Prise en charge cancer du sein : Démarches administratives et gestion financière

Prise en charge cancer du sein : Démarches administratives et gestion financière

Le cancer du sein, le plus fréquent chez les femmes, nécessite souvent des traitements lourds et prolongés qui peuvent avoir un impact sur la vie quotidienne, professionnelle et financière des patientes. Face à cette situation, il est important de connaître les démarches administratives à effectuer pour bénéficier d’une prise en charge adaptée et optimale, et les aides disponibles pour faire face aux dépenses liées à la maladie. Voici un guide pratique pour vous accompagner dans ces démarches.

 

Connaître son régime d’assurance maladie pour la prise en charge du cancer du sein

 

prise en charge cancer du sein

 

En France, il existe différents régimes d’assurance maladie qui dépendent de la situation professionnelle et sociale de chacun. Identifier son régime d’assurance maladie permet de solliciter la prise en charge des soins et le versement des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail.

 

Les principaux régimes sont :

 

  • Le régime général, qui concerne les salariés, les demandeurs d’emploi, les retraités et leurs ayants droit. Il est géré par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM).
  • Le régime social des indépendants (RSI), qui concerne les artisans, les commerçants, les professions libérales et certains dirigeants d’entreprise et leurs ayants droit. Il est géré par le RSI lui-même ou par des organismes conventionnés.
  • Le régime agricole, qui concerne les exploitants et les salariés agricoles, ainsi que les retraités du monde agricole et leurs ayants droit. Il est géré par la Mutuelle Sociale Agricole (MSA).
  • Les régimes spéciaux, qui regroupent les fonctionnaires, les agents de la SNCF, d’EDF, de la RATP, etc., et leurs ayants droit. Ils sont gérés par des caisses propres à chaque secteur.
  • La couverture maladie universelle (CMU), qui permet aux personnes qui ne sont pas affiliées à un régime de protection sociale de bénéficier d’une couverture maladie. La CMU complémentaire (CMUC) offre une prise en charge complémentaire des dépenses de santé, sous conditions de ressources.

 

Cancer du sein : Prise en charge des traitements et remboursement

Le cancer du sein est considéréo comme une affection de longue durée (ALD) inscrite sur la liste « ALD 30 ». Cela signifie que les traitements et les soins liés à la maladie sont pris en charge à 100 % par l’assurance maladie, sur la base du tarif conventionnel. Pour bénéficier de cette prise en charge, il faut que le médecin traitant remplisse un protocole de soins et l’envoie au médecin-conseil de la caisse d’assurance maladie. L’accord est généralement obtenu dans un délai de 6 semaines. Il faut ensuite mettre à jour sa carte vitale, qui atteste du statut ALD.

 

Malgré cette prise en charge à 100 %, il peut rester des frais à la charge du patient, comme le dépassement d’honoraires des praticiens ou les frais liés aux reconstructions mammaires, aux perruques, aux soutien-gorge adaptés, etc. Pour réduire ces frais, il est conseillé de souscrire à une complémentaire santé, qui remboursera tout ou partie du reste à charge.

 

Il existe également des aides financières spécifiques pour les personnes en situation de précarité, comme l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS), l’aide médicale d’État (AME) ou le fonds de solidarité vieillesse (FSV).

 

Démarches liées au parcours de soins dans la prise en charge du cancer du sein

 

assurance maladie

 

Le parcours de soins d’une patiente atteinte d’un cancer du sein implique souvent plusieurs acteurs de santé, comme le médecin traitant, le chirurgien, l’oncologue, le radiologue, le kinésithérapeute, etc. Le respect de ce parcours de soins coordonné garantit une meilleure qualité des soins et une meilleure prise en charge financière.

 

Ce parcours repose sur le choix d’un médecin traitant, qui oriente la patiente vers les spécialistes adaptés et assure le suivi médical. Il faut donc déclarer son médecin traitant à sa caisse d’assurance maladie, si ce n’est pas déjà fait.

 

Lors des consultations et des examens, il faut présenter les documents suivants :

  • La carte d’identité ou la carte de séjour
  • La carte vitale mise à jour et l’attestation de droits
  • La carte de mutuelle ou l’attestation de CMUC
  • La lettre du médecin traitant, si la consultation est chez un spécialiste
  • L’ensemble des documents médicaux (résultats d’analyses, mammographies, comptes-rendus opératoires, Anapath, etc.)

