Les ovaires: taille, fonctions & syndrome des ovaires polykystiques

Les ovaires: taille, fonctions & syndrome des ovaires polykystiques

- décembre 19, 2023
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Les ovaires sont des organes qui font partie du système reproducteur féminin. Souvent négligés ou mal compris, ils sont pourtant essentiels à la santé et au bien-être des femmes. Ils sont en effet chargés de produire les ovules, qui sont les cellules sexuelles féminines, et les hormones sexuelles féminines, qui sont impliquées dans le développement des caractères sexuels secondaires, le cycle menstruel et la grossesse. Voici les caractéristiques anatomiques et fonctionnelles des ovaires.

 

Qu’est-ce que les ovaires ?

ovaire

Les ovaires sont deux glandes de forme ovale situées de part et d’autre de l’utérus, dans la cavité pelvienne.

Ils sont reliés à l’utérus par les trompes de Fallope, qui sont des conduits qui permettent le transport des ovules vers la cavité utérine. Les ovaires sont maintenus en place par des ligaments qui les relient au bassin et à l’utérus.

Les ovaires sont composés de deux parties :

  • Le cortex, la partie externe qui contient les follicules ovariens et les corps jaunes
  • La médulla, la partie interne qui contient les vaisseaux sanguins, les nerfs et les cellules du stroma (cellules de soutien)

Quelle est la taille des ovaires selon l’âge?

Les ovaires mesurent environ 3 à 5 cm de longueur, 2 à 3 cm de largeur, et 1 à 2 cm d’épaisseur, et pèsent environ 7 à 8 g chacun.

La taille des ovaires n’est pas fixe au cours de la vie : elle évolue significativement selon l’âge et le statut hormonal de la femme. Chez la petite fille prépubère, les ovaires sont de très petite taille, mesurant moins d’1 cm. À la puberté, ils s’agrandissent progressivement pour atteindre leurs dimensions adultes (3 à 5 cm de longueur). Durant les années de fertilité, la taille peut légèrement varier en fonction du cycle menstruel, notamment en phase folliculaire avancée lorsqu’un follicule dominant se développe. À la ménopause, les ovaires régressent significativement : ils mesurent alors généralement entre 1 et 2 cm, leur activité hormonale étant quasiment nulle. Une taille ovarienne nettement augmentée à tout âge peut être le signe d’un kyste, d’un syndrome des ovaires polykystiques ou, dans les cas les plus sérieux, d’une tumeur. Un suivi échographique régulier est donc recommandé en cas d’anomalie détectée.

Lire notre article sur le diagnostic et traitement du kyste ovarien

 

Quelles sont les fonctions des ovaires ?

ovaire cellule sexuelle

 

Les ovaires ont deux fonctions majeures : la fonction endocrine et la fonction exocrine.

La fonction endocrine des ovaires et les hormones sécrétées par les ovaires

C’est la production et la sécrétion des hormones sexuelles féminines : les œstrogènes et la progestérone.

Les œstrogènes sont principalement produits par les cellules de la granulosa qui entourent l’ovocyte dans le follicule ovarien. Les œstrogènes sont responsables du développement des caractères sexuels secondaires féminins, comme le développement des seins, des hanches, de la pilosité pubienne et axillaire, et de la muqueuse vaginale. Ces hormones interviennent aussi dans le cycle menstruel en stimulant la croissance de l’endomètre, la couche qui tapissent l’intérieur de l’utérus.

La progestérone est majoritairement produite par le corps jaune qui se forme après l’ovulation. Elle a pour but de préparer l’endomètre en vue d’une éventuelle grossesse, en inhibant les contractions utérines et en favorisant la vascularisation et la sécrétion de mucus. La progestérone participe aussi à la régulation de la température corporelle, de l’humeur et de la libido.

