L’irradiation partielle du sein dans le traitement des cancers au stade précoce

L’irradiation partielle du sein dans le traitement des cancers au stade précoce

- septembre 29, 2020

L’irradiation partielle du sein est une thérapie qui fait parler d’elle ces dernières années. Ses résultats encourageants et les séquelles moindres qu’elle engendre laissent en effet entrevoir de belles avancées dans la lutte contre le cancer du sein.

De fait, les traitements plus ciblés et moins agressifs constituent un enjeu majeur de la recherche en thérapies oncologiques, ces dernières présentant à l’heure actuelle des effets secondaires très lourds, parfois à l’origine de refus de soins chez les patientes.

C’est dans ce contexte que l’irradiation partielle du sein s’affirme comme une alternative ambitieuse aux radiothérapies traditionnelles, se voulant moins traumatique pour les cellules saines et moins toxiques sur le long terme, tout en offrant une efficacité similaire.

 

L’irradiation partielle du sein (IPS), qu’est-ce que c’est ?

La radiothérapie fait partie de l’arsenal thérapeutique couramment utilisé dans la lutte contre le cancer du sein. Ce traitement consiste à irradier le sein atteint par la maladie, afin de détruire les cellules cancéreuses qui ne peuvent être ôtées chirurgicalement.

La radiothérapie est presque systématique après une tumorectomie, ablation chirurgicale de la tumeur visant à conserver le maximum de tissus mammaires sains (chirurgie conservatrice). Elle se déroule sur 4 à 6 semaines, et vise alors à réduire les risques de récidive. On parle de radiothérapie adjuvante.

Elle peut également intervenir en amont d’une opération chirurgicale afin de réduire la taille de la tumeur pour faciliter son exérèse. Dans ce cas, il s’agit d’une radiothérapie néoadjuvante.

Enfin, la radiothérapie peut être administrée seule ou en complément de traitements médicamenteux lorsqu’une opération chirurgicale n’est pas indiquée, et notamment dans le cas de cancers métastatiques.

 

Radiothérapie du sein entier VS Irradiation partielle du sein

Si les irradiations sont d’une efficacité redoutable contre le cancer, elles présentent également une forte toxicité pour les cellules saines de l’organisme. De fait, la radiothérapie engendre de nombreux effets secondaires, parfois lourds, variant d’une patiente à l’autre, et pouvant engendrer des séquelles durables.

L’altération de l’aspect du sein (forme, taille, teinte de la peau, etc.) est presque inévitable, et des lésions aux organes avoisinants (cœur, poumon, épaule, etc.) peuvent également survenir.

Aussi, l’irradiation partielle du sein s’inscrit dans l’avancée de la recherche en oncologie vers des traitements toujours plus ciblés, moins agressifs que les thérapies actuelles dont le rayon d’action, encore très large, tend à détériorer de nombreux tissus sains au détriment de la santé de la patiente sur le long terme.

De fait, l’irradiation partielle du sein s’oppose à l’irradiation complète de l’organe mammaire en se focalisant uniquement sur la zone où s’est développée la tumeur et où a été réalisée la tumorectomie. L’utilisation de l’IPS repose sur le constat que les récidives surviennent essentiellement dans la région où est née la tumeur primaire et atteignent surtout les tissus avoisinant la zone d’exérèse.

Par ailleurs, les cancers apparaissant dans un cadran du sein différent de celui opéré sont généralement de nouveaux cancers, et non des récidives de la tumeur ôtée. La radiothérapie du sein entier ne permettrait donc pas de les prévenir.

Ces observations permettent de conclure qu’irradier la totalité du sein par principe de précaution n’est pas systématiquement utile, et qu’il peut être préférable de traiter uniquement le lit opératoire (zone d’exérèse), afin de limiter les séquelles durables.

 

Intérêts et modalités de l’IPS

Infirmière conseillère en image miniOutre les effets secondaires physiologiques de la radiothérapie que l’IPS entend amoindrir, ce nouveau procédé s’affirme également comme un traitement moins contraignant, dont l’impact sur la qualité de vie de la patiente et son état psychologique est moins important.

Avec seulement une dizaine de séances d’irradiation, le retour au travail et à un quotidien « normal » est plus rapide, un bénéfice non négligeable pour le moral des patientes, qui a une grande importance dans le combat contre la maladie.

L’IPS a aussi vocation à faciliter l’accès aux traitements radiothérapeutiques dans les pays où ces derniers sont couteux, mais aussi en France où les centres de traitement sont parfois débordés. Comme la radiothérapie , l’IPS utilise des rayonnements ionisants pour altérer l’ADN des cellules cancéreuses, les empêchant ainsi de se multiplier, ce qui engendre fatalement leur destruction.

Deux procédés peuvent être utilisés pour administrer un traitement par irradiation : la radiothérapie externe, lors de laquelle les rayonnements passent à travers la peau, et la curiethérapie, qui consiste à insérer un implant radioactif au plus près de la zone à traiter pour l’irradier de l’intérieur.

Dans le cas du cancer du sein, c’est la radiothérapie externe qui est actuellement privilégiée, bien que la curiethérapie puisse aussi être prescrite, notamment dans le cadre des IPS.

 

L’irradiation partielle du sein : quels cancers, quelles patientes ?

Les recommandations décrivant le profil des patientes et les caractéristiques des cancers susceptibles de répondre favorablement à une thérapie par IPS varient légèrement d’une étude à l’autre, ce protocole étant encore en phase de développement.

Les travaux actuels s’entendent néanmoins sur un point majeur : l’IPS est indiquée chez les patientes présentant des risques de récidives faibles et des tumeurs à bon pronostic. L’IPS cible ainsi les patientes de plus de 60 ans, ou de plus de 50 ans selon le protocole utilisé. Les tumeurs concernées sont des carcinomes de moins de 2 cm (ou 3cm selon les études), sans envahissement ganglionnaire et entièrement ôtées au cours de la tumorectomie.

À l’inverse, l’IPS est contrindiquée chez les patientes de moins de 40 ans et dans le cas de cancers infiltrant, de tumeurs à un stade avancé de leur évolution ou de cancers métastatiques. L’irradiation partielle du sein offre des résultats prometteurs, similaires ou très proches de ceux obtenus à l’aide d’une radiothérapie traditionnelle, pour des effets secondaires moindres.

Néanmoins, ce traitement en est encore au stade des essais cliniques, et les résultats d’études de grande ampleur sont encore attendus pour juger des réels avantages de ce protocole et offrir une vision plus complète de ses potentiels inconvénients, notamment sur le long terme, encore mal connus. N’hésitez pas à en à votre médecin oncologue .

 

Bibliographie :

  1. https://www.cochrane.org/fr/CD007077/BREASTCA_irradiation-partielle-du-sein-pour-un-cancer-du-sein-au-stade-precoce;
  2. https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-sein/Radiotherapie
Publié par Dr. Eric Sebban
Le Docteur Eric Sebban est chirurgien gynécologue et cancérologue, spécialisé en chirurgie gynécologique, mammaire et cancérologique. [mt-bootstrap-button btn_text="Prendre rendez-vous en ligne avec le Docteur Eric Sebban" btn_url="https://goo.gl/pbV14U" btn_size="btn btn-medium" align="text-left" color="#3498db" border_color="#555555" animation="bounce"]