 

En cas d’hospitalisation

Il faut également présenter un bulletin de situation ou d’hospitalisation, qui atteste de la date d’entrée et de sortie de l’établissement de soins. Ce document permet de justifier les arrêts de travail et de demander les indemnités journalières.

 

Après l’hospitalisation

Après une hospitalisation, la patiente peut avoir besoin de poursuivre les soins à domicile ou dans une structure d’accueil, comme un centre de rééducation ou une maison de repos. Il faut alors effectuer des démarches pour organiser le retour à domicile ou le transfert vers la structure d’accueil.

Il faut notamment :

  • Demander une ordonnance de sortie au médecin, qui précise les soins à effectuer et les médicaments à prendre.
  • Contacter une infirmière à domicile ou un service de soins infirmiers à domicile (SSIAD), si besoin.
  • Demander une prescription médicale de transport, si besoin, pour bénéficier d’un remboursement des frais de transport.
  • Demander une aide à la personne, si besoin, pour bénéficier d’une aide ménagère, d’une auxiliaire de vie ou d’une garde à domicile.
  • Demander une prise en charge par la structure d’accueil, si besoin, en fournissant les documents nécessaires (bulletin de situation, ordonnance de sortie, etc.).

Les patientes atteintes d’un cancer du sein peuvent aussi compter sur des organismes sociaux, des structures d’aide et des associations de patients pour les accompagner.

 

Consultez également notre article sur le retour au travail après un cancer du sein

 

Le retour au travail après un cancer – Les infos à retenir

Vous avez eu un cancer et vous avez suivi des traitements éprouvants. Vous vous sentez prête à reprendre votre activité professionnelle, mais vous vous posez beaucoup de questions. Comment va se passer votre retour au travail ? Quels sont vos droits et vos devoirs ? Comment gérer la fatigue, le regard des autres, le stress ? Voici quelques informations utiles pour vous accompagner dans cette étape importante de votre parcours de soins.

 

Préparer son retour au travail après un cancer

 

retour travail apres un cancer

 

Le retour au travail après un cancer n’est pas une décision à prendre à la légère. Il faut être sûre d’être suffisamment remise physiquement et psychologiquement pour reprendre vos fonctions. Il faut aussi anticiper les éventuelles difficultés que vous pourriez rencontrer sur votre lieu de travail.

Pour vous aider à préparer votre retour au travail, vous pouvez vous appuyer sur plusieurs interlocuteurs :

  • Votre médecin traitant, ou votre oncologue, qui peut vous conseiller sur le moment le plus opportun pour reprendre votre activité, en fonction de votre état de santé et de votre évolution.
  • Votre médecin du travail, qui peut évaluer votre aptitude au travail, vous proposer des aménagements de poste ou d’horaires, vous orienter vers des dispositifs d’aide à la reprise, etc.
  • Votre employeur, qui doit être informé de votre intention de reprendre le travail et qui doit respecter les préconisations du médecin du travail. Vous pouvez également discuter avec lui de vos besoins et de vos attentes, et négocier des conditions de travail adaptées à votre situation.
  • Votre service social, qui peut vous renseigner sur vos droits et vos obligations, vous accompagner dans vos démarches administratives, vous orienter vers des organismes ou des associations spécialisés, etc.

 

Vous pouvez aussi demander une visite de pré-reprise, qui est une consultation médicale facultative, mais recommandée, organisée par le médecin du travail pendant votre arrêt de travail. Elle permet de faire le point sur votre état de santé, vos éventuelles séquelles, vos motivations, et de prévoir les mesures nécessaires pour faciliter votre retour au travail, comme un aménagement de poste, un temps partiel thérapeutique, une reconversion professionnelle, etc.

 

Retrouver sa place au travail en douceur après un cancer

 

Le jour de votre retour au travail, vous pouvez ressentir de la joie, de l’appréhension, de la fierté, de l’angoisse, ou un mélange de toutes ces émotions. Il est normal de ne pas se sentir tout de suite à l’aise dans votre environnement professionnel, surtout si vous avez été absente pendant une longue période. Il faut vous laisser le temps de vous réadapter, de retrouver vos repères, de renouer le contact avec vos collègues, de vous remettre à niveau, etc.