Au-delà des œstrogènes et de la progestérone, les ovaires sécrètent également de faibles quantités d’androgènes (dont la testostérone), qui jouent un rôle dans la libido et l’énergie générale chez la femme. L’inhibine, autre hormone ovarienne, participe à la régulation de la FSH (hormone folliculo-stimulante) en inhibant sa sécrétion par l’hypophyse. L’hormone anti-Müllérienne (AMH), produite par les cellules de la granulosa des petits follicules, est quant à elle un marqueur clé de la réserve ovarienne, utilisé en médecine de la reproduction pour évaluer le potentiel fertilisant.

En savoir plus sur l’impact des œstrogènes et de la progestérone sur la santé

 

La fonction exocrine des ovaires

Elle consiste à produire et libérer les ovules, les cellules sexuelles féminines. Les ovules résultent de la maturation des ovocytes qui sont présents dans les ovaires dès la naissance. Chaque ovocyte est contenu dans un follicule ovarien qui va évoluer au cours du cycle menstruel.

 

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Définition du follicule ovarien

Qu’est-ce qu’un follicule ovarien

Le follicule ovarien est une structure sphérique complexe localisée dans le cortex de l’ovaire, constituée d’un ovocyte entouré de cellules folliculaires, incluant les cellules de la granulosa et de la thèque, et d’un liquide nutritif appelé liquide folliculaire. Chaque ovocyte est hébergé dans un follicule, et c’est dans ces follicules ovariens que s’effectue le développement des ovules. Le follicule ovaire joue un rôle essentiel dans la reproduction féminine : il assure la maturation de l’ovocyte et produit des hormones, notamment des oestrogènes, indispensables à la régulation du cycle menstruel.

Le rôle des follicules ovariens dans la reproduction

Le processus de maturation des follicules, appelé folliculogénèse, commence dès le développement fœtal et se poursuit jusqu’à l’ovulation. À la naissance, le corps féminin dispose d’un stock de 1 à 2 millions de follicules, mais seuls 300 000 à 400 000 subsistent à la puberté, et environ 400 atteindront le stade d’ovulation au cours de la vie reproductive.

Les différents types de follicules ovariens, comme le follicule de Graaf

En physiologie normale, chaque cycle menstruel active plusieurs follicules ovariens, mais généralement un seul arrive à maturité et devient le follicule de Graaf ou follicule antral. Les autres connaissent l’atrésie, un processus naturel de dégénérescence. Les stades incluent le follicule primordial, primaire, secondaire et antral, jusqu’au follicule préovulatoire.

Le follicule de Graaf, également appelé follicule préovulatoire ou follicule dominant, représente le stade ultime de la maturation folliculaire. Il mesure en moyenne entre 18 et 25 mm de diamètre au moment de l’ovulation, ce qui le rend parfaitement visible à l’échographie pelvienne. Sa paroi s’est considérablement amincie et son antrum (cavité centrale) est rempli de liquide folliculaire riche en œstrogènes.

C’est sous l’effet du pic brutal de LH (hormone lutéinisante) que la paroi du follicule de Graaf se rompt, libérant l’ovocyte dans la trompe de Fallope. Cette rupture marque le moment précis de l’ovulation. Dans les protocoles de procréation médicalement assistée (FIV, insémination), le monitoring du follicule de Graaf par échographie est une étape centrale pour déterminer le moment optimal de déclenchement de l’ovulation.

Le follicule de l’ovaire et l’ovulation

Le follicule ovaire qui atteint la maturité se remplit de liquide folliculaire et réagit à la montée de l’hormone lutéinisante (LH). Cette stimulation provoque la rupture de la paroi folliculaire et la libération de l’ovocyte lors de l’ovulation. Le follicule rompu se transforme ensuite en corps jaune, qui sécrète la progestérone et les oestrogènes pour préparer l’utérus à une éventuelle implantation.

