Cancer de l’ovaire : une molécule prolonge la survie des femmes atteintes d’une mutation génétique

Cancer de l’ovaire : une molécule prolonge la survie des femmes atteintes d’une mutation génétique

- novembre 9, 2020

La molécule Olaparib permettrait de prolonger la survie des patientes porteuses d’une mutation génétique BRCA et atteintes d’un cancer de l’ovaire. C’est en tout cas ce que tendent à démontrer les résultats d’une étude internationale parue récemment, dont les premières constatations sont prometteuses pour le traitement des cancers ovariens.

Le cancer de l’ovaire en quelques chiffres

Parmi les cancers féminins, le cancer de l’ovaire est diagnostiqué chez 4 % de patientes à travers le monde. Il est responsable d’environ 5 % des décès, quel que soit le type de cancer. C’est donc un cancer plutôt meurtrier. Les difficultés de diagnostic entraînent souvent un retard de prise en charge. On le découvre généralement chez les femmes après leurs 60 ans, à un stade déjà bien avancé, ce qui diminue fortement les chances de guérison.

En France, environ 5 200 nouveaux cas de cancer de l’ovaire sont diagnostiqués chaque année. Le nombre de décès s’élève quant à lui à environ 3 500 par an. Chez ces patientes diagnostiquées, 20 % étaient porteuses d’une mutation des gènes BRCA, indiquant une prédisposition génétique pour ce type de cancer ainsi que pour le cancer du sein.

 

La découverte de nouveaux bénéfices de la molécule Olaparib

L’Olaparib prolongerait les chances de survie des patientes de plus de douze mois. L’Olaparib est une molécule présente dans le traitement Lynparza (Astra Zeneca et Merck). Ce médicament appartient à la catégorie des inhibiteurs de la pompe à PARP. Elle est déjà utilisée dans le traitement de certaines tumeurs.

L’étude baptisée Solo-2 a été réalisée au niveau international. La France a participé aux essais. Les conclusions présentées parlent d’une amélioration du taux de survie chez les femmes atteintes d’une mutation BRCA. Les scientifiques ont pour cela surveillé 295 patientes en récidive de cancer de l’ovaire. Toutes ces femmes avaient bénéficié d’un traitement initial par chimiothérapie (platines) et étaient porteuses de la mutation du gène BRCA 1 ou 2. Un premier groupe a reçu un placebo, un second a reçu la molécule Olaparib. La surveillance montre qu’après 5 ans, le taux de survie chez les patientes ayant reçu l’Olaparib s’élevait à 42,1 %, contre 33,2 % chez les patientes ayant reçu le placebo.

Les résultats de cette étude représentent une avancée majeure dans le traitement des tumeurs ovariennes récidivantes. Elle pourrait permettre de prolonger de plus d’un an la vie de ces patientes dont le pronostic vital initial est plutôt sombre.

 

Les bénéfices déjà connus du traitement du cancer par Olaparib

Aujourd’hui, l’Olaparib est déjà administré dans de nombreux pays dans le cadre du traitement des patientes porteuses d’une tumeur de l’ovaire en rechute, sensible aux platines. Par ailleurs, les bénéfices de ce médicament ont déjà fait leurs preuves dans le cadre du traitement du cancer du sein ou du pancréas.

En 2018, une étude internationale avait déjà montré que l’Olaparib permettait de réduire le risque de récidive du cancer de l’ovaire de près de 70 %. Ces chiffres étaient retrouvés lorsque le traitement était pris tout de suite après la chirurgie et la chimiothérapie chez les personnes porteuses d’une mutation BRCA. Après 3 ans, le cancer de l’ovaire n’a pas évolué pour 60 % de ces femmes.

 

Que sont les inhibiteurs de la PARP ?

Les inhibiteurs de la PARP, ou poly (ADP-ribose) polymérase, sont souvent utilisés dans le traitement des cancers du sein et de l’ovaire chez les patientes porteuses de la mutation des gènes BRCA 1 et 2. De façon très schématique, ces molécules empêchent la réparation de l’ADN des cellules tumorales. Celles-ci ne peuvent donc plus progresser et finissent par mourir.

 

Ce qu’il faut retenir

  • Certaines patientes traitées pour un cancer du sein ou de l’ovaire ont une prédisposition génétique résultant d’une mutation des gènes BRCA 1 et 2.
  • Pour ces patientes, dont le pronostic vital est généralement sombre avec une découverte du cancer tardive, le médicament Olaparib permettrait d’augmenter leur espérance de vie de plus d’un an.
  • La molécule présente déjà de nombreux bénéfices dans le traitement de certains types de cancers, comme le cancer de l’ovaire, du sein et du pancréas.
  • Cette dernière étude prouve une fois de plus l’efficacité de ce traitement et est source d’espoir pour améliorer la survie des patientes dans le cadre de la prise en charge des cancers de l’ovaire récidivants.

 

Publié par Dr. Eric Sebban
Le Docteur Eric Sebban est chirurgien gynécologue et cancérologue, spécialisé en chirurgie gynécologique, mammaire et cancérologique. [mt-bootstrap-button btn_text="Prendre rendez-vous en ligne avec le Docteur Eric Sebban" btn_url="https://goo.gl/pbV14U" btn_size="btn btn-medium" align="text-left" color="#3498db" border_color="#555555" animation="bounce"]