’il est possible pour le chirurgien de conserver le sein, la chirurgie réalisée est une tumorectomie ou mastectomie partielle, qui consiste à retirer seulement la partie du sein touchée ainsi qu’une marge tissulaire de sécurité autour de la tumeur. La chirurgie est dite conservatrice puisqu’elle préserve au mieux l’apparence du sein tout en conservant un volume.
Mastectomie totale du stade 1 du cancer du sein
La mastectomie totale est non conservatrice. Elle consiste à retirer le sein dans sa totalité. Elle est préconisée si le cancer du sein a touché plusieurs zones de la glande mammaire, ou si la marge prélevée lors de la tumorectomie revient positive (présence de cellules cancéreuses sur du tissu sain). La mastectomie est également l’intervention privilégiée si le cancer a envahi les ganglions lymphatiques (stade 1 b), sans détection de tumeur dans le sein.
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Ganglion sentinelle pour traiter un cancer du sein stade 1
Elle consiste à retirer les premiers ganglions de la chaîne afin de déceler l’éventuelle présence de cellules cancéreuses. Ce prélèvement permet d’éviter le curage ganglionnaire systématique, et de proposer d’autres alternatives s’il existe une atteinte ganglionnaire, comme la radiothérapie externe.
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Radiothérapie du cancer du sein stade 1
Habituellement, la chirurgie est suivie d’une radiothérapie externe pour traiter le cancer du sein de stade 1. Le protocole de traitement consiste alors à irradier le sein et les ganglions lymphatiques avoisinants. Un boost de dose focalisé sur le lit tumoral peut être nécessaire pour être certain de se débarrasser de toutes les cellules cancéreuses.
L’équipe médicale ne retient pas forcément l’indication de radiothérapie externe chez les patientes ayant subi une mastectomie totale, lorsqu’il s’agit d’un cancer de stade 1. Sauf si le ganglion sentinelle est revenu positif lors de son ablation.
Si le parcours de soins personnalisé prévoit une chimiothérapie, les médecins prévoient la radiothérapie après la fin des cures de chimiothérapie.
L’hormonothérapie du cancer du sein de stade 1
Une hormonothérapie est recommandée chez les patientes porteuses d’un cancer du sein de stade I dont la tumeur présente des récepteurs hormonaux positifs (tumeur classée RH+).
Le tamoxifène (Nolvadex, Tamofen) est le médicament d’hormonothérapie le plus fréquemment proposé aux patientes, peu importe leur statut ménopausique.
Les inhibiteurs de l’aromatase sont aussi des médicaments d’hormonothérapie souvent proposés, mais ils sont destinés aux femmes ménopausées. Ils peuvent être pris à la place du tamoxifène (si les patientes ne peuvent ou ne veulent pas le prendre), ou après un traitement de tamoxifène. Les médecins prescrivent le plus souvent du Létrozole (Femara), de l’anastrozole (Arimidex), ou de l’exemestane (Aromasine).
Hormonothérapie du cancer du sein pour les femmes non ménopausées
Habituellement, la stratégie thérapeutique avec hormonothérapie pour les femmes non ménopausées atteintes d’un cancer de stade 1 consiste à prendre du tamoxifène durant 5 ans, puis à contrôler le statut ménopausique. Si les patientes sont ensuite en préménopause, le temps de prise du tamoxifène peut s’étendre jusqu’à une durée totale de 10 ans.
En revanche, si les patientes sont ménopausées, le médecin peut proposer la prise du tamoxifène pour 5 ans supplémentaires ou de switcher pour un inhibiteur de l’aromatase durant 5 ans. La durée totale de prise du traitement hormonal n’excède pas 10 ans dans les deux cas.
Hormonothérapie du cancer du sein pour les femmes ménopausées
Pour les femmes touchées par un cancer du sein de stade 1 déjà ménopausées, l’hormonothérapie peut consister à prendre le tamoxifène ou un inhibiteur de l’aromatase.