Les follicules ovariens et la fertilité

L’évaluation des follicules ovariens est un outil clé en médecine de la reproduction. L’échographie pelvienne permet de visualiser le compte des follicules antraux, indicateur de la réserve ovarienne. Associée au dosage de l’hormone anti-Müllérienne (AMH), cette mesure est essentielle pour estimer la fertilité d’une femme, planifier une grossesse naturelle ou envisager un traitement de procréation médicalement assistée.

 

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Comment fonctionne le cycle menstruel et quel est le rôle des hormones ?

 

fonction ovaire
Phase folliculaire et croissance du corps jaune avec non fécondation de l’ovocyte.                                 Source : GNU Free Documentation License

 

Le cycle menstruel est le processus qui permet la préparation de l’ovaire et de l’utérus à une éventuelle fécondation. Il résulte d’une interaction complexe entre les hormones produites par les ovaires, l’hypophyse et l’hypothalamus, qui sont des glandes situées dans le cerveau. Il dure 28 jours en moyenne et se divise en 2 phases : la phase folliculaire et la phase lutéale.

 

La phase folliculaire ovarienne

Elle commence le 1er jour des règles et se termine avec l’ovulation.

Pendant cette phase, plusieurs follicules ovariens se développent sous l’influence de l’hormone folliculo-stimulante (FSH) sécrétée par l’hypophyse.

Parmi ces follicules, un seul va devenir dominant et atteindra le stade de follicule mature ou follicule de Graaf. Celui-ci va ensuite sécréter de grandes quantités d’œstrogènes, qui vont inhiber la FSH et stimuler la libération de l’hormone lutéinisante (LH), également produite par l’hypophyse.

Le pic de LH déclenche l’ovulation, qui est en fait la rupture du follicule mature et la libération de l’ovule dans la trompe de Fallope. L’ovule est alors acheminé vers l’utérus où il pourra être fécondé par un spermatozoïde.

 

La phase lutéale des ovaires

Il s’agit de la phase qui vient après l’ovulation et qui se termine par le début des règles.

Pendant cette période, le follicule rompu va se transformer en corps jaune, qui va sécréter de la progestérone et des œstrogènes.

Ces hormones vont maintenir l’endomètre en état de recevoir l’embryon, si la fécondation a lieu. S’il n’y a pas de fécondation, le corps jaune se détache et est évacué par le vagin sous forme de sang et de mucus : c’est le début d’un nouveau cycle.

Le cycle menstruel est donc un mécanisme qui permet aux ovaires de produire les ovules et les hormones nécessaires à la reproduction. Il est influencé par de nombreux facteurs, comme l’âge, le stress, l’alimentation, le sommeil, ou l’environnement. Il peut être régulé par des méthodes de contraception qui modifient les taux d’hormones et empêchent l’ovulation ou la nidation.

 

Les corps jaunes ovariens:  taille corps jaune début grossesse (le corps jaune est il un signe de grossesse?)

Les corps jaunes sont des structures qui se forment après l’ovulation et qui sécrètent la progestérone, une hormone impliquée dans la préparation de l’utérus à la nidation de l’embryon. Le processus commence lorsque le follicule ovarien mature, qui contient l’ovule, éclate et libère l’ovule dans la trompe de Fallope. Après l’ovulation, le follicule vide se transforme en une structure glandulaire appelée corps jaune.

La progestérone joue un rôle crucial dans la préparation de l’utérus pour une éventuelle implantation de l’œuf fertilisé. Si la grossesse n’a pas lieu, le corps jaune régresse au fil du temps, entraînant une diminution des niveaux de progestérone. Cela marque le début du cycle menstruel suivant.

Cependant, si la grossesse survient, le corps jaune continue à produire de la progestérone pour soutenir la grossesse jusqu’à ce que le placenta puisse prendre le relais de cette fonction hormonale.