 

Pour faciliter votre réinsertion professionnelle, vous pouvez adopter quelques bonnes pratiques :

  • Revenez progressivement au travail, en optant pour un temps partiel thérapeutique, une reprise à mi-temps, ou un aménagement de vos horaires. Cela vous permet de reprendre le rythme en douceur, sans vous épuiser ni vous démotiver.
  • Respectez votre rythme et vos limites, en écoutant votre corps et vos sensations. Ne vous forcez pas à faire des efforts au-delà de vos capacités, et n’hésitez pas à faire des pauses, à vous reposer, à vous hydrater, etc.
  • Communiquez avec vos collègues et votre hiérarchie, en leur expliquant ce que vous vivez, ce que vous ressentez, ce dont vous avez besoin, etc. Vous pouvez aussi choisir de garder votre intimité, en ne parlant pas de votre maladie, ou en ne répondant pas aux questions indiscrètes. L’essentiel est de trouver un équilibre entre le partage et la discrétion, en fonction de votre personnalité et de votre envie.
  • Faites-vous accompagner par des professionnels ou des associations qui peuvent vous apporter un soutien psychologique, juridique, financier, etc. Vous pouvez aussi bénéficier de formations, de bilans de compétences, de coaching, etc., pour vous aider à reprendre confiance en vous, à valoriser vos atouts, à envisager une reconversion, etc.

 

Consultez également notre article sur comment renouer avec son corps après un cancer

 

Faire valoir ses droits et devoirs au travail après un cancer

 

retrouver sa place en douceur

 

Le retour au travail après un cancer implique de connaître vos droits et vos devoirs en tant que salariée. Vous avez le droit de bénéficier d’une protection sociale, d’une égalité de traitement, d’un respect de votre vie privée, d’une adaptation de votre poste de travail, etc. Vous avez aussi le devoir de respecter les règles de l’entreprise, de remplir vos obligations professionnelles, de fournir un travail de qualité, etc.

Voici quelques points importants à retenir :

  • Vous pouvez choisir de déclarer ou non votre cancer à votre employeur, selon votre état de santé et votre envie.
  • Vous devez justifier votre arrêt de travail par un certificat médical, sans préciser la nature de votre maladie. Vous devez aussi passer une visite médicale de reprise pour évaluer votre aptitude au travail.
  • Vous pouvez reprendre le travail à temps partiel avec une indemnité complémentaire, si vous avez l’accord de votre médecin, de votre employeur et de votre caisse d’assurance maladie.
  • Vous pouvez demander des aménagements de votre poste de travail, de vos horaires, de vos missions, etc., validés par le médecin du travail et acceptés par votre employeur.
  • Vous pouvez demander une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), qui vous donne des droits spécifiques, comme des aides financières, des formations, des protections, etc. Vous devez faire la demande à la MDPH.
  • Vous pouvez solliciter des dispositifs d’aide à la reprise du travail, comme le CSP, le CTP, le contrat de génération, le CIE, etc. Ces dispositifs vous offrent un accompagnement, une formation, une indemnisation, etc.

 

Le retour au travail après un cancer – Les infos à retenir
Comment parler du cancer à son enfant ?

Comment parler du cancer à son enfant ?

Vous êtes atteinte d’un cancer et vous vous demandez comment en parler à votre enfant. C’est une situation difficile, mais vous pouvez trouver les mots justes pour lui expliquer votre maladie, le rassurer et le soutenir. Voici quelques conseils pour aborder le sujet du cancer avec votre enfant en fonction de son âge et de votre relation.

 

Pourquoi et quand parler du cancer à son enfant ?

rassurer son enfant du cancer

Il est important de parler de son cancer à son enfant car le silence peut être plus nocif que la vérité. Si vous ne lui dites rien, il risque de se sentir exclu, de s’imaginer le pire ou de se culpabiliser. Parler du cancer à votre enfant, c’est lui montrer que vous lui faites confiance, que vous respectez ses émotions, et que vous êtes disponible pour répondre à ses questions.

