Le cancer du col de l’utérus est une pathologie grave, mais grâce aux avancées médicales, des options de traitement existent, même aux stades avancés. À un stade 3, le cancer s’est propagé au-delà du col utérin, touchant les tissus avoisinants. Faisons le point sur ce qu’implique un cancer du col utérin de stade 3 et les traitements envisagés pour accompagner les patientes.
Qu’est-ce qu’un cancer du col utérin ?
Le cancer du col utérin est une maladie qui prend naissance dans les cellules du col de l’utérus, la partie inférieure et étroite de l’utérus reliant ce dernier au vagin. Il est majoritairement causé par une infection persistante au papillomavirus humain (HPV). Cette affection se développe lentement et, à ses débuts, elle ne présente souvent aucun symptôme. C’est pourquoi le dépistage régulier par frottis cervico utérin ou test HPV est si important. Les anomalies détectées tôt peuvent permettre de traiter la patiente avant l’apparition de symptômes plus graves.
Le cancer du col de l’utérus se classe en plusieurs stades, en fonction de son étendue. Les stades précoces (stade 0 à stade 1) se limitent généralement au col lui-même. À mesure que la maladie progresse, elle envahit d’autres tissus, ce qui nécessite des traitements plus complexes. Par ailleurs, des facteurs comme l’état de santé général, l’âge, et le désir de maternité future peuvent influencer les décisions thérapeutiques.
Que signifie : cancer du col de l’utérus de stade 3 ?
Lorsque le cancer du col utérin atteint le stade 3, il s’est étendu au-delà du col et de l’utérus pour envahir les parois pelviennes, le bas du vagin, ou même les ganglions lymphatiques voisins. Ce stade avancé ne signifie pas pour autant qu’il est incurable, mais il exige des traitements plus intenses et personnalisés pour chaque patiente.
Il existe deux sous-stades au sein du stade 3 : le stade 3A, où la tumeur s’est étendue jusqu’au tiers inférieur du vagin, mais pas encore aux parois pelviennes, et le stade 3B, où la maladie a atteint les parois pelviennes et peut bloquer les uretères, les canaux urinaires reliant les reins à la vessie. Par ailleurs, dans certains cas, des métastases peuvent être découvertes dans les ganglions lymphatiques. Ce diagnostic peut être effrayant, mais des options de traitement existent et les chances de survie varient selon plusieurs facteurs. Chaque patiente peut être suivie avec une approche adaptée à sa situation particulière.
Néanmoins, il est nécessaire de réaliser des bilans d’imagerie et des biopsies pour déterminer avec précision l’étendue de la maladie et mettre en place le plan de traitement le plus adapté.
Quel traitement pour un cancer du col utérin au stade 3 ?
Pour traiter un cancer du col utérin de stade 3, plusieurs options thérapeutiques peuvent être envisagées, en fonction de la situation particulière de la patiente. Le traitement standard repose généralement sur une association de radiothérapie et de chimiothérapie, afin d’attaquer la tumeur à plusieurs niveaux. On parle aussi de radiochimiothérapie concomitante.

Chirurgie : Technique du ganglion sentinelle
Avant de démarrer certains traitements, une biopsie du ganglion sentinelle peut être réalisée. Elle permet de déterminer si le cancer s’est propagé aux ganglions lymphatiques, information indispensable pour ajuster le plan thérapeutique. Si les ganglions sont affectés, cela oriente les médecins vers une stratégie de traitement plus agressive.
Radiothérapie externe et curiethérapie
La radiothérapie est souvent utilisée pour réduire la taille de la tumeur ou détruire les cellules cancéreuses. Il peut s’agir de radiothérapie externe, qui cible la région affectée depuis l’extérieur du corps, ou de curiethérapie, où une source radioactive est placée directement dans ou près de la tumeur. Cette approche permet de délivrer une dose élevée de radiations à la tumeur tout en préservant les tissus sains environnants. Dans certains cas particuliers, une radiothérapie seule peut être envisagée lorsque la chimiothérapie n’est pas possible en raison de contre-indications médicales. Ce traitement reste une option efficace, même si son association avec la chimiothérapie reste privilégiée pour de meilleurs résultats.
Chimiothérapie
La chimiothérapie, quant à elle, peut être administrée en complément de la radiothérapie (radiochimiothérapie). Elle agit de manière systémique, en circulant dans l’ensemble du corps pour détruire les cellules cancéreuses. Les médicaments utilisés dans la chimiothérapie permettent de renforcer l’effet de la radiothérapie et d’atteindre les cellules cancéreuses disséminées dans d’autres régions du corps.
Essais cliniques
Enfin, des essais cliniques peuvent être proposés aux patientes qui souhaitent accéder à des traitements novateurs. Ces essais offrent la possibilité d’utiliser des thérapies en développement, parfois plus ciblées ou moins toxiques que les traitements standards. Participer à un essai clinique permet d’explorer de nouvelles voies thérapeutiques, notamment pour les patientes qui ne répondent pas favorablement aux traitements classiques. Pour en savoir davantage, n’hésitez pas à aborder ce point avec votre oncologue lors de votre consultation.
Face à un cancer du col de l’utérus au stade 3, l’espoir est permis. Les progrès de la science offrent désormais des options thérapeutiques qui permettent à chaque patiente de traverser cette épreuve avec un suivi médical complet et des perspectives de rémission.

Le Docteur Eric Sebban est chirurgien gynécologue et cancérologue, spécialisé en chirurgie gynécologique, mammaire et cancérologique.