Le corps jaune constitue l’un des premiers signes indirects de grossesse observables à l’échographie. En l’absence de fécondation, il régresse en 10 à 14 jours après l’ovulation et mesure généralement entre 15 et 25 mm. En cas de grossesse, le corps jaune est maintenu et stimulé par l’hormone hCG (gonadotrophine chorionique humaine) produite par l’embryon dès son implantation. Il peut alors persister et grossir, mesurant parfois jusqu’à 30 à 40 mm au premier trimestre, ce qui lui confère un aspect kystique à l’échographie -appelé kyste du corps jaune gravidique- totalement bénin et physiologique.

Sa présence à l’échographie de début de grossesse (entre 5 et 10 semaines d’aménorrhée) est un signe rassurant : elle témoigne de la bonne production de progestérone indispensable au maintien de la grossesse. Le corps jaune disparaît progressivement entre la 10e et la 12e semaine de grossesse, le placenta prenant alors le relais de la sécrétion hormonale.

La présence continue du corps jaune

Des douleurs légères et localisées de manière latérale pourraient résulter de la persistance du corps jaune après l’ovulation. Ceci entraîne une augmentation du volume ovarien et éventuellement un écoulement sanguin au cours du cycle menstruel.

Ce qu’il faut retenir sur le follicule ovarien

Le follicule ovarien est l’unité fonctionnelle de l’ovaire. Il assure à la fois la maturation des ovocytes, la production hormonale et le maintien du cycle menstruel. Comprendre le rôle des follicules ovariens et leur évolution dans le temps est fondamental pour appréhender la fertilité, le vieillissement ovarien et les stratégies médicales en santé reproductive.

 

Les ovaires multi folliculaires ou syndrome ovaire polykystique

ovaire polykystique
Source : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/

Le terme “ovaire multi folliculaire” fait référence à une situation où les ovaires produisent un nombre anormal de follicules lors d’un cycle menstruel.

Habituellement, un seul follicule devient prédominant et libère un ovule lors de l’ovulation. Toutefois, dans le cas de l’ovaire multi folliculaire, plusieurs follicules peuvent se développer en même temps. Ce phénomène est souvent lié au syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), un trouble endocrinien fréquent chez les femmes en âge de procréer.

Dans le SOPK, les ovaires peuvent contenir de nombreux petits follicules, qui sont souvent identifiés comme des kystes ovariens lors d’une échographie. Cependant, tous ces follicules ne parviennent pas à maturité ou ne libèrent pas un ovule de manière normale, ce qui peut causer des irrégularités menstruelles et des problèmes de conception. Les symptômes du SOPK incluent également des niveaux élevés d’hormones masculines (androgènes) et une résistance à l’insuline. Les femmes atteintes du SOPK peuvent présenter des signes tels que des cycles menstruels irréguliers, une pilosité excessive (hirsutisme), de l’acné, une prise de poids et des risques d’infertilité.

Il convient de mentionner que le terme “ovaire multi folliculaire” peut aussi être employé dans un sens plus large pour signifier la présence de nombreux follicules durant un cycle menstruel normal, sans forcément indiquer l’existence d’un désordre sous-jacent. Toutefois, si cela est lié à des difficultés de fertilité ou à d’autres symptômes, il est généralement conseillé de procéder à une évaluation médicale afin d’établir la cause profonde et de mettre en place un plan de traitement adéquat.

 

Différence entre ovaire multifolliculaire et ovaire polykystique

Ovaire multifolliculaire

L’ovaire multifolliculaire décrit une situation échographique où plusieurs follicules, généralement entre 6 et 10, apparaissent simultanément au cours d’un cycle. Cette observation peut survenir chez des femmes jeunes, en particulier à la puberté, ou dans certaines phases du cycle menstruel. La présence d’un ovaire multifolliculaire n’implique pas nécessairement une pathologie : il s’agit parfois d’une variation physiologique qui ne cause pas de symptômes notables ni de perturbation de la fertilité. Dans de nombreux cas, cette image échographique peut être transitoire et n’exige pas de traitement.