 

Il n’y a pas de moment idéal pour parler du cancer à votre enfant, mais il vaut mieux le faire le plus tôt possible, dès que vous avez reçu le diagnostic ou avant de commencer les traitements. Prenez le temps de digérer l’information cependant. En parler le plus tôt possible évite de le surprendre ou de le mettre devant le fait accompli. Vous pouvez choisir un moment calme, où vous vous sentez prête et où vous avez du temps devant vous.

 

Communication cancer et enfants : comment parler du cancer à son enfant ?

La façon de parler du cancer à votre enfant dépend de son âge, de son niveau de compréhension, et de sa personnalité. Il n’existe pas de règle universelle, mais voici quelques conseils de base que vous pouvez appliquer :

 

  • Soyez honnête et claire. Utilisez des mots simples et adaptés à votre enfant. Évitez les euphémismes ou les métaphores qui peuvent prêter à confusion. Expliquez-lui ce qu’est le cancer, quel organe est touché, quels sont les symptômes, les traitements, et les conséquences possibles.
  • Soyez rassurante et positive. Montrez à votre enfant que vous êtes confiante dans vos chances de guérison, que vous êtes bien entourée par les médecins et les proches, et que vous allez faire tout votre possible pour aller mieux. Dites-lui que le cancer n’est pas contagieux, qu’il n’est pas de sa faute, et qu’il n’a pas à changer son comportement avec vous.
  • Soyez à l’écoute et ouverte. Encouragez votre enfant à exprimer ses émotions, ses peurs, ses doutes, ou ses questions. Ne le jugez pas, ne le minimisez pas, et ne le forcez pas à parler. Respectez son rythme et son besoin de silence. Répondez à ses questions avec sincérité, sans lui cacher la vérité, mais sans lui donner trop de détails angoissants.

 

Parler du cancer à son enfant: les réactions possibles

reaction ado sur le cancer

 

Chaque enfant réagit différemment face à l’annonce du cancer d’un parent. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de réagir. Certaines réactions sont immédiates, d’autres apparaissent plus tard.

 

Les enfants de moins de 3 ans ne comprennent pas ce qu’est le cancer, mais ils perçoivent les changements dans leur environnement. Ils peuvent se montrer plus agités, pleurer plus, ou être plus collants.

 

Les enfants de 3 à 6 ans ont une “pensée magique” qui les amène à croire que leurs désirs ou leurs pensées peuvent influencer la réalité. Ils peuvent se sentir coupables ou responsables du cancer de leur parent, avoir peur d’être abandonnés, de perdre l’amour de leur parent, ou de mourir eux-mêmes…

 

Les enfants de 6 à 12 ans ont une meilleure compréhension du cancer, mais ils ont encore du mal à gérer leurs émotions. Ils peuvent se sentir tristes, en colère, ou anxieux. Ils peuvent aussi avoir des difficultés scolaires, des troubles du comportement, ou des conflits avec leurs pairs.

 

Les adolescents ont une pensée plus abstraite, qui leur permet de comprendre les enjeux du cancer, mais qui les rend aussi plus vulnérables. Ils peuvent se sentir dépassés, révoltés, ou déprimés. Ils peuvent aussi avoir des problèmes d’identité ou d’estime de soi.

 

Parler du cancer à son enfant: où trouver de l’aide et du soutien ?

Parler du cancer à son enfant n’est pas facile, mais vous n’êtes pas seule. Il existe des lieux et des personnes qui peuvent vous aider à préparer ou accompagner ces conversations difficiles.

 

Vous pouvez par exemple :

 

  • Contacter votre médecin généraliste ou oncologue, qui peut vous écouter, vous conseiller et vous orienter vers les structures adaptées à votre situation.
  • Rejoindre un groupe de soutien, qui vous permet de rencontrer d’autres personnes touchées par le cancer et de partager vos expériences et difficultés.
  • Solliciter une association locale, qui vous propose des activités, des services, et des informations sur le cancer et ses traitements.
  • Inscrire votre enfant à un groupe de parole, qui lui offre un espace d’expression, d’écoute, et de soutien, spécialement conçu pour les enfants de parents malades.
  • Consulter un psychologue ou un pédopsychiatre, qui peut aider votre enfant à comprendre et à gérer ses émotions, à surmonter ses difficultés, et à renforcer son estime de soi.