Plusieurs options sont possibles :
- hormonothérapie par tamoxifène pendant 10 ans maximum
- hormonothérapie par anti-aromatase pendant 10 ans maximum
- prise de tamoxifène pendant 5 ans puis d’un inhibiteur de l’aromatase pendant 5 ans
- prise de tamoxifène pendant 2 ou 3 ans puis d’un inhibiteur de l’aromatase pendant 2 ou 3 ans (ou l’inverse), pour une durée totale d’hormonothérapie ne dépassant pas 5 ans
La chimiothérapie cancer du sein de stade 1
La chimiothérapie n’est pas un traitement que l’on propose habituellement aux patientes touchées par un cancer du sein de stade précoce. Elle peut toutefois être recommandée en traitement adjuvant après une chirurgie mammaire si le cancer présente un haut risque de récidive.
Dans ce cas, les associations de médicaments chimiothérapeutiques les plus fréquemment choisis sont :
- ACT : doxorubicine (Adriamycin) + cyclophosphamide (Procytox), puis paclitaxel (Taxol) ou docétaxel (Taxotere) ;
- TAC : paclitaxel (ou docétaxel) puis doxorubicine + cyclophosphamide
- TC : paclitaxel + cyclophosphamide
- CAF (ou FAC) : cyclophosphamide + doxorubicine + 5-fluorouracil (5-FU)
- CAF puis docétaxel ou paclitaxel
- CEF (ou FEC) : cyclophosphamide + épirubicine (Pharmorubicin) + 5-FUl
- CEF puis docétaxel ou paclitaxel
- EC : épirubicine + cyclophosphamide
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La thérapie ciblée pour traiter un cancer du sein stade 1
Thérapie ciblée du cancer du sein précoce par Herceptin (trastuzumab)
L’Herceptin (trastuzumab) est le traitement ciblé le plus souvent associé à une chimiothérapie pour soigner le cancer du sein de stade 1 Her2+ à risque élevé de rechute. Il est administré durant un an maximum, après la fin des cures de chimiothérapie.
Thérapie ciblée cancer du sein précoce par Perjeta (pertuzumab)
Il arrive aussi que les médecins décident d’adjoindre le Perjeta (pertuzumab) à l’Herceptin et à la chimiothérapie dans certaines situations, notamment en présence :
- d’une tumeur du sein de stade 1a ou 2b, Her2+
- d’un cancer du sein stade 1 sans surexposition des récepteurs hormonaux (RH-)
- d’une tumeur de stade 1a ou 2 b, Her2+ avant de réaliser une chirurgie du sein
D’autres thérapies ciblées sont également disponibles, en fonction des caractéristiques de la tumeur, comme le Phesgo, le Nerlynx, le Kadcyla… Votre médecin vous présentera les différentes options possibles selon votre situation.
Il existe de nombreux essais cliniques concernant le cancer du sein. Votre médecin peut vous proposer d’y participer si votre dossier médical correspond à une étude en cours.
Pronostic d’un cancer du sein stade 1
Lorsqu’il est diagnostiqué au stade 1, le cancer du sein présente en général un pronostic très favorable, car il s’agit d’une forme précoce et localisée de la maladie. Grâce aux programmes de dépistage et aux traitements actuels, le taux de survie à 5 ans dépasse le plus souvent 90%, et peut être encore plus élevé lorsque la tumeur est identifiée très tôt.
Ces chiffres restent toutefois des estimations globales. Le pronostic réel varie selon plusieurs caractéristiques propres à chaque tumeur : taille précise, grade, présence ou non de récepteurs hormonaux, statut HER2, ainsi que la réponse individuelle aux traitements. L’ensemble de ces éléments est analysé après le diagnostic pour adapter au mieux la stratégie thérapeutique à chaque patiente.
À propos de l'auteur
Dr. Éric Sebban
Chirurgien gynécologique, sénologue et cancérologue à Paris
- Institut du Sein Henri Hartmann - Membre fondateur
- Centre de Chirurgie de la Femme Paris - Co-fondateur
- Pôle cancérologique - Groupe Ambroise Paré / Hartmann
Membre fondateur AFACS · Membre SFSPM · Membre SFOG · Membre SFCP