Ovaire multifolliculaire sans SOPK

L’ovaire multifolliculaire sans SOPK est une réalité clinique qu’il convient de distinguer soigneusement du syndrome des ovaires polykystiques. Plusieurs situations peuvent conduire à un aspect multifolliculaire à l’échographie sans que le SOPK soit en cause : un contexte de stress intense ou de perte de poids rapide, un retour de couches après une grossesse, une aménorrhée hypothalamique (arrêt des règles lié à une restriction calorique ou à un sport de haut niveau), ou encore la phase initiale d’une puberté normale.

Dans ces cas, le bilan hormonal est généralement normal (AMH dans les normes, pas d’hyperandrogénie, pas de résistance à l’insuline) et les cycles menstruels restent réguliers ou se normalisent spontanément. Le diagnostic différentiel repose sur une évaluation clinique et biologique complète, car un ovaire multifolliculaire isolé sans anomalie hormonale ni trouble du cycle ne justifie pas de traitement spécifique.

Ovaire polykystique et syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

À la différence de l’ovaire multifolliculaire, l’ovaire polykystique est associé au syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), un trouble endocrinien et métabolique reconnu. Selon certaines sources serieuses outre-Atlantique, ce syndrome touche entre 6 et 12 % des femmes en âge de procréer. Les ovaires présentent de nombreux petits follicules immatures visibles à l’échographie, mais leur maturation est bloquée, empêchant souvent l’ovulation. Le SOPK s’accompagne de déséquilibres hormonaux avec une élévation des androgènes, une résistance à l’insuline et parfois un excès de LH (hormone lutéinisante).

 

Symptômes et conséquences cliniques

Signes cliniques fréquents

Les femmes présentant un syndrome des ovaires polykystiques peuvent souffrir de cycles menstruels irréguliers ou absents, d’une infertilité due à l’anovulation, et de symptômes liés à l’excès d’androgènes tels que l’hirsutisme, l’acné ou une alopécie androgénétique. Le SOPK s’associe aussi fréquemment à une prise de poids, en particulier abdominale, qui renforce les désordres métaboliques.

Risques métaboliques et de santé à long terme

Le SOPK ne se limite pas aux symptômes gynécologiques. Les études cliniques montrent une association avec une résistance à l’insuline, un risque accru de diabète de type 2, de syndrome métabolique, d’hypertension artérielle et de troubles cardiovasculaires. Ces patientes présentent un risque plus élevé d’hyperplasie endométriale en raison de cycles anovulatoires prolongés.

 

Diagnostic et critères distinctifs

Le diagnostic repose sur des critères établis, appelés critères de Rotterdam, qui exigent la présence d’au moins deux des trois caractéristiques suivantes :

  • ovulation irrégulière ou absente,
  • excès d’androgènes cliniques ou biologiques,
  • ovaire polykystique visible à l’échographie.

Un ovaire multifolliculaire, en revanche, n’est pas forcément associé à ces anomalies hormonales ni à des troubles du cycle. L’échographie permet d’établir la distinction, mais seule une évaluation clinique complète peut confirmer s’il s’agit d’un phénomène bénin ou d’un SOPK.

 

Prise en charge et suivi médical

Ovaire multifolliculaire

Un ovaire multifolliculaire isolé ne nécessite généralement pas de traitement spécifique. Une simple surveillance échographique et hormonale suffit, surtout si la patiente ne présente pas de troubles menstruels ou de problèmes de fertilité.

Syndrome de l’ovaire polykystique

La prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques dépend des symptômes et du projet de la patiente. Elle inclut :

  • la régulation des cycles menstruels avec des contraceptifs oraux,
  • la réduction de l’hyperandrogénie (hirsutisme, acné) par un traitement adapté,
  • la gestion de l’infertilité avec des inducteurs d’ovulation comme le clomifène ou le létrozole,
  • et la prise en charge métabolique par des mesures hygiéno-diététiques, parfois associées à la metformine pour améliorer la sensibilité à l’insuline.

L’ovaire multifolliculaire correspond souvent à une variante échographique bénigne, transitoire et sans conséquence clinique. À l’inverse, l’ovaire polykystique est le signe du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), une pathologie fréquente et multifactorielle pouvant impacter la fertilité et la santé métabolique à long terme. Une distinction claire entre ces deux situations est essentielle afin d’adapter le suivi médical et le traitement.

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Questions fréquentes sur l’organe de l’ovaire

Quelles sont les hormones sécrétées par les ovaires ?

Les ovaires sécrètent principalement les œstrogènes, produits par les cellules de la granulosa, et la progestérone, produite par le corps jaune après l’ovulation. Ils produisent également de faibles quantités d’androgènes, ainsi que l’inhibine et l’hormone anti-Müllérienne (AMH), marqueur clé de la réserve ovarienne utilisé en médecine de la reproduction.

Qu’est-ce que le follicule de Graaf ?

Le follicule de Graaf est le stade ultime de la maturation folliculaire, juste avant l’ovulation. Il mesure entre 18 et 25 mm de diamètre et est parfaitement visible à l’échographie pelvienne. Sous l’effet du pic de LH, sa paroi se rompt et libère l’ovocyte dans la trompe de Fallope. En procréation médicalement assistée, le suivi du follicule de Graaf est une étape centrale pour déterminer le moment optimal de déclenchement de l’ovulation.

Le corps jaune est-il un signe de grossesse ?

Oui, la persistance et l’augmentation de taille du corps jaune à l’échographie constituent un signe indirect de grossesse. En l’absence de fécondation, il mesure 15 à 25 mm et régresse en 10 à 14 jours. En cas de grossesse, il est maintenu par l’hCG produite par l’embryon et peut atteindre 30 à 40 mm au premier trimestre — ce que l’on appelle le kyste du corps jaune gravidique, parfaitement physiologique. Il disparaît entre la 10e et la 12e semaine, quand le placenta prend le relais.

Quelle est la taille normale des ovaires selon l’âge ?

La taille des ovaires varie selon l’âge : inférieure à 1 cm chez la petite fille prépubère, 3 à 5 cm de longueur chez la femme en âge de procréer, et 1 à 2 cm après la ménopause. Une taille nettement augmentée peut signaler un kyste, un SOPK ou une tumeur et nécessite une exploration échographique.

Quelle est la différence entre ovaire multifolliculaire et ovaire polykystique ?

L’ovaire multifolliculaire désigne la présence de 6 à 10 follicules simultanés à l’échographie, souvent transitoire et bénigne, sans anomalie hormonale associée. Il peut survenir à la puberté, en cas de stress ou d’aménorrhée hypothalamique. L’ovaire polykystique est en revanche le signe du SOPK, un trouble endocrinien associé à une hyperandrogénie, une résistance à l’insuline et des troubles de l’ovulation, diagnostiqué selon les critères de Rotterdam.

Peut-on avoir un ovaire multifolliculaire sans SOPK ?

Oui. Un ovaire multifolliculaire sans SOPK est possible dans plusieurs contextes : stress intense, perte de poids rapide, aménorrhée hypothalamique, retour de couches ou puberté normale. Dans ces cas, le bilan hormonal est normal — AMH dans les normes, pas d’hyperandrogénie — et les cycles menstruels se normalisent généralement sans traitement. Seule une évaluation clinique complète permet d’écarter formellement le SOPK.

Publié par Dr. Eric Sebban
Le Docteur Eric Sebban est chirurgien gynécologue et cancérologue, spécialisé en chirurgie gynécologique, mammaire et cancérologique. [mt-bootstrap-button btn_text="Prendre rendez-vous en ligne avec le Docteur Eric Sebban" btn_url="https://www.doctolib.fr/chirurgien-cancerologue/paris/eric-sebban" btn_size="btn btn-medium" align="text-left" color="#3498db" border_color="#555555" animation="bounce"]